Avec une augmentation de 16 % en volume, le marché européen de l’investissement en immobilier d’entreprise a été très dynamique en 2015. BNP Paribas Real Estate qui a réalisée une enquête sur l’activité de cette classe d’actifs pointe plusieurs raisons à cela. Les fonds propres sont plus importants, le développement spéculatif est nettement moindre et, surtout, la prime de risque immobilière est toujours très conséquente malgré des taux de rendement historiquement bas. «Grâce à sa forte croissance économique, le Royaume-Uni (86 milliards d’euros) a déjà dépassé depuis 2 ans le record de 2006", détaille l'étude. «L’Allemagne (56 milliards d’euros) récolte les fruits de sa politique économique et tangente son record de 2007. Les investisseurs étrangers ont joué le bas de cycle en Espagne, en Italie et au Portugal qui enregistrent un bond de 61 % (21 milliards d’euros). De même, le Benelux enregistre une hausse de 21 % en 2015 (13 milliards d’euros)», poursuit BNP Paribas Real Estate. L'éclairage réalisée sur le marché de l’investissement en France démontre qu’avec 29 milliards d’euros, ce dernier est en progression de 4 % par rapport à 2014. Le deuxième semestre s’est révélé particulièrement dynamique, terminant par un quatrième trimestre record (11 milliards d’euros engagés). « Pour 2016, les volumes investis en immobilier d’entreprise en France devraient avoisiner 30 milliards d’euros, voire dépasser le record de 2007 si la croissance se confirme », précise Laurent Boucher, Président de BNP Paribas Real Estate Advisory France. Par ailleurs, le responsable a relevé un début d’année très actif. " Les taux restent bas et la prime de risque immobilière n’a jamais été aussi élevée», a-t-il ajouté. Dans le détail, avec 16,2 milliards d’euros investis au cours de l’année 2015, les bureaux de la Région Parisienne sont en augmentation de près de 11 %. «Les investisseurs ont encore privilégié les secteurs tertiaires matures, et Paris demeure bien positionnée en englobant 42 % des placements», indique l’enquête. Les opérations supérieures à 100 millions d’euros représentent plus des deux tiers des transactions. En raison des taux financiers toujours bas et d’un afflux de liquidités toujours important, les taux « prime » sont tous orientés à la baisse. Dans plusieurs secteurs, les taux « prime » sont désormais plus bas que ceux enregistrés en 2007, notamment dans Paris QCA (3,25 %), dans Paris hors QCA (3,75 %), le Croissant Ouest (3,90 %) et la 1ère Couronne (4,50 %). En revanche, il reste du potentiel de compression pour les secteurs de La Défense, avec 4,90 % et la 2ème Couronne (5,90 %). Ces taux devraient continuer à se réduire dans certains segments « prime », avec une contraction de l’ordre de 25 points de base attendus dans le Croissant Ouest, Paris hors QCA et en Première Couronne, ainsi que près de 50 points pour la Seconde Couronne. A noter enfin que le marché des bureaux franciliens de moins de 25 millions d’euros a représenté un volume de plus d’1,3 milliards d’euros pour plus d’une centaine de transactions. Ce marché, moins sensible à l’environnement économique international, reste peu cyclique, toujours très actif et rassurant pour les investisseurs patrimoniaux.