Dans l’attente des chiffres officiels portant notamment sur la fréquentation du salon Patrimonia – qui devraient être très bons selon les organisateurs – l’ambiance dès jeudi 30 septembre à la Cité des Congrès de Lyon était plutôt à l’optimisme dans le monde très courtisé des conseillers en gestion de patrimoine. Pour preuve la présence de nouveaux venus - et non des moindres - tels que Commerzbank ou Goldman Sachs parmi les exposants partenaires. «Optimisme mesuré» ont tenu toutefois à préciser certains professionnels du côté des CGPI, les lourdeurs liées à la réglementation étant régulièrement dénoncées dans les allées de la 17ème convention annuelle des professionnels du patrimoine. Pour la collecte en revanche, du côté des «asset managers» et des acteurs autour de la profession, la satisfaction a plutôt été de mise. «Depuis le début de l’année, la collecte brute sur notre plateforme s'élève à 600 millions d’euros», note Olivier Samain, directeur commercial de Thema. Même constat chez Vie Plus, la plateforme du groupe Suravenir ou Didier Dugué, directeur commercial, a noté un triplement de la collecte depuis le début de l’année. Avec, néanmoins, des différences d’un acteur à l’autre. Pour Olivier Samain, il ne faut pas tomber dans un optimisme béat. Les fonds en euros ont drainé 70 % des flux. «Ces placements rassurent la clientèle et démontrent, si besoin est, la forte aversion au risque dont les investisseurs font encore preuve, rappelle-t-il. Et, de fait, sur les 600 millions engrangés, seuls 180 ont été affectés à des unités de compte (UC).» Et encore, ce sont les fonds patrimonaux – par nature diversifiés et prudents – qui emportent la mise avec, dans le rôle de fonds «vedette», Carmignac Patrimoine. A lui seul, ce dernier a attiré 70 % des capitaux de la «poche UC», le solde se répartissant essentiellement sur des fonds de même nature comme ceux de Dorval Finance, DNCA ou Alienor Capital, trois sociétés souvent cités par les CGPI pour la qualité de leur gestion. A cela s’ajoute, toujours selon Olivier Samain, une demande pour les fonds structurés. Enfin, depuis peu, un léger regain d’intérêt pour des fonds purs, investis sur les pays émergents - des fonds BRIC pour l’essentiel - est également perceptible. Chez Vie Plus, la lecture n’est pas tout à fait la même puisque la plateforme est tournée traditionnellement vers les unités de compte. Cela dit, sans surprise, ce sont les fonds diversifiés à la gestion flexible qui ont été les plus souscrits depuis le début de l’année. A noter cependant que Carmignac Patrimoine n’a drainé que 13 % de la collecte, au profit des traditionnelles sociétés de gestion comme DNCA, Alienor Capital ou Dorval Finance... D’une façon générale, diversification et flexibilité restent au cœur des préoccupations des CGPI. D’où le nombre d’ateliers-débats consacrés à ce sujet au cours de la manifestation. Pour la seule journée de jeudi, trois d’entre eux y étaient consacrés - «Gestion flexible, quelle allocation pour la fin de l’année ?» ; «Gestion flexible, rendement : les moteurs de performance d’une gestion d’actifs diversifiés» et enfin «Trackers et gestion flexible : l’innovation au service de la performance " - Au cours de la première rencontre, David Kalfon, CIO de EGF Asset Management France a justifié cet engouement en rappelant qu’il existait une cyclicité des actifs financiers et que la gestion flexible était la seule en mesure de réduire significativement les risques. «Cette gestion a pour ambition de capter deux tiers de la hausse et de ne prendre qu’un tiers de la baisse des marchés d’actions, a-t-il précisé. Or, sur le long terme, cette asymétrie crée un écart phénoménal avec la gestion passive indicielle.» Tout ensuite est affaire de sensibilité entre sociétés de gestion. Certaines d’entre elles comme CAMGESTION proposent une gamme de fonds flexibles limitant plus ou moins fortement le poids maximum des actions au sein du portefeuille. A l’inverse, chez EFG AM France, le gérant a la possibilité de sous-exposer ou surexposer son portefeuille dans une fourchette allant de -20 à + 150. Cela dit, un consensus s’est dégagé sur le besoin de transparence de ces produits flexibles «qui ne doivent pas être assimilés à une boîte noire». Ce souci de transparence a également été abordé au cours du dernier atelier où il était question de gestion flexible et de fonds composés d’ETF. Lyxor AM et CPR AM ont ainsi présenté leurs offres associant des produits de gestion passive à une allocation d’actifs constamment ajustés par leurs gérants. Pas de recours à des «futures», mais uniquement des ETF ont insisté les deux intervenants qui ont fait le choix «de la clarté, la liquidité et la simplicité"sur leurs fonds flexibles.