Les Français encore les plus pessimistes ! En l’occurrence, il s’agit des quarante investisseurs institutionnels figurant parmi les 500 décideurs (*) interrogés dans le cadre d’une étude mondiale réalisée par Natixis Global Asset Management (NGAM), destinée à son centre de recherche « Durable Portfolio Construction® ». Dans une plus large mesure que leurs homologues européens et mondiaux, les investisseurs institutionnels français pensent effectivement que «les approches traditionnelles ne sont plus d’actualité pour générer de la performance et gérer l’exposition au risque», relève l'étude. Par ailleurs, «ils envisagent des changements importants dans leurs stratégies d’investissement». En proportion, ils sont 87% à être dans ce cas, contre 70% au niveau européen... Par ailleurs, 88% des investisseurs français interrogés s’attendent à des difficultés dans le financement de leur passif à long terme au cours des trois prochaines années. A titre de comparaison, les investisseurs institutionnels européens ne sont que 68% dans ce cas, et, au niveau mondial 70 %. En outre, plus de 90% dans l’Hexagone s’accordent à dire que la faiblesse des rendements et la baisse des performances représentent les principaux risques de portefeuille. Cette fois, les investisseurs sur le Vieux Continent sont en phase (89 %). A noter que 88% des investisseurs français s’inquiètent de l’impact de la volatilité sur leurs portefeuilles et 61 % considèrent que l’inflation sera source de difficultés au cours des trois prochaines années. Toujours selon l'étude de NGAM, la majorité des investisseurs français considère que les classes d’actifs alternatives sont primordiales dans la gestion du risque de portefeuille (68%) et révisent leurs allocations en conséquence. En outre, «84% des investisseurs français anticipent une meilleure performance pour les classes d’actifs alternatives en 2013 qu’en 2012", indique l’enquête qui note que «90% d’entre eux ont l’intention de renforcer leur exposition à la gestion alternative, ou à d’autres classes d’actifs peu corrélées aux principaux marchés financiers au cours de l’année suivante.» Côté produits, 41% des investisseurs institutionnels en France ont pour ambition cette année de renforcer leurs allocations dans des OPCVM de gestion alternative. Les institutionnels européens adoptent aussi les investissements alternatifs : 64 % d’entre eux considèrent qu’il est essentiel de miser sur cette nouvelle stratégie d’investissement pour diversifier les risques, contre 60 % au niveau mondial. Les investisseurs français considèrent que la classe d’actifs la plus performante en 2013 sera celle des actions internationales. Pour 25% des participants, les actions internationales génèreront les meilleures performances en 2013, tandis que 20% estiment que la dette émergente sera en tête. Résultat, «70% des investisseurs ont l’intention de renforcer leur allocation aux actions internationales et 65% d’entre eux comptent augmenter leur exposition à la dette émergente». En ce qui concerne les produits de taux, les participants adoptent une attitude plus prudente. 75% d’entre eux souhaitent réduire leur exposition aux obligations domestiques. Mais l’attrait pour les marchés émergents subsiste : 65% prévoient d’augmenter leur exposition à la dette émergente. A titre de comparaison, 60 % des investisseurs européens projettent d’investir en actions internationales. 46% d’entre eux comptent augmenter leur exposition aux actions émergentes et 44% prévoient de renforcer la dette émergente. Enfin, les difficultés subsistent avec les méthodologies d’allocation d’actifs et de construction de portefeuille. Quasiment tous les participants français (93%) rencontrent des difficultés à générer des performances stables. La plupart des investisseurs institutionnels en Europe (70%) considèrent que les approches de construction de portefeuille traditionnelles ne sont plus les meilleures pour générer des résultats. Pour 75 % d’entre eux, la définition d’une allocation stratégique est un défi contre 71 % au niveau mondial. (*) Des fonds de pensions publics (109) et privés (189), fonds souverains (43), compagnies d’assurance (35), fonds de dotation, fondations (18), fonds de fonds (11) et consultants (97) ont pu s’exprimer. L'étude figure en pièce jointe.