31/01/2019
Faire de l’activisme une chance
Longtemps, les grandes banques ont pu se croire à l’abri des fonds activistes. La réglementation et les exigences en capital qu’elle implique dressaient autour des champions nationaux des remparts infranchissables. Les années de crise financière rendaient les superviseurs hostiles à toute tentative de déstabilisation du système, fût-elle fondée sur une analyse objective des forces et faiblesses d’une entreprise en particulier. Si les prêteurs régionaux américains composaient de longue date avec des actionnaires remuants, l’activisme bancaire n’avait à présenter pour tout fait d’armes en Europe qu’une catastrophe industrielle, la mise aux enchères et le dépeçage d’ABN Amro en 2007 à l’invitation du fonds TCI. Derrière ces hautes murailles, les dirigeants ayant échoué à redresser leurs cours de bourse pouvaient certes prendre la mesure du mécontentement de leurs actionnaires, mais ils restaient maîtres des horloges.