Les sociétés de gestion basées au Royaume-Uni pourraient subir un effritement de leurs marges de l’ordre de 6 à 10 points de pourcentage si elles devaient rémunérer elles-mêmes la recherche et non plus la faire payer par leurs clients finaux via les frais de courtage, montre une étude de Berenberg. Une telle hypothèse pourrait devenir réalité au Royaume-Uni, mais aussi en Europe, l’Esma ayant émis une proposition allant dans ce sens.La Financial Conduct Authority (FCA) estime que 1 à 1,5 milliard de livres sont dépensés dans la recherche. Cela représente 20-30 % de la rentabilité du secteur britannique de la gestion d’actifs. Cela augmenterait aussi les coûts fixes des sociétés de gestion de 15-20 % à environ 65 %, alors qu’ils s’établissent déjà à 60 %. « Non seulement cela aurait un effet sur la rentabilité, mais la base de coûts perdrait un élément de flexibilité, ce qui pose un problème supplémentaire étant donné la nature cyclique des revenus », indique Berenberg.Si le secteur était contraint de supporter ces coûts additionnels, il chercherait à minimiser l’effet sur la rentabilité. Toutefois, les marges étant déjà sous pression et face à la concurrence des ETF, « les sociétés de gestion auraient peu de marge de manœuvre pour répercuter ces frais additionnels sur les clients via les frais de gestion ». Le secteur devrait donc plutôt s’orienter vers une réduction des dépenses en matière de recherche, ce qui pourrait requérir un renforcement des équipes de recherche en interne. « Nous pensons que cela poserait un problème plus sévère aux petits gestionnaires d’actifs et aux hedge funds qui ont des organisations plus légères et sont donc plus dépendants de la recherche externe », selon l’étude. Et compte tenu du nombre important de petits fonds et de hedge funds qui opèrent au Royaume-Uni, Berenberg estime que la rémunération de la recherche par les sociétés de gestion aurait un impact « disproportionné » au Royaume-Uni. Les conséquences d’une telle mesure, énumère l’étude, seraient une accélération de la concentration du secteur de la gestion d’actifs, une rationalisation des gammes, un coup de pouce à la gestion indicielle et une perte de la compétitivité vis-à-vis des acteurs internationaux.Pour finir, au niveau des acteurs eux-mêmes, Henderson et Man Group pourraient être plus exposés à l’impact de la mesure que Schroders, Jupiter et Aberdeen compte tenu de leur part importante d’actifs alternatifs.