L’avenir de la gestion d’actifs est en Asie, une région du monde qui présente les meilleures opportunités de croissance et dans cette perspective, le fer de lance de la croissance dans la région reste la marque Ucits. Des affirmations peut-être justes mais qui doivent être nuancées, selon Shiv Taneja, managing director chez Cerulli Associates à Londres. A l’occasion de la conférence annuelle de l’Association luxembourgeoise des fonds d’investissement(ALFI), les 27 et 28 septembre à Luxembourg, Shiv Taneja a estimé que les poids lourds de la gestion d’actifs vont continuer certes à être très influents en Asie, mais sans pour autant que leurs parts de marché augmentent dans des proportions considérables."Le rôle des fonds offshore reste marginal et devrait le rester dans un avenir prévisible», affirme Shiv Taneja. Deux raisons au moins à cette évolution, les habitudes des investisseurs asiatiques qui vont continuer à donner la priorité aux produits locaux et la réglementation. A fin juin 2011, les actifs sous gestion des mutual funds de la région Asie-Pacifique s’élevaient à plus de 2.250 milliards de dollars, dont seulement 162 milliards de dollars pour les fonds offshore. La réussite de la marque Ucits en Asie reste spectaculaire mais ses promoteurs européens ont encore du pain sur la planche s’ils veulent conforter durablement cette tendance. Sally Wong, CEO de l’Association des fonds d’investissement de Hong Kong, l’a indiqué sans ambages, le produit Ucits n’est pas toujours bien compris, d’autant plus que sous l’effet du succès, «le produit Ucits est devenu un animal différent». Les Européens ont devant eux un énorme travail d’information et d’explication et la bataille de la distribution est loin d'être gagnée. «Avant même d’éduquer les investisseurs locaux, il faut éduquer les régulateurs asiatiques», a-t-elle lancé, expliquant que les régulateurs européens auraient intérêt à coordonner leurs initiatives et à se montrer beaucoup plus «proactifs» par rapport aux évolutions réglementaires. Les marchés asiatiques sont eux-mêmes confrontés à l’évolution de leurs réglementations et, surtout, les marchés asiatiques sont très segmentés et la pénétration des produits Ucits est très variable d’un pays à l’autre. Hong Kong et Singapour sont mieux armés que beaucoup d’autres pays asiatiques pour faire face au «tsunami» réglementaire provoqué en partie par la crise financière.