La Chine est bien engagée sur la voie des réformes et l’année 2014 pourrait être une excellente année pour les actions chinoises. Victoria Mio, chief investment officer pour la Chine et co-responsable des actions Asie-Pacifique chez Robeco, qui était de passage à Paris le 2 octobre, en est en tout cas convaincue.Victoria Mio, qui gère un fonds d’actions chinoises de quelque 550 millions d’euros hors mandats, estime que la nouvelle équipe dirigeante prévoit de mettre en œuvre une batterie de réformes qui devraient favoriser le développement de l'économie et des marchés chinois.Illustration emblématique de cette volonté d’un nouveau départ, l’ouverture il y a seulement quelques jours, le 29 septembre, de la zone franche de Shanghai. Un territoire offshore en plein Shanghai, qui occupe une surface minuscule dans la ville de Shanghai (0,5%), mais qui va servir de terrain d’expérimentation pour des réformes financières, sociales, juridiques et fiscales.Si l’expérience est concluante, la nouvelle équipe au pouvoir pourrait installer de telles enclaves un peu partout sur le territoire. En outre, le comité central du Parti communiste devrait lancer le mois prochain une série de réformes, notamment une libéralisation du marché financier, qui pourraient aussi donner un nouvel élan au développement économique.En attendant, l'économie a touché son point bas au deuxième trimestre 2013 et les signes de reprise se sont multipliés durant l'été. Les craintes d’un effondrement de la conjoncture se sont dissipées et les perspectives sur les bénéfices des entreprises sont plutôt encourageantes avec des multiples de valorisation très intéressants.Faut-il s’inquiéter d’un risque de crise bancaire ? Victoria Mio n’y croit pas. L’endettement des entreprises est certes élevé, avec une proportion de prêts risqués d’un peu moins de 10% mais le pourcentage de prêts non performants (NPL) ne devrait pas pour autant exploser. «Il y a un cycle de NPL qui n’est pas fini, mais le secteur bancaire a une surface qui doit lui permettre d’absorber ce choc», estime Victoria Mio.Plus généralement, Victoria Mio souligne que les marchés asiatiques se traitent avec une décote de 15% à 20% et que ses préférences vont actuellement au Japon, où là aussi les réformes peuvent donner un bon coup d’accélérateur à l'économie, à la Corée, le marché le moins cher de la région, et bien sûr la Chine. Regain d’intérêt pour les émergents Pour le groupe Robeco dans son ensemble, la collecte s’est surtout faite au premier semestre via les investisseurs institutionnels principalement (+ 630 millions d’euros dans le groupe dont un peu plus de 50 millions en France). Robeco a constaté un rapatriement des encours pendant l’été vers des actifs moins risqués. Les fonds émergents en ont pâti les premiers. Robeco observe cependant un très fort intérêt des investisseurs institutionnels pour l’approche à faible volatilité (fonds Emerging Conservative Equities) qui permet de protéger le portefeuille en phase de baisse des marchés. Le fonds(Conservative, en rouge) a collecté depuis le début de l’année 500 millions d’euros et il résiste mieux à la baisse que d’autres fonds traditionnels. Robeco attend de nouvelles souscriptions d’ici à la fin de l’année d’investisseurs souhaitant s’exposer aux marchés émergents, en réduisant le risque.