L’impact investing a le vent en poupe. Cette stratégie d’investissement socialement responsable, qui consiste à investir dans des entreprises ou des projets qui ont un impact positif et mesurable sur l’environnement ou la société et dégagent des rendements, est celle qui connaît la plus forte croissance ces deux dernières années en Europe, selon une récente étude d’Eurosif. Elle voit ainsi ses encours augmenter de 385 % à 98 milliards d’euros entre 2013 et 2016. Ce montant reste toutefois faible au regard des autres stratégies ISR. Ainsi, l’exclusion, qui est la stratégie la plus utilisée en Europe, ne représente pas moins de 10.000 milliards d’euros d’encours.La croissance récente de l’impact investing semble s’expliquer en partie par l’essor des « green bonds », qui sont entrés dans la catégorie de l’impact investing, les obligations vertes permettant de lever des fonds et d’investir dans des projets en faveur de l’environnement. « Jusqu’ici, l’impact investing était surtout associé à une gestion alternative – private equity, microfinance… Aujourd’hui, on va vers une classe d’actifs plus liquide », commente Luisa Florez, responsable de la recherche fondamentale ESG d’Axa Investment Managers.Les green bonds ont représenté 100 milliards de dollars d’émissions en 2015 et devraient atteindre 350 milliards de dollars d’émissions en 2018, selon les projections de l’initiative en faveur des obligations vertes (CBI). Parallèlement à son expansion, le marché devrait continuer à se diversifier. « Nous avons vu l’émergence de pays comme la Chine ou l’Inde », indique Olivier Vietti, gérant du fonds Axa World Fund Planet Bonds. « L’arrivée de ces pays est positif, mais il faut rester prudent sur la qualité des projets », nuance-t-il. De plus, « deux acteurs gouvernementaux se sont positionnés, dont la France et la Suède ».L’impact investing ne concerne toutefois pas uniquement les obligations et l’environnement. Des fonds actions à vocation sociale ont aussi été créés. Ainsi, récemment, Sycomore a lancé son fonds Happy@Work. Axa IM et Mirova gèrent aussi des fonds centrés sur le capital humain. L’impact investing n’intéresse pas que l’Europe en tout cas. Un tiers des investisseurs institutionnels américains prévoit d’augmenter son allocation à l’impact investing dans les trois prochaines années, montre une étude réalisée par Greenwich Associates et American Century Investments. Et un quart de ceux qui comptent le faire veut accroître leur exposition de plus de 10 %. Parallèlement, les trois quarts des acheteurs professionnels des plates-formes de distribution et 80 % des conseillers financiers pensent que l’allocation de leurs clients à l’impact investing va s’accroître dans les trois prochaines années.