C’aura été une défaite. Avant même que les résultats des élections européennes ne soient connus, on pressentait que ces échéances ne seraient une victoire pour personne. Donc une défaite pour tout le monde. Les idéaux, les moyens et les ambitions poursuivies et même l’intérêt de nos concitoyens pour leur Vieux Continent - en dépit d’un plus grand intérêt - sont trop dissemblables pour que quiconque puisse revendiquer un succès. Il faut regretter que depuis des mois, la politique ne se résume plus qu’à une succession d’images. Les larmes d’une première ministre britannique parce qu’elle n’a pas su mener à son terme de façon ordonnée le choix de son peuple de quitter l’Europe ; le pilonnage d’un Américain à Paris ou d’un Russe à Moscou dont l’objectif commun est de faire sauter l’institution bruxelloise ; ou encore le sourire d’un vice-président du Conseil italien rassembleur temporaire de populistes et nationalistes européens de tout poil. Il y a fort à parier qu’au final tout cela a plus de poids que des discours convenus et pro-européens...