Dans le sillage récent de la flambée du pétrole, les investisseurs affichent quelques inquiétudes quant à la rentabilité des entreprises et à la poursuite de la croissance mondiale, selon la dernière enquête réalisée par BofA Merrill Lynch entre les 4 et 10 mars auprès d’un échantillon de 203 gérants pesant un peu plus de 600 milliards de dollars.Les investisseurs ne sont plus que 32% en net à miser une croissance des bénéfices des entreprises, contre 51% le mois précédent. Ils sont en outre 31% à considérer que les estimations de bénéfices du consensus sont trop élevées. Alors qu’ils étaient encore 10% à envisager une progression des marges en janvier, les investisseurs sont désormais 24% à prévoir une baisse des marges au cours des douze prochains mois. Cette moindre confiance se retrouve dans les perspectives macroéconomiques. On ne compte plus que 31% d’allocataires tablant sur un renforcement de la croissance au cours des douze prochains mois, contre 51% le mois dernier. Aux Etats-Unis, le recul est même plus marqué, à 21% contre 52% le mois précédent. Les perspectives de stagflation sont à nouveau à l’ordre du jour. En l’espace de deux mois, la proportion des gérants anticipant une croissance en dessous de la tendance et une inflation supérieure à la tendance a doublé à 38%. Les investisseurs ne croient plus à une montée des taux d’intérêt dans l’immédiat en raison du choc pétrolier. Les trois quarts d’entre eux envisagent un relèvement des taux dans les douze mois. Mais sur la même période, la courbe des taux pourrait s’aplatir, pour 35% des gérants contre 14% en février. Côté européen, pas moins de 72% des gérants estiment que la Banque Centrale Européenne va relever ses taux avant le mois de juillet. En février, personne ne croyait à un tel scénario. Cela dit, le changement en faveur de la stagflation pourrait être de courte durée si les prix du pétrole repartent à la baisse. «Il n’y a pas eu de vente massive. Les investisseurs se sont mis en attente», relève Gary baker, responsable de la stratégie actions européennes chez BofA Merrill Lynch Global Research. Dans ce contexte, les investisseurs ont accru leur poche de liquidité : ils sont 18% à se dire surpondérés sur le cash alors que 3% d’entre eux étaient sous-pondérés le mois précédent. Ils ont aussi diminué leur exposition aux actions et aux matières premières. Ils ne sont plus que 45% en surpondération sur les actions contre 67% en février. Mais cette retenue ne s’est pas traduite par un regain d’intérêt pour les obligations, les investisseurs demeurant sous-pondérés sur cette classe d’actifs (59%). On observe par ailleurs que l'érosion de la confiance vis-à-vis des marchés émergents est en train de diminuer. Les gérants de fonds de la zone ne sont plus que 15% à prévoir un ralentissement de l'économie chinoise contre 27% en février. En outre, les craintes autour du marché immobilier chinois ne sont plus aussi marquées que précédemment.
Le fonds de droit britannique (OEIC) Global Listed Infrastructure de First State Investments, lancé le 31 octobre 2007 affiche depuis le lancement une performance (classe A retail, avant impôt) de 21,1 % contre 1,7 % pour l’indice de référence qui a été jusqu’au 1er juin 2008 le S&P Global Infrastructure Index et, depuis lors, l’UBS Global Infrastructure &Utilities 50-50 Index. «Sur quarante mois d’existence, nous n’avons accusé des rachats nets que deux mois», explique à Newsmanagers, Andrew Greenup, cogérant du fonds avec Peter Meany.Ce produit, dont l’encours se situait à 210 millions de livres fin janvier, est investi dans une quarantaine d’entreprises purement «infrastructure» dans le monde (dont 7 françaises pour 12 % du portefeuille), des sociétés de toutes capitalisations, dont 60 % de capitalisations moyennes (entre 2 milliards et 10 milliards de dollars) et 30 % de grandes capitalisations. Il n’y a que 4 % d’actions de pays émergents (pour un plafond fixé à 20 %) et le taux de rotation du portefeuille est faible, «entre 30 et 35 %»."Ces sociétés ne sont pas glamour, elles exploitent des installations, mais leurs revenus, stables, offrent une bonne visibilité et elles constituent une bonne assurance contre l’inflation. De plus elles profitent d’une croissance structurelle. Et nous choisissons les bonnes sociétés qui sont injustement trop bon marché», souligne Andrew Greenup. L'équipe actions infrastructures de First State, qui compte sept personnes, «ne retient dans les 135 sociétés qu’elle suit que celles susceptibles de surperformer la classe d’actifs «infrastructures», dont le rendement escompté est de 12 %, dividendes réinvestis», souligne le gérant.Les titres sont analysés en fonction de leur flux de trésorerie actualisé (DCF) par rapport au beta de la classe d’actifs et du groupe des titres similaires, mais aussi en fonction de 25 critères qualitatifs, dont les trois variables environnementale, sociale et de gouvernance (ESG), importants du point de vue du risque réputationnel.
Selon un sondage effectué par S&P Fund Services pour le dernier numéro de la revue Funds Insights, les gérants de fonds de hedge funds estiment que la baisse de la corrélation entre actions devrait profiter aux stratégies long/short actions. Cela devrait effectivement permettre aux gérants de diversifier plus largement leur portefeuille sur le plan sectoriel et des valeurs et de générer ainsi un alpha plus élevé, estime Randal Goldsmith, analyste principal chez S1P Fund Services. Cependant, Cameron Chartouni, gérant du Acropolis Multi-Strategy Fund, estime que la corrélation diminuera vraiement dès que le marché aura davantage de confiance dans l’environnement économique et s’intéressera plus aux données fondamentales. De son côté, le gestionnaire alternatif Permal fait remarquer que le degré de corrélation a atteint son niveau le plus élevé depuis 20 ans en juillet 2010. Depuis lors, il a diminué pour revenir à sa moyenne de long terme. Les fonds de hedge funds ont terminé l’an dernier sur une performance de 3,5 % pour le quatrième trimestre, ce qui a porté le total à 5 % pour l’ensemble de l’an dernier. Les portefeuilles ont profité à la fois de la hausse des marchés d’actions et de matières premières, les fonds de CTA affichant une performance moyenne de 6,4 % pour octobre-décembre.
Parmi les 218 personnes dont 53 gestionnaires de fonds de la division immobilier d’Aviva Investors, il se trouve deux personnes chargées de valider avec la maison-mère Aviva et avec des clients institutionnels une possible nouvelle ligne de produits «actifs réels».Laurence Monnier et Ian Berry, qui sont gérants de fonds , se focalisent sur les infrastructures afin de proposer des fonds offrant une visibilité de long terme couplée à un risque faible. L’objectif étant d’identifier des niches rentables en fonction du niveau de risque.Trois stratégies sont à l'étude. D’un côté, celle qui consiste à élaborer avec des partenaires externes un produit qui ne soit pas un fonds de fonds, mais qui se spécialise sur la structuration et l’analyse pour effectuer des investissements directs dans le domaine des énergies renouvelables, en se focalisant sur les exploitants plutôt que sur les producteurs ou les équipementiers.D’autre part, l'équipe songe à commercialiser un fonds de dette de services publics régulés ou de sociétés de transport de gaz ou d'électricité, des activités à faible risque. Sur ce projet, les spécialistes d’Aviva Investors coopèrent avec Hadrian’s Wall Capital. Les deux partenaires ont conclu un accord dans ce sens pour un «véhicule» d’un milliard de livres destiné à financer des projets au Royaume-Uni et en Europe continentale.Enfin, la troisième voie explorée est celle d’un fonds de gestion sous contrainte de passif à rendement régulier (REALM, lire notre article du 10 mars).
Le mois de mars n’est pas achevé que les investissements en Europe promis par les fonds souverains du Moyen-Orient représentent déjà le double du montant enregistré pour l’ensemble de 2010, constate Expansión. Deux grandes opérations en Espagne expliquent ce bond en avant : l’achat par l’IPIC d’Abou Dabi des 53 % de Cepsa qui lui manquaient et, lundi, l’acquisition de 6,16 % d’Iberdrola (lire par ailleurs) par Qatar Holding.Les deux émirats ont aussi l’intention d’investir respectivement 300 millions et 150 millions d’euros dans les caisses d'épargne espagnoles qui vont être privatisées durant les prochains mois.Ces fonds souverains se focalisent à présent sur l’Espagne parce que les entreprises et de banques de qualité ne coûtent pas cher à cause de la crise des pays de la périphérie européenne. C’est ce qu’ils avaient fait auparavant au Royaume-Uni et aux Etats-Unis.
Les gérants de fonds américains conseillent à leurs clients de ne pas prendre peur et de ne pas décider de sortir du Japon, rapporte The Wall Street Journal. Les analystes chez Nomura Securities, après avoir étudié l’expérience du Japon après le tremblement de terre de Kobé en 1995, ont conclu que le pays va rebondir fortement et rapidement. Les analystes observent que le Nikkei Stock Average a chuté de 8 % sur les cinq séances ayant suivi le tremblement de terre de Kobé avant de rebondir de 5 % sur les 10 séances qui ont suivi. De plus, le gouvernement japonais avait par la suite injecté 3.000 milliards de yens dans l’économie.
Arrivé lundi à la tête de la multigestion de LV= Asset Management (LVAM) en provenance de FundQuest, Paul Kim a annoncé qu’il envisage d’intégrer les fonds Schroders UK Alpha Plus et Axa Framlington UK Select Opportunities dans le portefeuille, rapporte Fund Strategy. Paul Kim, qui est arrivé avec Richard Timberlake (également ex-FundQuest), a l’intention de réallouer environ 30 % du portefeuille de LVAM durant les trois mois qui viennent.
Le thème de l’efficience, soit l’ensemble des mesures visant à améliorer les processus ou encore l’efficience énergétique, est en train de devenir un thème phare au sein de l’investissement socialement responsable (ISR) et de l’investissement en général, constate Henderson Global Investors. L’efficience est un thème «naturellement intéressant pour les investisseurs ISR», souligne Tim Dieppe, gérant ISR chez HGI. Mais selon le spécialiste, c’est également «un secteur riche en innovation avec des rendements potentiels attractifs». Pour Tim Dieppe, de nombreuses opportunités existent, notamment dans le secteur de la construction. D’un point de vue géographique, les Etats-Unis, en tant que première puissance économique mondiale, ont un potentiel énorme en termes d’amélioration de l’efficience énergétique et de réduction de la consommation énergétique. Une société jouant fortement ce thème, et que HGI détient dans ses fonds ISR, est Ameresco, qui détient 10 % des parts de marché des projets d’efficience, «un marché aujourd’hui estimé à plus de 6 milliards de dollars», souligne Tim Dieppe. Le gérant détecte aussi au sein du thème de l’efficience de nombreuses sociétés dont l’activité principale se situe dans des domaines très différents, comme NetApp, qui déclare que ses solutions de stockage de données permettent de réduire de moitié les besoins de stockage physique.
Dans la dernière livraison des indices de développement durable pour les pays de l’OCDE (hors Israël), le gestionnaire belge Petercam a indiqué que la Suède (75 points) est demeurée en tête comme lors des deux livraisons précédentes (lire notre article du 28 septembre 2010), mais que le Danemark a été rétrogradé de la troisième à la huitième place, notamment suite à la détérioration des résultats obtenus dans les tests PISA – tests de sciences, lecture et mathématiques similaires à l’ensemble des étudiants dans les pays concernés. Les 2ème et 3ème places sont prises par la Norvège (73 points) et la suisse (72).La France (62 points) conserve pour sa part le 12ème rang du classement qu’elle avait conquise lors de la publication de septembre (elle était précédemment 15ème) parce qu’elle a poursuivi ses efforts en matière environnementale et se classe 5ème pour la limitation des émissions de CO2 et les mesures de protection de l’environnement (zones protégées). La dette publique (28e) n’améliore pas le classement général. Petercam précise que, dans sa volonté d’une approche dynamique de l’étude du caractère durable des Etats, le domaine d’analyse «santé & distribution des richesses» a été amélioré avec notamment l’ajout de l’indicateur de mortalité infantile. Cet indicateur est pertinent pour juger de l’hygiène des procédures médicales et donc de la qualité des soins de santé prodigués.Sur un plan concret, le fonds durable et éthique Petercam L Bonds Governement Sustainable (lire notre article du 8 juillet 2009) atteint à présent les 120 millions d’euros d’encours. Ce produit, lancé le 20 décembre 2007, ne peut investir que sur la dette des pays les mieux classés. La performance avant frais et taxes avec réinvestissement des coupons bruts ressort à 3,34 % sur un an et 8,13 % sur trois ans.
«Si le pétrole reste à 110-115 dollars le baril en 2011, soit un cours de 20 % supérieur à la moyenne de l’année dernière, l’économie mondiale sera en mesure de l’absorber», estime Jean-Marie Mercadal, directeur général adjoint en charge des gestions chez OFI Asset Management, évoquant les troubles géopolitiques au Maghreb qui créent des tensions sur le pétrole. En revanche, à partir de 120/130 dollars le baril, il y a des effets de seuil, et l’impact sur la croissance mondiale pourrait être supérieur à 1 point. Les pays les plus touchés seraient les plus importateurs et parmi eux ceux dont la valeur ajoutée créée par unité d’énergie est la plus faible comme l’Inde, la Turquie. Ce point là est donc à surveiller dans les mois qui viennent. Le renchérissement du pétrole et des matières premières alimente, avec la création monétaire, les craintes d’inflation. D’ailleurs les politiques monétaires se durcissent partout, afin de limiter l’inflation. Pour autant, dans sa présentation des perspectives de marchés et allocations d’actifs, Jean-Marie Mercadal a également jugé que l’inflation «core» ne semblait pas encore repartie à la hausse, étant donné qu’il n’y a pas d’augmentation des salaires avec un taux de chômage élevé, et que le marché immobilier reste déprimé aux Etats-Unis… En conclusion, à court terme, Jean-Marie Mercadal prône la prudence. Sur le plus long terme, il pense qu’il y a une opportunité pour se repositionner sur ce qui n’est pas cher, autrement dit les actions et notamment celles des pays occidentaux.
Selon Asian Investor, Peter Kerger, responsable Asie-Pacifique chez DB Advisors à Singapour, estime que les produits indexés sur l’inflation, théoriquement la couverture ultime pour se couvrir contre l’inflation, ne sont pas la meilleure solution pour tirer parti des tendances inflationnistes. Dans cette perspective, il vaut mieux se tourner vers des actifs réels comme les commodities.Les prix des matières premières montent pendant les crises, explique-t-il, alors que les obligations indexées sur l’inflation ne sont intéressantes que dans l’hypothèse de nouvelles augmentations des prix. Peter Kerger ajoute que Deutsche Asset Management, dont DB Advisors est le pôle institutionnel, est à la recherche de nouvelles solutions pour se couvrir contre l’inflation qui s’inscriraient dans son projet d'être un acteur de niche en Asie. Il s’agirait de proposer un véhicule peu courant (autre qu’un fonds d’actions asiatiques) qui serait complémentaire dans un portefeuille de fonds de fonds. Au premier trimestre, les fonds de pension asiatiques ont été très demandeurs en investissements de performance absolue multi-classes d’actifs pour des mandats compris entre 50 et 500 millions de dollars, précise-t-il.
Dans le cadre du salon MIPIM de Cannes, Karl-Joseph Hermanns-Engel, membre du comité exécutif d’Union Investment Real Estate (UIRE), a souligné le 10 mars que l’implantation d’une filiale en France au début de cette année (avec l’acquisition d’Euragone, lire notre article du 10 janvier) va permettre au gestionnaire allemand de fonds immobiliers d’accéder plus facilement à des marchés régionaux comme ceux de Lyon, de Lille ou de Marseille et donc à des actifs de plus petite taille (entre 15 millions et 80 millions d’euros) qu’il recherche en particulier pour le portefeuille de ses fonds institutionnels.En 2010, UIRE a réalisé des transactions pour 2,6 milliards d’euros dont 24 acquisitions pour 1,6 milliard et 17 cessions (notamment en Allemagne, à Londres, Paris et Séoul) pour 1 milliard d’euros. Pour 2011, le gestionnaire allemand compte investir entre 1 milliard et 1,5 milliard d’euros, tout en procédant à des ventes notamment sur les marchés-cœurs européens.L’an dernier, 60 % des acquisitions, soit 926 millions d’euros, ont été consacrés à de l’immobilier commercial. Depuis la mi-2010, UIRE met en œuvre une stratégie d’acquisition à deux volets : à côté des grands centres commerciaux, le gestionnaire recherche aussi des centres plus spécialisés et plus petits, à partir de 35 millions d’euros. Cela devrait permettre une diversification des portefeuilles et se traduire par de nouveaux investissements en Italie, en France, voire en Espagne.
Le rapport annuel 2010 de Munich Re fait ressortir que sur le portefeuille d’investissements de 196 milliards d’euros à fin décembre, la part des obligations avait diminué à 57,7 % contre 60 % un an auparavant, tandis que celle des actions, parts de fonds d’actions et participations atteignait 4 %, voire 4,4 % avec les dérivés, contre 2,8 % un an auparavant. L’allocation au foncier et à l’immobilier a diminué pour sa part à 2,9 % contre 3 %.
En 2011, UFG Real Estate Managers (5,8 milliards d’euros d’actifs immobiliers gérés) estime que l’entrée dans un nouveau cycle justifie pleinement le positionnement des investisseurs sur la classe d’actifs immobilière. Pour cette année, une enveloppe minimale de 300 millions d’euros d’engagements est ainsi prévue pour les SCPI et OPCI du groupe. A ces investissements devraient s’ajouter des opérations spécifiques pour le compte d’investisseurs institutionnels français ou internationaux. UFG REM compte se positionner en priorité sur les bureaux situés dans les quartiers d’affaires d’Ile-de-France et les centres-villes des grandes agglomérations régionales. Par ailleurs, est programmé pour 2011 un plan d’arbitrage portant sur plus de 80 millions d’euros. Sur le segment de l’immobilier résidentiel, environ 120 millions seront investis en immobilier neuf BBC.En 2010, UFG REM a réalisé plus de 260 millions d’euros d’acquisitions et plus de 60 millions d’euros d’arbitrages en immobilier d’entreprise. Les acquisitions sont principalement situées en Ile-de-France, et sur le segment des bureaux.En matière de cessions, UFG REM a poursuivi le rajeunissement de son patrimoine et le recentrage sur ses actifs les plus stratégiques et les plus sécurisés. En immobilier d’habitation, environ 140 millions d’euros ont été investis, à plus de 85 % en région parisienne, principalement au travers de SCPI Scellier de la gamme MultiHabitation.
Les programmes de retraite européens à prestations définies sont en quête de solutions nouvelles pour gérer leurs portefeuilles plus activement en 2011, selon une étude réalisée par Pyramis Global Advisors auprès de 160 fonds de pension européens (britanniques, néerlandais, suisses et scandinaves) représentant un montant agrégé de 880 milliards d’euros.Parmi les grands thèmes évoqués par les fonds de pension figurent notamment les stratégies d’allocation dynamiques ainsi que la diversification des portefeuilles. L'étude de Pyramis indique aussi que le principal enseignement tiré de la crise financière par les fonds de pension est que leurs portefeuilles n'étaient pas aussi diversifiés qu’ils le pensaient. Les fonds de pension européens sont également prêts à revenir sur des classes d’actifs plus risquées. Ils envisagent d’accroître leur exposition aux marchés émergents dont ils reconnaissent qu’ils seront la classe d’actifs la plus volatile.
Ces derniers mois, les performances des actions issues des pays émergents déçoivent. Depuis octobre 2010, les actions des marchés émergents sousperforment leurs homologues des marchés développés de 10 %, annulant ainsi tous les gains relatifs depuis début 2010. Ad van Tiggelen, stratégiste senior d’ING Investment Management, se veut rassurant. «La médiocre performance des actions des marchés émergents vis-à-vis des actions des marchés développés devrait être un phénomène temporaire», anticipe-t-il. Ad van Tiggelen estime qu’un renversement de tendance est possible au second semestre de l’année 2011. Si les troubles au Moyen Orient seront toujours un risque à considérer, un certain nombre de facteurs devraient être en faveur des actions émergentes. Par exemple, les surprises positives en matière de croissance économique et bénéficiaire aux États-Unis et en Europe ne continueront pas au même rythme. Quant aux pressions sur les prix, elles pourraient s’atténuer dans les marchés émergents plus tard dans l’année "à condition que les récoltes agricoles mondiales du troisième trimestre ne soient plus soumises aux conditions climatiques exceptionnellement désastreuses de ces derniers temps», précise Ad van Tiggelen. Troisièmement, au second semestre de l’année, les banques centrales des marchés émergents devraient avoir terminé leur cycle de relèvement des taux, alors que les banques centrales occidentales pourraient entamer leur resserrement monétaire. «Et les investisseurs préfèrent en effet généralement acheter des actifs dans des pays où le cycle de relèvement des taux est pratiquement terminé plutôt qu’à venir», analyse le stratégiste d’ING IM.
Les montants investis dans le monde en 2010 (430 milliards d’euros) sont en hausse de 54 % par rapport à 2009, selon une étude annuelle du conseil international en immobilier d’entreprise Cushman & Wakefield. Totalisant plus de la moitié des montants investis dans le monde (51 %), l’Asie reste en tête du classement des destinations les plus prisées par les investisseurs, devant les Etats-Unis et le Royaume-Uni. Les volumes investis dans le monde en 2011 pourraient atteindre 485 milliards d’euros, soit une augmentation de 13 % par rapport à 2010. Les marchés émergents seront, avec l’Amérique du Nord, les principales destinations des investisseurs en 2011. L’Amérique latine et l’Europe de l’Est devraient ainsi connaître une progression de 40 %.En France, entre 13 et 15 milliards d’euros devraient être investis en 2011, en hausse de 30 % par rapport à 2010 (11 milliards d’euros investis), avec notamment une augmentation de la part des acteurs étrangers.
Le nombre de mandats actions attribués par les clients de Towers Watson dans le monde ont augmenté de plus de 20% en 2010 par rapport à l’année précédente, alors que le nombre de mandats de hedge funds affiche même une hausse de 50% durant la même période.Parallèlement, le nombre de mandats obligataires a chuté de 30%, les obligations américaines et européennes accusant les plus forts reculs par rapport à l’année précédente.
Les gérants de hedge funds sont désormais pessimistes sur l'évolution des actions américaines, selon la dernière enquête réalisée par TrimTabs et BarclayHedge. Environ 40% des 89 gérants interrogés la semaine dernière sont pessimistes sur le S&P 500, contre seulement 26 % en janvier, les optimistes étant seulement 26% contre 37% un mois plus tôt.Quelque 37% des gérants de hedge funds sont pessimistes sur l'évolution des titres du Trésor à 10 ans, seulement 15% d’entre eux étant optimistes. Le point de vue sur le dollar est également partagé entre haussiers et baissiers (31% chacun). L’enquête relève que 18% des gérants envisagent d’augmenter leur levier à court terme, contre seulement 15% prévoyant une réduction. Pour une majorité de gérants (52%), le «rally» des actions est dû avant tout à l’assouplissement quantitatif mis en œuvre par la Réserve fédérale. 35% d’entre eux estiment que la fin de cette phase de politique accommodante en juin prochain constitue la principale menace pesant sur la poursuite de la hausse. Autre préoccupation, l’augmentation des prix du pétrole mais selon TrimTabs, cette inquiétude est exagérée.
La décollecte observée récemment sur les actions émergentes ne constitue pas un changement structurel, a estimé Eric Curiel, stratégiste pays chez Esemplia (Legg Mason), à l’occasion d’un séminaire investisseurs à Londres en début de semaine. Le mouvement de retrait des dernières semaines est lié à la reprise de la croissance dans les pays développés parallèlement à un resserrement monétaire du côté des émergents. Mais ce mouvement est contrebalancé par l’entrée des investisseurs locaux sur leurs propres marchés car les actions émergentes présentent des valorisations intéressantes. D’une façon générale, insiste Eric Curiel, «les émergents doivent constituer une allocation stratégique au sein d’un portefeuille», mais «le timing est essentiel pour entrer sur ce marché». Dans l’immédiat, la Russie est le pays retenu par Nathalie Wallace, gérante de portefeuille senior chez Batterymarch Financial (Legg Mason). «La Russie est le gagnant au sein des BRIC», lance Nathalie Wallace qui reconnaît toutefois que les problèmes de gouvernance d’entreprise entre autres peuvent dissuader les investisseurs d’entrer sur ce marché. «Il y a dix ans, le Brésil était confronté aux mêmes problématiques. Le pays a depuis enregistré des progrès spectaculaires», estime Nathalie Wallace qui souligne qu’après deux années difficiles (2008 et 2009), l’économie russe va beaucoup mieux et que des opportunités existent. «Il n’y a pas que les grosses entités contrôlées par le gouvernement. De nombreuses petites sociétés qui ne font pas la une des journaux ont souvent d’excellents comportements». Matthew Duda, gérant chez Western AM (Legg Mason), estime pour sa part qu’en dehors des BRIC, l’Indonésie, qui présente des attributs de la Chine et de l’Inde, constitue une bonne opportunité d’investissement.