Encore une bulle ? Le marché des voitures d’occasion a démarré l’année sur les chapeaux de roue : selon UBS, les prix ont bondi de plus de 10 % rien qu’en avril, un record absolu. Pour une fois que les banques centrales ne sont pas pointées du doigt ! Car entre envies de voyage, économies à dépenser, offre de voitures neuves amputée par les confinements, la surchauffe a de bonnes raisons de durer. Certains analystes estiment que le freinage n’aurait lieu que vers 2022, puisque les vendeurs d’occasion devront d’abord débarrasser leurs inventaires des plus anciens modèles, désormais trop polluants, avant de pouvoir faire de nouveaux stocks. Reste à voir si de petits malins chercheront à profiter d’une thèse d’investissement aussi solide.
Le marché est plus prudent. Les craintes d’inflation ont motivé les flux vers les obligations indexées et les secteurs des matériaux, de l'énergie et des financières.
Les fonds Ucits ont enregistré des souscriptions nettes de 69 milliards d’euros en mars 2021, soit près du double de la collecte de février (34 milliards), selon les dernières statistiques de l’Efama, l’association européenne des fonds. La collecte a été tirée par les fonds actions, qui ont levé 56 milliards d’euros, après 52 milliards en février. En revanche, les fonds obligataires ont affiché des flux proches de zéro, alors qu’ils avaient attiré 22 milliards d’euros en février. Les fonds multi-actifs ont enregistré des entrées nettes de 13 milliards d’euros, soit un peu plus que le mois précédent (10 milliards). Les fonds monétaires ont réduit leur décollecte, à -2 milliards d’euros, contre -54 milliards d’euros en février. Les fonds d’investissement alternatifs (AIF) ont de leur côté drainé 8 milliards d’euros, soit le double du montant de février. Les encours totaux des fonds Ucits et AIF ont augmenté de 4,5 % à 19.960 milliards d’euros.
Muddy Waters a empoché ses gains sur Solutions 30 dont le cours s’est effondré de 70% hier lundi à la suite du refus des auditeurs d’EY de donner une opinion sur les comptes 2020 de la société. Le fonds activiste américain a profité de la chute pour déboucler sa position de vente à découvert, a confirmé à L’Agefi une porte-parole. Ce mardi, le cours perd encore 6,89%, à 2,89 euros.
Les marchés actions chinois onshore ont enregistré mardi leur meilleure performance depuis juillet 2020. L’apaisement des craintes sur l’inflation et la bonne tenue du yuan ont soutenu la tendance.
Sans surprise après les annonces de la société vendredi 21 mai puis hier dimanche 23 mai, l’action Solutions 30 était incotable ce lundi matin à la Bourse de Paris, réservée à la baisse, pour sa reprise de cotation après deux semaines de suspension. Après un peu plus d’une heure de suspension, l’action a ouvert à 3,02 euros, en chute de 70%. Après être remonté à 4 euros, le cours est retombé vers 2,83 euros à la mi-séance. Elle a fini la journée sur une chute de 70,62% à 3,05 euros, dans d'énormes volumes : l'équivalent d’un tiers du capital a changé de mains.
Accor annonce ce jeudi 20 mai son intention de sponsoriser un Spac, Accor Acquisition Company (AAC), qui sera coté sur Euronext Paris. L’objectif d’AAC est de lever environ 300 millions d’euros. L’investissement initial de Accor dans cette nouvelle entité sera «non significatif», indique un communiqué. À travers la création d’AAC, Accor veut «améliorer encore son offre à destination des propriétaires et des clients du groupe». Il s’agira concrètement de leur proposer des services et des marques additionnelles de qualité et reconnus dans l’un des cinq secteurs d’activité connexes à son cœur de métier hôtelier que sont la restauration (Food & Beverage), le flex office, le bien-être, le divertissement et l’événementiel et les technologies liées à l’hôtellerie. La société qui sera acquise par AAC bénéficiera du réseau, de la taille et de la présence mondiale d’Accor. La direction générale d’AAC sera assurée par Amir Nahai.
Les actions de Spac et les sociétés qu’elles ont introduites en Bourse dégringolent, punissant les investisseurs individuels qui se sont engouffrés dans ce secteur autrefois très populaire, rapporte le Wall Street Journal. L’ETF Defiance Next Gen SPAC Derived, qui suit les sociétés qui sont entrées en Bourse par le biais de Spac ainsi que les Spac qui n’ont pas encore réalisé d’opération, a perdu environ 30 % ces trois derniers mois et a touché récemment son point le plus bas en six mois. Les entreprises populaires liées au secteur, comme la société de batteries pour voitures électriques QuantumScape et la société de tourisme spatial Virgin Galactic Holdings ont perdu 50 % ou plus au cours de cette période. Les Spac qui cotent des entreprises spectaculaires telles que la startup de voitures électriques Lucid Motors et la société de financement personnel Social Finance ont également été malmenés. Ce retournement se produit alors que les investisseurs se retirent des valeurs technologiques, craignant que la hausse de l’inflation n’oblige la Federal Reserve à mettre fin à sa politique monétaire accommodante plus rapidement que prévu. Ces inquiétudes rendent les paris sur les entreprises à croissance rapide moins attrayants. Les sociétés liées aux Spac ont été parmi les plus touchées, d’autant que les autorités réglementaires renforcent leur surveillance de ces sociétés de chèque en blanc.
Warren Buffett (photo) le répétera tant qu’il le faudra : jamais il ne scindera l’action de Berkshire Hathaway. Un prix trop bas attirerait les petits investisseurs, grégaires et court-termistes. Ce serait pourtant le moment d’y penser : le prix de l’action est tellement élevé, à plus de 420.000 dollars, que les ordinateurs du Nasdaq ne pourront bientôt plus l’afficher correctement. Une histoire de stockage puisque 32 bits de mémoire enregistrent le cours de Bourse à quatre décimales près, qui ne peut donc dépasser 2 à la puissance 32 – soit 429.496,7296. Qui aurait pu prévoir que le cours s’envolerait si haut, quand la deuxième action la plus onéreuse cote à 5.100 dollars ? Warren, sans doute, qui signe les cartes d’anniversaire avec le mot : « Puissiez-vous vivre jusqu’à ce que l’action Berkshire soit scindée. »
La Fédération mondiale des Bourses (WFE), qui regroupe également les chambres de compensation (CCP), a publié mercredi son rapport annuel sur les produits dérivés en 2020, et indique une augmentation de 40,4% des volumes de négociation de produits dérivés en 2020, plus de 3 fois supérieure à celle de 2019 (+11,4%), et supérieure à la poussée constatée lors de la crise financière de 2008. Cette progression est «attribuée à la nécessité de gérer les risques en raison des niveaux accrus d’incertitude et de volatilité produits par la pandémie de Covid-19».
Eurizon, la société de gestion du groupe bancaire italien Intesa Sanpaolo, a enregistré des souscriptions nettes de 1,1 milliard d’euros au premier trimestre 2021. Ses fonds ont notamment levé 2,62 milliards d’euros, dont 1,57 milliard sur les actions et 1,45 milliard sur les produits diversifiés. La contribution des pays européens a aussi été forte, avec une collecte nette de plus de 450 millions d’euros sur les trois premiers mois de l’année. Les encours ont augmenté à 354 milliards d’euros, soit une hausse de 1,2 % sur trois mois et de 13,4 % sur douze mois. Eurizon souligne que sa société chinoise, qu’elle détient à 49 %, a collecté plus de 10 milliards d’euros au premier trimestre. Elle a augmenté ses encours de 13 % depuis le début de l’année et de 30,7 % sur un an, à 116,2 milliards d’euros. Le bénéfice consolidé est ressorti à 160,8 millions d’euros, en augmentation de 60 % sur un an. Se félicitant de ces résultats, Saverio Perissinotto, l’administrateur délégué d’Eurizon, confirme que l’équipe d’Eurizon sera prochainement «enrichie» avec l’intégration des effectifs de Pramerica SGR, «avec lesquels nous avons pour objectif de devenir une seule entité grande et forte ».
Les Principes pour l’Investissement Responsable (PRI) publient un nouveau rapport («ESG Incorporation in Securitised Products: The Challenges Ahead») sur l’intégration des critères ESG dans les produits titrisés. En raison de la nature complexe du marché de la titrisation, la prise en compte des enjeux ESG dans les produits titrisés a pris du retard par rapport aux autres classes d’actifs obligataires. «Pour autant, les investisseurs témoignent d’un intérêt croissant pour les enjeux ESG dans les produits titrisés», observent les PRI, par souci de mesurer les impacts des investissements, de mieux gérer les risques et de suivre les évolutions réglementaires. Parmi les 2.000 signataires des PRI qui ont réalisé leur reporting annuel auprès de l’organisation, seul 215 disaient intégrer l’ESG dans leurs produits titrisés. Faute de cadre adapté, la plupart des investisseurs ajustent leur politique appliquée aux produits de dette aux produits titrisés. «Le filtrage négatif des valeurs et des titres reste l’approche ESG la plus largement adoptée pour les CLO («Collateralised Loan Obligations») européens labellisés ESG. Toutefois, la documentation juridique qui les accompagne n’est pas harmonisée; les processus d’évaluation des gestionnaires de CLO demeurent vagues; et, à ce stade, il existe peu de différences de prix par rapport à des produits obligataires traditionnels», expliquent les PRI. Surtout, le manque de données pour mener à bien une «due diligence» en matière ESG empêche de nombreux investisseurs d’intégrer systématiquement ces facteurs dans leur analyse des produits titrisés. En l’absence de cadre réglementaire sur le reporting de données, les PRI assurent qu’ils vont continuer à travailler avec les membres de ses ateliers réunissant investisseurs, banques, agences de notation de crédit, fournisseurs de données ESG, arrangeurs et notamment la «European Leveraged Finance Association».