Le projet de réforme bancaire que le gouvernement devrait présenter dans les toutes prochaines semaines préservera le modèle de banque universelle cher aux établissements français mais les contraindra à loger les activités dites spéculatives dans des entités séparées, a annoncé le 15 novembre Pierre Moscovici.Le ministre de l'économie et des finances, dont l’intervention clôturait les Entretiens annuels de l’Autorité des marchés financiers (AMF), a souligné que ce schéma permettrait de mieux encadrer, voire interdire, les activités qui ne sont pas utiles au financement de l'économie réelle et qui seront soumises à des exigences prudentielles «sévères». «J’en prends l’engagement. Il y aura bien un avant et un après de la réforme. Je souhaite que cette réforme imprime profondément le secteur, qu’elle fasse référence en Europe et restaure une finance au service de l'économie réelle», a lancé Pierre Moscovici.Dans cette perspective, la séparation des activités de marché, -à savoir le trading pour compte propre, les activités de tenue de marché pouvant être a priori épargnées-, des autres activités de la banque dans une filiale dédiée s’accompagnera de l’interdiction de certaines activités très critiquées, le négoce des dérivés de matières premières agricoles et le trading à haute fréquence, a précisé le ministre.Le deuxième grand axe de la réforme sera la constitution d’un «puissant régime de résolution des crises» pour faire en sorte que la déconfiture éventuelle d’une banque ne mobilise pas d’argent public. Cela se traduira par la mise en place au sein de chaque banque de dispositifs dédiés pour faciliter une intervention des autorités de contrôle, un renforcement des pouvoirs de celles-ci et enfin une hausse importante des réserves du Fonds de garantie des dépôts, alimentées par les banques.Le projet prévoit enfin un renforcement de la surveillance du secteur financier dans son ensemble, en plus de celle de chacun de ses acteurs séparément, via la création d’une autorité macro-prudentielle chargée du suivi des risques globaux, comme par exemple le développement de de bulles immobilières, et dotée de «pouvoirs d’intervention extensifs». La réforme bancaire n’est pas une réforme «punitive», a bien insisté Pierre Moscovici. Deux grands banquiers français présents aux Entretiens ont néanmoins manifesté leur dépit et leur inquiétude de voir l’Europe avancer seule sur la voie des réformes. La réforme de Bâle III est devenue une réforme limitée à l’Europe, a constaté, agacé, le président de BNP Paribas, Baudoin Prot en référence au report sine die du calendrier d’application de Bâle III par la Réserve fédérale américaine. «M.Barnier (le commissaire européen aux services financiers, ndlr) avait dit qu’il n’appliquerait pas Bâle III tant que les Américains ne l’appliqueraient pas. Je voudrais savoir ce que va faire M. Barnier maintenant», a lancé le président de BNP Paribas.Le patron de la Société Générale, Frédéric Oudéa, s’est pour sa part étonné de voir que Bâle III semblait ne pas devoir être appliqué dans la zone d’où est partie la crise. Il a souligné les conséquences éventuelles d’un déséquilibre réglementaire qui favoriserait les grandes banques américaines. «Ne soyons pas naïfs, nous sommes dans une compétition internationale pour capter la croissance. En Europe, le sujet prioritaire de cette fin 2012, c’est le défi de la croissance», a lancé Frédéric Oudéa.
Le Qatar a donné son feu vert à la fusion entre le groupe de négoce de matières premières Glencore et le groupe minier Xstrata. Le fonds souverain, qui détient 12% du capital d’Xstrata, voit des avantages dans le rapprochement des deux entreprises et se déclare satisfait des conditions offertes, rapporte L’Agefi suisse. Il votera le 20 novembre prochain en faveur de l’opération lors de l’assemblée générale des actionnaires d’Xstrata.
L’Autorité des marchés de Hong Kong (SFC) a infligé une amende de 4 millions de dollars de Hong Kong, soit quelque 516.000 dollars, à CIC Investor Services qui n’aurait pas respecté les dispositions concernant le traitement des clients professionnels et ne pas avoir gardé l’enregistrement des conseils à la clientèle entre 2004 et 2010, rapporte Asian Investor.
La Commission européenne a présenté une directive moins ambitieuse que prévu sur la féminisation des conseils d’administration, rapporte Les Echos. Le texte dévoilé le 14 novembre mentionne bien l’objectif de 40 % de femmes dans les conseils d’administration à l’horizon 2020, et même 2018 pour la sphère publique. Cela concerne uniquement les grands groupes cotés, soit environ 5.000 entreprises, et pas les PME. Mais il n’est plus fait mention d’un quota obligatoire, comme auparavant. Les entreprises en dessous du seuil n’encourront de sanctions que si elles n’ont pas mis en place de procédures favorisant, à compétences égales, le recrutement de femmes comme administratrices. En clair, on est passé d’une obligation de résultat à une simple obligation de moyens.
L’agence de notation Fitch Ratings a indiqué le 14 novembre qu’elle n’envisageait plus d’abaisser la note «BBB+" de la République d’Irlande, citant la poursuite de l’assainissement budgétaire du pays et sa reprise économique. L’agence a confirmé la note souveraine et a relevé sa perspective de «négative» à «stable».Ces décisions «reflètent les progrès continus de l’Irlande en termes d’assainissement budgétaire, d’ajustements extérieurs et de reprise économique, ainsi que l’amélioration des options de financements souverains», explique Fitch.L’agence prévoit une croissance nulle en 2012 mais souligne que ce chiffre reste meilleur que les -0,5% qu’elle attend pour l’ensemble de la zone euro et bien supérieur aux autres pays dits «périphériques». Elle souligne aussi que le pays est revenu avec succès sur le marché obligataire au cours de l'été.Fitch indique toutefois que des risques continuent de peser sur la note du pays en raison du niveau élevé de sa dette publique et privée, des vulnérabilités de son secteur financier et de sa dépendance par rapport à la demande extérieure.
Le 14 novembre, la Financial Services Authority a publié son premier document consultatif de 232 pages web sur la transposition en droit britannique de la directive européenne sur les gestionnaires de fonds alternatifs (AIFMD). La consultation s’achèvera le 1er février 2013, sachant que cette transposition est programmée pour le 22 juillet 2013.Ce document se focalise sur le régime prudentiel applicable à tous les types de gestionnaires de fonds alternatifs et sur celui applicable aux dépositaires. Il concerne également les obligations de niveau 1 de la directive pour les gestionnaires de fonds alternatifs.
Sur les dix premiers mois de cette année, l’Office des changes chinois (State Administration of Foreign Exchange ou SAFE) a octroyé des contingents de Qualified Foreign Institutional Investor (QFII) pour un montant record de 33,6 milliards de dollars, rapporte Asian Investor.Pour octobre, le SAFE a également délivré des autorisations pour un volume record de QFII à un total de neuf établissements financiers étrangers, avec 2,75 milliards de dollars contre un précédent record de 2,1 milliards en mars.Singapour a été particulièrement favorisé, puisque ses fonds souverains GIC et Temasek Fulletrton Alpha Investments ont obtenu des rallonges respectives de 600 millions et 700 millions de dollars, montants auxquels s’ajoutent les 250 millions de dollars obtenus par Fullerton Fund Management, une autre filiale de Temasek.Les autres sociétés ayant obtenu des contingents QFII le mois dernier sont AMP Capital Investors, Société Générale, Barclays Bank, JP Morgan Chase Bank, Fubon Securities Investment Trust et Metzler Asset Management.
L’agence d'évaluation financière Fitch Ratings a annoncé mercredi 14 novembre la suspension de ses activités publiques en Italie suite au renvoi en justice de plusieurs de ses cadres par un tribunal du sud du pays. L’agence a dénoncé «une manoeuvre infondée et sans précédent» et «l’absence de motif clair» à la démarche lancée par le parquet de Trani, petite ville des Pouilles, à l’encontre de certains de ses analystes et dirigeants et de ceux de sa concurrente Standard and Poor’s.Dans ce contexte, «toutes les téléconférences, conférences en Italie et évènements similaires consacrés aux entités italiennes sont suspendues», poursuit Fitch dans un communiqué. Les communications concernant les notations d’entités italiennes sont également restreintes, ajoute-t-elle.
Les Vingt-Sept n’ont toujours pas réussi à caler avec le Parlement européen la question de la flexibilité dont jouiront les régulateurs nationaux pour augmenter encore la capitalisation de leurs banques, rapporte L’Agefi. Sur la question des bonus, le Parlement européen veut aussi que la rémunération variable ne puisse excéder en valeur la rémunération fixe. Une mesure potentiellement contreproductive, car inflationniste aux yeux, notamment des Britanniques.
Alors que l’Europe s’est dotée de nouvelles règles pour limiter la spéculation sur les Etats via les « credit default swaps », l’encours du marché décline, rapporte Les Echos. D’après la DTCC (Depository Trust & Clearing Corporation), qui centralise les informations sur une partie du marché des CDS, l’encours net de CDS sur les Etats de l’Union européenne serait à son plus bas niveau depuis mi-2010.Les CDS couvrant un risque de défaut de la France sont passés de 24 milliards de dollars il y a un an à 18 milliards aujourd’hui, derrière l’Italie, dont l’encours est resté assez stable (légèrement supérieur à 20 milliards de dollars). Les prix se détendent sensiblement par ailleurs : le coût d’une assurance sur la France cotait à 68 points fin octobre, soit une baisse de 37 % en un mois.
Le projet de loi créant la Banque publique d’investissement (BPI) qui permettra notamment à la France de transposer les directives OPCVM 4 et AIFM et de réformer le statut des établissements de crédit a été discuté pour la première fois mardi par la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, rapporte L’Agefi. Soit quinze jours avant l’examen du texte en séance plénière, prévu le 28 novembre. La commission des finances prend le relais ce matin en auditionnant Jean-Pierre Jouyet, directeur général de la Caisse des dépôts, actionnaire à 50% de la future holding, et Henri Emmanuelli, président de la commission de surveillance, ajoute le quotidien.
Le procès de deux gérants de hedge funds accusés de délit d’initié a commencé mardi aux Etats-Unis, rapporte le Wall Street Journal. Les procureurs ont indiqué aux jurés que Todd Newman, ancien gérant de Diamonback Capital Management, et Anthony Chiasson, co-fondateur de Level Global Investors, appartenaient à une «chaîne corrompue» d’individus qui gagnaient des dizaines de millions de dollars en effectuant des transactions à partir d’informations confidentielles sur des entreprises de technologie. Les avocats de la défense ont rétorqué que leurs clients prenaient leurs décisions en se basant sur une recherche légitime.
L’Autorité des marchés britannique (FSA) a infligé une amende de 412.000 livres à la société de gestion de fortune Ashcourt Rowan en raison de défaillances dans le système d’attribution des investissements.Les défaillances observées concernent Savoy, une filiale d’Ashcourt Rowan, qui n’avait pas mis en œuvre des injonctions précédentes de la FSA relatives à ce dossier. Dans le sillage de cette décision, Ashcourt Rowan a indiqué que le patron de l’asset management, Christopher Jeffrey, et le responsable de la déontologie, Mark Smith, avaient présenté leur démission. Sur les six mois à fin septembre, Ashcourt Rowan a enregistré une perte avant impôts de 1,2 million de livres, à comparer à une perte du même ordre pour le semestre à fin septembre 2011.
Les autorités américaines ont présenté le 13 novembre de nouvelles règles destinées à faire baisser les risques que les fonds du marché monétaire font peser sur la stabilité du système économique et financier. Le Conseil de surveillance de la stabilité financière (FSOC), qui réunit les principaux organismes américains de contrôle du système financier, a voté "à l’unanimité» trois propositions de «réformes structurelles destinées à s’attaquer aux risques posés par» ces fonds communs de placement, a indiqué le département du Trésor dans un communiqué.Le vote du FSOC a pour but de faire pression sur la commission des opérations de Bourse américaine (SEC) en la contraignant à adopter l’une ou l’autre de ses propositions. La SEC avait renoncé à aller de l’avant avec ses projets de réforme des fonds du marché monétaire en août, sa présidente Mary Schapiro ayant été mise en minorité au sein du directoire de sa propre institution.Les propositions du FSOC reprennent deux pistes explorées par la SEC et combattues par les fonds monétaires, et en ajoutent une autre déclinée par la Trésor. La première piste viserait à supprimer une exemption comptable dont bénéficient les fonds monétaires, afin que la valeur des parts de leurs actionnaires soit plus conforme à la réalité de la valeur nette des instruments détenus par les fonds.La seconde imposerait aux fonds l’obligation de se doter d’une marge de capital de sécurité pour se prémunir contre une éventuelle baisse de la valeur nette de leurs actifs. La troisième, avancée par le Trésor, obligerait les fonds monétaires à se plier à des normes de capitaux et de liquidité renforcées, éventuellement associées à d’autres mesures coercitives.La décision du FSOC relance les pistes de réforme en ouvrant une période de commentaire de deux mois, pendant laquelle les parties prenantes pourront faire remonter aux autorités leur avis sur leurs propositions, et à l’issue de laquelle le Conseil pourra en recommander officiellement l’une ou l’autre.
Une filiale de gestion d’actifs de la banque Bank of New York Mellon a payé 210 millions de dollars d’amende pour mettre fin à des poursuites de l’Etat de New York en relation avec la fraude pyramidale réalisée pendant des années par l’escroc Bernard Madoff.Le ministre de la Justice de l’Etat de New York, Eric Schneiderman, annonce un accord amiable de plus de 210 millions de dollars avec Ivy Asset Management, une filiale de Bank of New York Mellon qui conseillait à ses clients d’investir leurs fonds auprès du financier Bernard Madoff, qui purge aujourd’hui une peine de 150 années de prison. Cet accord met fin à des poursuites d’Eric Schneiderman, du département américain du Travail, et de plaignants individuels, selon un communiqué précisant que les 210 millions reçus plus 9 millions de dollars supplémentaires versés par d’autres accusés vont être restitués aux investisseurs victimes de la fraude.
Le responsable de l’Autorité des marchés chinoise (CSRC), Guo Shuqing, a indiqué qu’il comptait relever le quota réservé aux investisseurs institutionnels étrangers qualifiés en RMB (RQFII) de 200 milliards de RMB, soit quelque 32 milliards de dollars, le quota existant de 70 milliards de RMB étant insuffisant pour répondre à la demande, rapporte Asian Investor. La CSRC, qui n’a pas précisé le calendrier de ce relèvement, a ainsi donné une suite favorable à une demande des autorités de Hong Kong.
L’Autorité européenne des marchés financiers (AEMF ou Esma) a publié le 12 novembre ses priorités en ce concerne la présentation des états financiers des sociétés cotées pour l’exercice 2012. Ces priorités ont été établies en partenariat avec les autorités nationales afin de favoriser une mie en œuvre cohérente de la législation européenne et des IFRS. Les recommandations de l’Esma concernent notamment la dépréciation des actifs non financiers et les dispositions en matière d’information sur les prestations définies.
Bruce Bent, le fondateur de Reserve Primary, le fonds monétaire qui a vu sa valeur liquidative constante passer sous 1 dollar pendant la crise financière, a été reconnu non coupable des accusations de fraude selon lesquelles il aurait trompé les investisseurs concernant la santé financière du fonds pour éviter une vague de rachats, rapporte le Financial Times. Le jury a estimé que le fils de Bruce Bent, aussi appelé Bruce, était responsable de négligence pour avoir trompé les investisseurs au sujet des projets de la famille de couvrir les pertes du fonds provoquées par la faillite de Lehman. La Securities and Exchange Commission, qui a porté l’affaire devant la justice, cherche à infliger des amendes à l’encontre de Bruce Bent II et de la société, Reserve Managament, aussi reconnue responsable.
Avant même son entrée en vigueur, l’accord fiscal signé entre la Suisse et l’Autriche profite à Vienne. Depuis le début de l’année, le pays a déjà totalisé 210 autodénonciations concernant 237 personnes. Ce qui a rapporté 59,3 millions d’euros au fisc. Dans une réponse à une question du Parlement, la ministre des Finances Maria Fekter a déclaré lundi attendre que l’accord fiscal avec la Suisse rapporte au total un milliard d’euros.
Jeudi, HSBC a accepté de dédommager Kalix Fund Ltd., société financière enregistrée aux îles Vierges. Selon Le Temps, cette dernière estimait avoir perdu 35 millions dans le scandale Madoff, révélé en 2008. Son argent était confié à Thema, un fonds de placement qui le canalisait ensuite vers Madoff. Avec 1,1 milliard de dollars sous gestion, c’était l’un des intermédiaires du réseau Madoff. Une filiale irlandaise de HSBC en était le dépositaire.