Le baromètre 2010 du reporting sur l'éco-performance des bâtiments publiée par Novethic avec le soutien de l’Ademe (Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie) fait état d’une nouvelle amélioration globale des pratiques de reporting pour les trois types d’acteurs étudiés, à savoir les promoteurs, les foncières et les gestionnaires d’actifs immobiliers. Avec toutefois une différence de taille : les gestionnaires d’actifs immobiliers restent à la traîne, avec une note moyenne de seulement 31,5%, qui marque certes une très légère amélioration d’ensemble mais très en retrait par rapport aux deux autres acteurs. Les promoteurs affichent ainsi une note moyenne de 65%, en forte augmentation d’une année sur l’autre, vraisembablement tirée par l'échéance proche de la nouvelle réglementation thermique 2012. Chez les foncières, la note moyenne progresse, passant de 26% à 49%, mais les écarts entre acteurs se creusent, avec 72 points d'écart entre le premier et le dernier. En conclusion, le quatrième baromètre sur l’activité de gestion d’actifs immobiliers pour compte de tiers note «qu’aucun progrès significatif n’a été observé depuis trois ans sauf pour deux acteurs –AXA Reim et AEW Europe- qui se détachent très nettement» (les autres acteurs de l'échantillon étant CM-CIC AM, Crédit Agricole AM, Société Générale AM, Dexia AM, BNP Paribas AM et Nexity). Le baromètre relève notamment qu’il reste impossible de connaître la performance environnementale et énergétique des bâtiments sous la responsabilité des gestionnaires d’actifs. Six gestionnaires d’actifs sur huit continuent à ne fournir aucune indication sur ce sujet. La meilleure note de la catégorie (AEW Europe avec une note de 56%) ne correspond qu'à la sixième meilleure note chez lez foncières. Les engagements de performance future sont toujours au point mort. Les gestionnaires d’actifs sont certes de filiales de grands groupes qui s’engagent pour la plupart sur la réduction des consommations énergétiques et émissions de CO2 liées à leur propre fonctionnement. Les notes ne sont pas nulles mais, souligne le baromètre, presqu’aucun n’engagement n’est pris dans le cadre du métier de gestionnaire d’actifs immobiliers. AXA Reim se différencie nettement cependant du reste du panel puisqu’il est le seul à s’engager sur l’utilisation systématique de certifications environnementales pour ses acquisitions dans le neuf. AXA Reim et AEW Europe se démarquent également car ils sont tous deux à l’origine de la création d’un outil d’estimation de la performance» environnementale des bâtiments (Green Rating) et procèdent à des diagnostics sur une très grande partie de leur patrimoine. AEW Europe fait également figure de précurseur en étant le seul acteur à fournir une moyenne de consommation énergétique et d'émission de CO2 obtenue après l’audit d’une partie de son patrimoine. Cela dit, le déficit de communication des gestionnaires n’est pas forcément la traduction d’un désintérêt pour la «valeur verte». Bien au contraire. «La communication n’est pas notre priorité, notre priorité est plutôt de comprendre», a ainsi souligné le 9 novembre Jacqueline Faisant, présidente de BNP Paribas Reim, à l’occasion de la présentation du baromètre. «On n’a pas les produits adéquats. Les produits existants sont souvent trop compliqués à mettre en œuvre», déplore Jacqueline Faisant qui insiste sur les besoins de formation à tous les niveaux (aussi bien les artisans que les architectures). Et s’il n’y a peut-être pas encore assez de communication, les initiatives sont centralisées au niveau du pôle immobilier et «il y a de plus en plus de coordination sur tous ces sujets» au niveau du groupe BNP Paribas, insiste Jacqueline Faisant.