L’année 2018 devrait s’inscrire dans la continuité de 2017. Tel est le diagnostic établi par Samy Chaar, chef économiste au sein de la banque privée Lombard Odier, lors d’une rencontre avec la presse. « Nous serons dans la continuité dans le sens où le cycle économique va continuer à avancer, a précisé Samy Chaar. Toutefois, il y aura un tout petit peu plus d’inflation en 2018. » Cette reprise de l’inflation attendue pour 2018 n’est pourtant pas de nature à inquiéter l’économiste. « Quand on regarde l’inflation aux Etats-Unis, on constate qu’elle est finalement assez normale, a-t-il expliqué. De fait, elle se situe dans la partie basse de sa fourchette de normalité. Il est donc encore prématuré de voir de la surchauffe liée à cette inflation à l’heure actuelle. » De même, Samy Chaar ne perçoit pas de risque de sur-investissements dans les marchés aujourd’hui. « La croissance économique mondiale n’est pas très forte mais elle est incroyablement généralisée et synchronisée, a-t-il noté. Pour la première fois depuis 10 ans, les 45 pays de l’OCDE s’apprêtent à afficher de la croissance cette année. » Autre élément moteur pour la croissance économie : « les conditions monétaires restent favorables aux Etats-Unis et surtout en Europe, mais également en Chine où les taux restent bas », a-t-il souligné.Dans cet environnement, Lombard Odier donne toutefois sa préférence à l’Europe et aux marchés émergents. « Il y a actuellement plus de croissance économique en zone euro qu’aux Etats-Unis, a-t-il indiqué. Cette croissance permet une amélioration continue du marché de l’emploi en Europe. En outre, il y a plus de disponibilités économiques et financières dans la zone euro actuellement, les fondamentaux fiscaux étant en amélioration. » Dans ce contexte, « nous sommes acheteurs sur les actions européennes au détriment des actions américaines, a avancé Samy Chaar. Si l’écart de valorisation s’est résorbé la dynamique bénéficiaire offre plus de potentiel. » L’économiste a également affiché sa préférence pour les marchés émergents qui connaissent « une reprise économique suite à quatre années de contraction », selon lui. « Sur les marchés émergents, nous sommes ‘long’ actions, ‘long’ dettes souveraines et d’entreprises et ‘long’ devises », a précisé de Samy Chaar. « Finalement, les conditions actuelles nous permettent de maintenir nos allocations et nous avons assez peu changé nos portefeuilles. D’une manière globale, nous privilégions le risque entreprise au risque souverain. » De fait, Lombard Odier ne détient quasiment plus de dette souveraine aujourd’hui, a-t-il indiqué.Si la balance penche clairement pour les actions en Europe et dans les pays émergents, « nous privilégions les petites capitalisations, en particulier dans les marchés développés », a ajouté Samy Chaar. En revanche, Lombard Odier se dit neutre sur les actions japonaises. En matière de crédit, Samy Chaar se montre moins enthousiaste. « En Europe, nous sous-pondérons le crédit et le high yield en particulier au profit des actions et des obligations convertibles, a-t-il indiqué. Le high yield européen ne me semble pas beaucoup dégager beaucoup de valeur. » Lombard Odier reste également positif sur les matières premières, considérées comme de bons actifs de diversification.