Les assureurs font des rêves. Dans l’univers à 1.700milliards d’euros que constitue l’assurance vie, ils espèrent que la coûteuse part en fonds propres des fonds en euros ira en diminuant au profit des unités de compte. Les assureurs font des cauchemars aussi. De façon récurrente. Il est question d’une hausse brutale des taux et de ses conséquences sur les obligations qu’ils détiennent largement en portefeuille. Le scénario catastrophe est de ne pouvoir faire face aux demandes de rachats des clients compte tenu des fortes moins-values subies. Rachats d’autant plus probables que certains assureurs auront collecté dans des périodes de taux bas et se seront montrés plutôt chiches, contrairement à d’autres dont une forte et récente collecte leur aura permis d’afficher des rendements nettement plus élevés. S’il faut apprendre à ne jamais dire jamais, on remarquera quand même que les pouvoirs publics ont installé de sérieux garde-fous en donnant au Haut Conseil de stabilité financière le pouvoir de bloquer tout rachat et arbitrage dans des cas exceptionnels–qu’il conviendra cependant de définir. On remarquera aussi que les assureurs ont plutôt les reins solides et que les risques de faire face à une telle impossibilité sont somme toute limités.