Dans un entretien à L"Agefi suisse, le fiscaliste Jaap Zwaan (Loyens & Loeff) estime que «la Suisse devrait réfléchir à d"éventuels amendements du secret bancaire. Et ce d"autant plus que la pression ne va cesser de s"accroître. L"idée n"est pas de modifier les principes du secret bancaire, mais les dirigeants suisses devraient essayer de mieux faire comprendre aux gouvernements étrangers pourquoi la Suisse différencie la fraude fiscale de l"évasion fiscale. C"est une notion difficile que tout le monde n"arrive pas à comprendre». De son point de vue, la Suisse devrait pouvoir résister aux pressions européennes sur des sujets de concurrence fiscale ou d"évasion fiscale car «le pays a toujours su défendre correctement sa vision des choses, et en matière de négociation elle s"en est toujours bien sortie. Si la Confédération a parfois cédé sur certains points, elle a toujours su en tirer parti. Comme par exemple, avec la mise en place d"un système qui permette d"exonérer d"impôt les dividendes distribuées par une société suisse à une société européenne ou vice versa».
Dans un entretien au Temps, Bruno Gurtner, qui préside Tax Justice Network (TJN), un réseau international d"organisations non gouvernementales, de professionnels de la finance et de juristes, militant contre la concurrence fiscale sans règle, la corruption et la fuite des capitaux, estime que «la Suisse a eu tort ces dernières années de croire que le secret bancaire était inébranlable, et parfois même de refuser de participer aux forums qui prônent la transparence dans la finance internationale». En revanche, la place financière suisse ne sera pas menacée si elle s"appuie sur ses vrais atouts: son expertise, son expérience ainsi que la stabilité financière et politique de la Suisse.
Dans un entretien avec la Frankfurter Allgemeine Zeitung, Pierre Mirabaud, associé senior de Mirabaud & Cie et président de l’Association suisse des banquiers (ASB), estime que les procédures d’assistance administrative dans les affaires de fraude fiscale durent trop longtemps et devraient être limitées à trois mois, quitte à créer une division spéciale à l'échelon du Tribunal administratif fédéral. Dans l’affaire UBS, aucune décision n’a encore été prise sept mois après la demande américaine. Le banquier, qui se dit par ailleurs très déçu et en colère du mauvais service qu’UBS a rendu aux banques suisses, critique indirectement les deux dirigeants de cet établissement. Il rejette aussi l’idée d’adopter un régime différent pour les Suisses et les étrangers en matière d'évasion fiscale, soulignant que cela nécessiterait une votation et que de toute façon la Suisse n’a pas à sacrifier unilatéralement un avantage compétitif. Enfin, Pierre Mirabaud estime qu’un accord sur l’imposition des revenus de l'épargne entre la Suisse et les Etats-Unis ne serait pas une mauvaise idée.
Mercredi soir, l’UBS a réfuté les accusations portées contre elle dans la journée par la Commission de Surveillance du Secteur Financier (CSSF) luxembourgeoise au sujet de son manquement au rôle de dépositaire du fonds Luxalpha lié à l’affaire Madoff.La banque suisse souligne qu’il était clair dès le départ pour les investisseurs avertis qui avaient demandé la création du fonds, pour les conseillers ainsi que pour la CSSF, que l’unique objet du Luxalpha était de permettre d’investir chez Madoff. Dans la documentation du fonds, il y avait une mention expresse selon laquelle UBS Luxembourg (UBSL) n’assumait pas la responsabilité des dépôts.La CSSF avait peu auparavant enjoint à UBSL #de mettre en place l"infrastructure nécessaire, c"est-à-dire les moyens humains et techniques suffisants et les règles internes nécessaires, pour accomplir l"ensemble des tâches liées à sa fonction de banque dépositaire d"OPC luxembourgeois# et de lui en fournir les preuves et garanties sous 3 mois.Le régulateur luxembourgeois relève dans le contexte de l’affaire Luxalpha #que la mauvaise exécution de l"obligation de due diligence constitue un manquement grave au devoir de surveillance d"une banque dépositaire et peut par conséquent constituer une violation d"une obligation contractuelle substantielle dans le contexte de la responsabilité de UBSL#.Enfin, en réponse à certaines accusations de laxisme qui ont pu être adressées aux autorités du Grand-Duché, la CSSF #tient à rappeler qu’elle continue toujours ses investigations dans l’affaire Madoff et qu’elle ne limite pas ses recherches aux seules banques dépositaires concernées mais vérifie que tous les autres intervenants à l'égard des fonds concernés ont répondu à la conduite diligente à laquelle ils sont tenus par la législation luxembourgeoise.#
Il reste de bonnes affaires parmi les sociétés du secteur pétrolier, estime Stephen Thornber, gérant chez Threadneedle. #Certaines petites et moyennes capitalisations, notamment dans l’exploration et la production, ont été vendues agressivement par le marché et offrent aux investisseurs de long terme des points d’entrée intéressants#. A titre d’exemple, il cite Tullow Oil, une société #qui a remporté un succès extraordinaire dans l’exploration en Afrique ces derniers mois. De plus, ces semaines passées, il a levé des capitaux qui lui permettront de développer ces trouvailles et de piloter la croissance de la société sur la prochaine décennie#. #Même si les cours du pétrole sont faibles actuellement, le pétrole reste une ressource rare et les sociétés qui peuvent en trouver et élargir leurs réserves créeront de la valeur pour les actionnaires sur le temps#, pense Stephen Thornber.Les énergies alternatives ne sont pas non plus en reste, compte tenu de la quantité limitée de pétrole qui existe. #Pour le moment, la demande chute et les pressions sur la production de pétrole s’apaisent. Mais lorsque l'économie commencera à repartir, on retrouvera le problème de la pénurie fondamentale dans l'énergie#. Parmi les valeurs du secteur, Threadneedle cite Vestas Wind Systems, le principal fabricant de turbines à vent.
Les banques européennes pourraient faire face à des pertes sur les crédits domestiques de plus de 600 milliards d’euros, soit 6,5 % du PIB de la zone euro, estime Nomura, dans sa dernière étude sur les perspectives de la région. #Cela pourrait paralyser l’octroi de crédit pendant un moment, mais ce n’est pas nécessairement insurmontable#, précise l'étude.Par ailleurs, Nomura n’anticipe pas un seul trimestre de croissance positive du PIB en 2009, même si en fin d’année les soutiens monétaires et budgétaires pourraient commencer à débloquer l'économie.
Bank of New York Mellon indique avoir mis au point en interne un service breveté de netting, Derivatives Collateral Net, qui permet aux opérateurs sur dérivés de limiter leurs engagements bruts envers les autres participants du système à leur montant net, ce qui permet de réduire le collatéral nécessaire tout en réduisant le risque et le coût des transactions sur dérivés. Selon Art Certosimo, executive vice-president et head of broker-dealer services de BNY Mellon, ce service correspond à la concrétisation de la #vision stratégique# de l’International Swaps and Derivative Association (ISDA) en matière de diminution des risques opérationnels liés aux processus de marges entre contreparties.
Depuis décembre 2007, Atlas Capital n’avait plus lancé aucun produit. Mais la société de gestion vient de déclarer à la CNMV, le 20 février, l'émission du fonds obligataire de droit espagnol Atlas Capital Renta Fija, qui investira surtout en obligations d’entreprises et dont l’exposition maximale au risque doit être inférieure à 5 %. Le portefeuille sera placé en titres d'émetteurs de la zone euro notés au moins BBB- et la duration moyenne pourra évoluer entre 2 et 7 ans. L’indice de référence du Renta Fija est le Citigroup Eurobig 3-5 years. Atlas Capital facturera une commission de gestion de 0,9 %.
L’actif net des fonds de retraite complémentaire ouverts en Italie a augmenté à 4,66 milliards d’euros au quatrième trimestre 2008, contre 4,3 milliards fin 2007. Le nombre d’adhérents a progressé de 780.000 à 847.884.Sur les trois derniers mois de 2008, les fonds de pension ouverts ont enregistré des souscriptions nettes de 335 millions d’eruos. Sur l’ensemble de l’année, la collecte nette est ressortie à 1 milliard d’euros.
Selon Les Echos, Natixis devrait vendre à Crédit Agricole une partie de sa part dans Caceis, sa filiale commune avec la Banque verte, spécialisée dans l’administration et la conservation de fonds. Les deux groupes sont entrés en négociations exclusives en vue de la cession de 35 % du capital et des droits de vote de Caceis pour un montant de 595 millions d’euros, valorisant Caceis 1,7 milliard d’euros.
Au titre de 2008, Royal Bank of Scotland (RBS) a déclaré jeudi une perte nette part du groupe de 24,05 milliards de livres contre un bénéfice net de 6,82 milliards pour l’année précédente. Ce montant s’entend après pratiquement 16,2 milliards de livres d’amortissements de survaleurs et sur d’autres actifs immatériels. Avant impôt et ces amortissements de survaleurs, la perte ressort à 8,13 milliards de livres contre un bénéfice de 8,96 milliards. Quant au coefficient d’exploitation, avant exceptionnels, il se détériore à 59,2 % contre 49,5 %. Hors éléments exceptionnels, le PNB a diminué pour sa part à 26,87 milliards contre 33,56 milliards.
Selon le Financial Times, Royal Bank of Scotland s’apprêtait mercredi soir à injecter des prêts et autres crédits pour plus de 300 milliards de livres dans un plan d’assurances soutenu par le gouvernement. L’objectif de l’opération, qui devrait être annoncée jeudi, est de stabiliser la banque sans la nationaliser. Lloyds Banking Group devrait dévoiler une transaction similaire.
Deka Immobilien a annoncé avoir acheté pour un montant non divulgué l’hôtel 4 étoiles nh Hotel Frankfurt City (256 chambres dont 45 de luxe et 8 suites) auprès d’une filiale commune de l’allemand FOM Real Estate et de l’irlandais Quinlan Private. Cet actif situé dans le centre ville de Francfort est affecté au portefeuille du fonds sectoriel WestInvest Target Select Hotel, un produit réservé exclusivement aux investisseurs institutionnels.
Les stratégies d’arbitrage de convertibles, qui avaient enregistré la plus mauvaise performance en 2008 (-31,6 %), ont réalisé en janvier leur plus forte performance mensuelle depuis leur création (+5,72 %), note L’Agefi dans son édition de 7 heures, citant les statistiques de Natixis. «A l’inverse, les CTA (...) avaient constitué la stratégie la plus performante en 2008 (+18,3 %) et se retrouvent en janvier en bas de tableau (-0,56 %)», constate le quotidien électronique.
Harbinger Capital a déclaré à la CNMV que ses hedge funds ont des positions à découvert représentant 0,86 % du capital du BBVA, 0,25 % de celui du Santander et de 1,66 % de celui du Banco Popular, rapporte Cinco Días. En comptant Harbinger, 13 gestionnaires alternatifs contrôlent 7,3 % du capital du Banco Popular sur un flottant (free float) de 55 %.
Le plus grand gestionnaire de fonds de pension au Canada, la Caisse de Dépôt et Placement du Québec, a déclaré pour 2008 la plus forte perte de son histoire avec 39,8 milliards de dollars canadiens (25 milliards d’euràs), ce qui représente 26 % de son encours de 120,1 milliards de dollars canadiens au 31 décembre, rapporte Cinco Días. L’une des principales erreurs a été l’achat de 30 % des billets de trésorerie (commercial paper) du pays qui ont souffert de l’effondrement de l’immobilier aux Etats-Unis.
Professional Pensions rapporte que Brevan Howard Asset Management (BHAM) vient de lancer le Brevan Howard Absolute Return Bond Plus Fund, un produit obligataire de performance absolue géré de manière active et destiné aux investisseurs institutionnels, notamment les fonds de pension. L’objectif est de générer une performance nette de 350 points de base au-dessus du cash en veillant à une liquidité élevée et en minimisant le risque de crédit. C’est le premier fonds de BHAM conforme à la directive OPCVM III.La société de gestion verse un amorçage de 250 millions de dollars. Le portefeuille, diversifié, comprendra des obligations d’Etat et appliquera des stratégies de taux pour les principaux marché les plus liquides ; l'équipe de gestion pratiquera aussi des stratégies #opportunistes# en matière de taux de change.
La gamme EasyETF commune à Axa Investment Managers et à BNP Paribas Asset Management comporte désormais 56 produits dont 54 cotés sur NextTrack à Paris. En effet, les deux sociétés de gestion et Euronext ont annoncé mercredi le lancement de cinq nouveaux trackers synthétiques, dont un produit double dans la catégorie géographique, l’EasyETF Topix, qui sera coté en euros et en dollars. Les trois autres ETF sont des #double-shorts# (EasyETF CAC 40 Double Short, EasyETF DJ Euro Stoxx 50 Double Short et EasyETF Stoxx 600 Double Short) qui sont censés fournir deux fois la performance inverse de trois grands indices de marché.Les frais de gestion annuels se situent à 0,50 % pour chacun de ces produits, sauf celui répliquant en double-short le Stoxx 600, qui est facturé à 0,60 %. Ces cinq ETF, tous des FCP de droit français, sont gérés par BNPP AM.L’encours total de la gamme EasyETF représentait fin janvier près de 3,15 milliards d’euros.
L’agence Fitch a indiqué mercredi qu’elle place sous surveillance avec implication négative la note de Sal. Oppenheim et de sa filiale BHF-Bank, rapporte le Handelsblatt. Cette mesure est justifiée par l’incertitude persistante sur les marchés financiers mondiaux qui risque de pénaliser les revenus et des actifs importants du groupe.
Hedge Week a confirmé mardi une information publiée fin janvier par Pensions & Investments selon laquelle Stephen Thurer, head of the listed options trading desk chez Citigroup, a été recruté par le gestionnaire alternatif AM Investment Partners (800 millions de’ dollars d’encours) comme gérant de portefeuille senior pour la stratégie d’arbitrage de volatilité, avec une spécialisation sur les dérivés d’actions dans le domaines de l'énergie, des matières premières, des infrastructures et de l’industrie aux Etats-Unis. Il s’agit d’une création de poste chez AM IP et l’intéressé rejoint une équipe de six gérants de portefeuille (dont trois recrutés en 2008) qui ont tous auparavant dirigé des activités en compte propre d'établissements de taille internationale.
Expansión rapporte que les conseillers clientèle du Santander, et surtout de sa banque privée Banif, ont recommandé aux souscripteurs de sortir du fonds immobilier Santander Banif Inmobiliario durant le mois qui a précédé le gel des remboursements. Ils pourraient ainsi avoir précipité les demandes de rachats massives qui ont provoqué l’arrêt des remboursements pour au moins deux ans. Ces conseillers avaient mis en garde contre les risques de perte patrimoniale mais non contre celui d’un gel des remboursements alors qu'à fin décembre le fonds n’avait plus que 5 millions d’euros de cash, soit 0,15 % de son encours, au lieu des 10 % réglementaires.
Selon Les Echos, l’assureur a enregistré l"an dernier une baisse de 40,2 % de son bénéfice net, à 731 millions d’euros. Malgré une baisse de 7,7 % de son chiffre d’affaires en France sur 2008, la CNP a néanmoins conforté sa place de premier assureur de personnes sur un marché en repli de 10,6 %. Selon le quotidien, le directeur général du groupe, Gilles Benoît se dit optimiste sur le projet de partenariat sur les retraites supplémentaires avec Malakoff-Médéric.
#Les activités de gestion d"actifs ont été fortement impactées par la crise financière#, affirme Dexia dans le communiqué de presse relatif à ses résultats 2008. Les actifs sous gestion ont ainsi fléchi de 28 % par rapport à fin 2007 et de 15 % par rapport à fin septembre 2008 pour s"établir à 79 milliards d’euros. #La moitié de cette baisse annuelle s"explique par des flux de sortie nets, essentiellement dans les fonds fixed income et monétaires#, précise l'établissement.#Dans ce contexte, la maîtrise des coûts a constitué une priorité, ceux-ci ayant baissé de 21 % au 4T 2008 par rapport au 4T 2007 et de 10 % en 2008#, poursuit-il.Le résultat net part du groupe s"élève à 7 millions d’euros au 4T 2008 et 69 millions d’euros en 2008 (contre EUR 26 millions au 4T 2007 et EUR 114 millions en 2007), #en excluant l"impact négatif d"une action commerciale exceptionnelle liée à la crise financière#. Sur une base comptable, l’activité de gestion d"actifs a enregistré une perte nette de 34 millions d’euros au 4T 2008 et un résultat net part du groupe de EUR 11 millions en 2008.Au niveau global, le groupe bancaire franco-belge a accusé l’an passé une perte nette de 3,326 milliards d’euros, dont 2,6 milliards au quatrième trimestre.
Récemment invité à siéger au board de l"ISDA (Association internationale des swaps et dérivés qui regroupe les principaux intervenants sur ces marchés), Pierre-Emmanuel Juillard, responsable de la finance structurée chez AXA Investment Managers, inscrit sa nomination, ainsi que celle de deux autres représentants de la communauté buy side (Ted MacDonald, de D. E. Shaw group, et Bill Powers de Pimco), dans la continuité de son activité au sein de l"association. «C"est effectivement la première fois que l"ISDA convie des investisseurs à siéger au board mais nous sommes représentés depuis longtemps dans l"association, au travers des nombreux comités techniques et groupes de travail. Notre arrivée au board constitue de mon point de vue une reconnaissance de notre contribution à la réflexion de l"industrie», explique Pierre-Emmanuel Juillard. Après les avatars des dernières années, comme l’engorgement des plates-formes opérationnelles, et le discrédit jeté sur les produits dérivés à l’occasion de la crise financière, il conçoit sa mission au sein du board comme celle d"un «facilitateur du développement des dérivés sur des bases saines et efficaces». Dans cette perspective, quatre grands thèmes devraient présider aux réflexions de l"ISDA. Tout d"abord, il convient de favoriser un énorme travail de pédagogie auprès de tous les acteurs qui interviennent sur le marché des dérivés. «Cette nécessité d"un effort d"éducation a été complètement sous-estimée et a pu contribuer aux excès récents. Il faut que tant les acheteurs que les vendeurs de produits dérivés comprennent bien le fonctionnement de ces produits et toutes les implications fiscales, comptables et juridiques qui s"y attachent», souligne Pierre-Emmanuel Juillard.Deuxième grand axe de réflexion, la transparence. « «La transparence des opérations est déjà bien avancée, grâce notamment à la standardisation des contrats. Les contrats ad hoc sont de moins en moins nombreux, la plupart des contrats sont désormais des contrats ISDA. Mais il faut aussi continuer de progresser sur les problèmes de reporting et de netting des opérations afin de mieux encadrer le risque opérationnel». Troisième grand thème générique, la compensation, qui fait l"objet d"intenses débats des deux côtés de l"Atlantique. En Europe, la Commission pousse l’idée d’un clearing centralisé des CDS au niveau européen. «Les utilisateurs buy side sont particulièrement au fait de ces sujets et souhaitent que soit créée au plus vite une structure de contrepartie centrale». Dernier grand thème, la surveillance. «C’est un fait, l’autorégulation ne suffit pas. Mais la bonne réponse ne passe pas forcément par plus de régulation. C’est d’une meilleure régulation dont nous avons besoin, avec davantage de coopération et de coordination».En attendant, le marché devrait continuer de se développer. «La crise n’a fait qu’accélérer la modernisation de l’industrie des dérivés. Les erreurs de jeunesse seront corrigées. Sur tous les nouveaux marchés, comme celui des dérivés catastrophe, la standardisation deviendra la norme dès leur début. Et puis, la liquidité sur les dérivés est meilleure que sur le cash».
«Nous devons tout de suite nous mettre au travail». Une petite phrase qui figure dans l’avant-propos et en conclusion du rapport rédigé par un groupe d’experts sous la houlette de Jacques de Larosière, ancien gouverneur de la Banque de France, et présenté mercredi à la Commission européenne. Quatre mois de travail qui ont abouti à la présentation de 31 recommandations pour réformer sans tarder la régulation et la supervision en Europe. Sur le dossier très attendu de la supervision, le rapport suggère qu'#un système européen de superviseurs financiers (European System of Financial Supervisors, ESFS) devrait être mis en place. Cet ESFS devrait être un réseau décentralisé#. Autrement dit, la supervision quotidienne continuerait d'être assurée par les superviseurs nationaux en place qui garderaient l’essentiel de leurs compétences. Mais l’ESFS serait amené à travailler main dans la main avec des comités de niveau 3 renforcés. #Trois nouvelles Autorités européennes seraient constituées# qui remplaceraient les entités existantes, CEBS pour la banque, CEIOPS pour l’assurance et CESR pour les marchés, et dont la mission serait de coordonner l’application des standards de supervision et d’assurer une forte coopération entre superviseurs nationaux. Pour tous les grands établissements transfrontières, des collèges de superviseurs seraient mis en place. Et comme la remise en état est non seulement #nécessaire# mais #urgente#, Jacques de Larosière a décidé d’assortir ses propositions d’un programme de travail à mettre en ?uvre dans les plus brefs délais. Dans un premier temps (2009-2010), les autorités de supervision nationales devraient être renforcées afin d’améliorer la qualité de la supervision dans l’Union et #la Commission européenne devrait immédiatement débuter ses travaux# pour élaborer le cadre juridique des trois nouvelles Autorités. Dans l’intervalle, les comités de niveau 3 devraient de toute façon être renforcés (avec à la clé une augmentation #significative# de leurs ressources) et les collèges de superviseurs devraient être mis sur pied d’ici à la fin de 2009.Le rapport propose par ailleurs la création d’une nouvelle instance, le conseil européen du risque systémique (European Systemic Risk Council, ESRC), qui serait dirigé par le président de la Banque centrale européenne et qui comprendrait des membres du Conseil général de la banque centrale, les présidents des comités de niveau 3 ainsi qu’un représentant de la Commission européenne. Sa mission serait de rassembler et d’analyser toutes les informations pertinentes relatives à la stabilité financière. Et sous l'égide de l’ESRC et de la Commission économique et financière (EFC), un système d’alerte sur les risques devrait être mis en place.A l’occasion de la présentation officielle du rapport, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, tout à fait en phase avec Jacques de Larosière, a souligné sa volonté de passer à l’action dès cette année avec des réformes importantes. Dans cette perspective, la Commission devrait présenter, dès le 4 mars, une première évaluation du rapport, les réponses à ses principales conclusions et son calendrier de travail. La Fédération bancaire française (FBF) a pour sa part salué la contribution essentielle du rapport #pour faire progresser la supervision des groupes bancaires transfrontières en Europe#.
Mercredi, Adair Turner, président de la Financial Services Authority, a promis aux membres du Parlement britannique une «révolution» dans le domaine de la régulation financière, rapporte le Financial Times. Les banques seraient ainsi tenues de détenir des réserves en capital correspondant à trois fois leurs actifs de trading. Les hedge funds de grande taille seront soumis aux mêmes règles que les banques en termes de fonds propres et de liquidité.
Selon Les Echos, la société de gestion britannique F&C Investments (F&C) milite pour que les investisseurs soient particulièrement vigilants quant à la rémunération des patrons. «Nous pensons que les manquements des institutions financières en matière de gouvernance sont à l’origine de la crise bancaire. Les événements des derniers mois ont démontré que l’escalade des salaires et des bonus versés aux dirigeants des banques a été générée par une prise de risque extraordinaire plutôt que par la production de bénéfices réels et durables», estime Karina Litvack, responsable de l'équipe gouvernance et investissement socialement responsable (ISR) chez F&C.
Selon Les Echos, l’association européenne du capital-investissement défend la carte de l"autorégulation alors que s’ouvrent aujourd’hui deux jours d’audition à la Commission européenne sur une régulation des «hedge funds» et des sociétés de capital-investissement. L"association se dit prête, dans un délai d’un an, à unifier ses standards et à les rendre obligatoires. Ces standards s’appuieront sur un code de bonne conduite, des recommandations en matière de gouvernance dans les sociétés détenues par des fonds, des règles de remontée de l’information aux investisseurs et d'évaluation, de transparence et de gestion des fonds.
Selon Les Echos, la Commission européenne a publié, à la demande de plusieurs Etats membres, des lignes directrices permettant une évaluation coordonnée et transparente des actifs toxiques détenus par les banques.