La société de gestion belge Petercam estime la période particulièrement favorable pour revenir sur les marchés émergents. Mais de préférence avec une stratégie durable. Lancée il y a un peu plus d’un an, le Petercam L Bonds Emerging Markets Sustainable, a en tout cas plutôt bien résisté aux turbulences de l’année 2013 sur les marchés émergents. La stratégie n’a cédé que 3,82% depuis son lancement jusqu'à fin avril 2014, contre un recul d’un peu plus de 6% pour le SRI Emerging Index, et un «maximum drawdown» de 11,11% - contre 12,10% pour l’indice - le tout avec une volatilité inférieure à 6%. «Cette stratégie durable sur la dette émergente a encore une histoire un peu courte mais elle a réussi à résister à une crise majeure des monnaies émergentes qui a donné lieu à une très forte augmentation de la volatilité», a souligné à Newsmanagers Thierry Larose, gérant de portefeuille senior sur l’obligataire, de passage à Paris à la veille du week-end. A l’origine de cette résistance, la mise en place d’une approche ISR très rigoureuse avec plusieurs filtres. Tout d’abord, un filtre propriétaire qui met l’accent la démocratie et le respect des droits humains qui permet de sélectionner un peu plus de 80 pays. Ensuite, un filtre d’exclusion mis en place avec Freedom House qui permet de classer les pays en trois groupes : libres, partiellement libres et pas libres. Si les pays classés comme pas libres avec Freddom House sont confirmés comme autoritaires dans le Democracy Index calculé par The Economist, ils sont exclus de l’univers investissable. C’est ainsi que le portefeuille n’est exposé ni à la Russie, ni à l’Ukraine... Seize autres pays ont été exclus dont l’Algérie, le Vietnam, la Chine ou encore l’Angola. En outre, le portefeuille comprend obligatoirement 40% au minimum dans le premier quartile, 50% au plus dans les deuxième et troisième quartiles et 10% au maximum dans le dernier quartile du classement. Résultat, par rapport à un indice de référence comprenant 75% de dette libellée en devises locales et 25% en devises dures (indices Barclays), le filtre durable du fonds a permis depuis le lancement de dégager un alpha positif de 1,90% par rapport à l’indice alors que le style de gestion active ajoute 1,36% de surperformance, ce qui donne un alpha total de 3,26%. En attendant, les actifs sous gestion de Petercam ont augmenté depuis le début de l’année pour s'établir à 9,4 milliards d’euros pour les clients institutionnels (sur un montant total de 14 milliards d’euros). contre 9,2 milliards d’euros à fin 2013. Sur les 9,4 milliards d’euros gérés pour des clients institutionnels, 2,8 milliards sont dans des fonds diversifiés en hausse, 2,7 milliards dans des fonds d’obligations stables, 700 millions dans des fonds de fonds en légère baisse et 500 millions en fonds de trésorerie en léger repli.