La solidité de la croissance économique et la faiblesse de l’inflation continueront de favoriser les actifs risqués, dont les actions, en 2018. Tel est le point de vue de State Street Global Advisors (SSGA) qui a présenté à la presse, hier, ses grandes orientations d’investissement pour l’année à venir. « En 2018, il va falloir continuer à jouer les prolongations sur les actifs risqués mais il faudra faire attention à toute une série de risques et protéger les portefeuilles, peut-être plus qu’en 2017 », a ainsi avancé Frédéric Dodard, directeur général délégué de State Street Global Advisors France et responsable EMEA Investment Solutions Group.Le gestionnaire d’actifs américain reste à « surpondérer » sur les actions, y compris sur les actions américaines « car à très court terme, le marché nord-américain a encore du potentiel », a jugé Frédéric Dodard, tout en précisant que les valorisations sont très élevées et le cycle économique très avancé. Dans ce contexte, SSGA ne cache pas sa préférence pour les actions des marchés émergents et, surtout, de la région Asie-Pacifique, « à l’image du Japon qui bénéficie de la croissance chinoise », a insisté le dirigeant. « Nous pensons que 2018 va être une bonne année pour les marchés émergents et nous conseillons à nos clients de surpondérer les marchés émergents dans leurs portefeuilles, en mettant davantage l’accent sur les petites et moyennes valeurs », a-t-il précisé. SSGA reste également légèrement surpondérer sur les actions européennes. Toutefois, « nous attendrons de voir les résultats des entreprises au premier trimestre 2018 pour augmenter notre pondération sur la zone euro », a prévenu Frédéric Dodard.Par ailleurs, SSGA estime qu’il ne faut pas ignorer les obligations même si le gérant est sous-pondéré de 10% sur les obligations souveraines et très légèrement sous-pondéré sur les obligations crédit « high yield », estimant que « le potentiel de performance a été éteint », selon Frédéric Dodard. La société de gestion juge qu’il faut plutôt aller chercher du rendement sur la dette émergente en devise locale. « Nous aimons les dettes émergentes en devises locales pour aller chercher de la performance sur des marchés obligataires qui fonctionne normalement, c’est-à-dire sans intervention de banques centrales », a précisé Antoine Lesné, responsable stratégie et recherche de SPDR ETF Europe.Pour autant, l’heure n’est pas à l’optimisme béat. « Nous ne pouvons pas écarter l’existence de risques », n’a pas caché Frédéric Dodard, évoquant une possible surchauffe du marché actions américaines, une hausse rapide des taux d’intérêt, un choc éventuel en Chine ou les tensions géopolitiques, la Corée du Nord en tête. « Un grand nombre d’investisseur a acheté de la protection sur les marchés, a noté le responsable. Si la prise de risque reste un choix judicieux, il faut commencer à se couvrir et acheter des protections notamment pour réduire la volatilité des portefeuilles. »