Les activités de la chaire de recherche «Finance Durable et Investissement Responsable» (FDIR) ont été reconduites pour trois années supplémentaires, jusqu'à la fin 2018. Créée au printemps 2007, sous l’impulsion de l’Association Française de la Gestion Financière (AFG), et financée par plus d’une dizaine d’institutions dont une majorité de sociétés de gestion, cette chaire, qui devrait donc prochainement célébrer son neuvième anniversaire, a notamment pour objectif de faire émerger de nouvelles méthodologies de recherche afin de mieux identifier, mesurer, puis intégrer dans les analyses financières les critères extra-financiers à la base de la création de valeur dans les entreprises.Première dans son genre au niveau mondial, la chaire FDIR est co-dirigée par Patricia Crifo (Ecole Polytechnique) et Sébastien Pouget (Toulouse School of Economics-IDEI), et s’appuie sur les compétences d'équipes de chercheurs hautement qualifiés et jouissant d’une réputation internationale. Le 2 novembre, à l’occasion d’une conférence qui portait entre autres sur les financements innovants de la transition énergétique, la couverture des risques catastrophiques et la rémunération et les incitations des dirigeants, les débats se sont concentrés sur la lutte contre le réchauffement climatique, à quelques encablures de la conférence des Nations Unies sur le climat qui se tiendra à Paris à compter du 30 novembre. Le professeur Jean Tirole a souligné le coût très élevé de l’attentisme et espéré que les discussions de Paris, après l'échec de Copenhague et les progrès enregistrés à Lima, déboucheraient sur un accord contraignant, en impliquant par exemple l’OMC, mais avec l’application du principe de subsidiarité afin de laisser aux Etats le détail des aménagements internes susceptibles de favoriser tel ou tel secteur. Alain Grandjean, co-fondateur du cabinet Carbone 4 et auteur avec Pascal Canfin d’un rapport remis au président de la République sur le financement climatique en vue de la conférence de Paris, a également insisté sur l’encadrement des mesures qui seront arrêtées. «Il faut une feuille de route et il faut qu’elle soit suivie, en impliquant notamment toutes les grandes institutions internationales», a déclaré Alain Grandjean. Sébastien Pouget a par ailleurs présenté les thèmes de recherche prioritaires pour la période 2016-2019. Les chercheurs et sponsors ont ainsi choisi de s’intéresser au comportement stratégique des petites et moyennes capitalisations en ce qui concerne les facteurs ESG et comment ce comportement influence leur profil de risque et de rentabilité sur le marché boursier. Deuxième thème, la notation des emprunteurs souverains, avec l’objectif de mieux comprendre les variables qui sous-tendent la notation souveraine. Troisième sujet, la gouvernance et son influence sur la valeur de l’entreprise, avec une évaluation des résultats des études antérieures sur la gouvernance d’entreprise et le développement d’une nouvelle explication théorique de ce qui détermine la bonne gouvernance. Quatrième thème de recherche, la mesure de la performance ESG et du risque : le projet consiste ici à examiner comment différentes combinaisons de dimensions de la RSE influencent la performance économique de l’entreprise, en utilisant plusieurs métriques quantitatives des pratiques de management RSE, plutôt que des indicateurs extra-financiers qualitatifs comme des scores ou des notations. Enfin, la chaire FDIR va se pencher sur l’engagement des investisseurs institutionnels et tenter d'évaluer empiriquement pourquoi et comment les institutionnels et les gestionnaires d’actifs votent durant les assemblées générales d’actionnaires.