Candidat au rachat très disputé de l’aéroport de Nice avec son associé Global Infrastructures Partners, Allianz est encore novice sur le marché français des infrastructures, en dehors de tickets de dette via Allianz Global Investors. «La France devrait devenir un de nos principaux marchés d’investissement dans les années à venir», a pourtant annoncé hier lors d’un point presse Jürgen Gerke, directeur général d’Allianz Capital Partners (ACP). La société de gestion du groupe dédiée au non-coté veut doubler sous deux à trois ans ses investissements en direct dans les infrastructures (3,8 milliards d’euros d’actifs à fin mars) et dans les énergies renouvelables (2,9 milliards). Plus de la moitié des 15,4 milliards d’euros d’actifs d’ACP sont encore sont dédiés au capital-investissement classique, via des fonds de fonds. Dans les infrastructures, «le Royaume-Uni est le pays le plus représenté de notre portefeuille. Je suis favorable à investir ailleurs», ajoute le responsable d’ACP qui a par exemple décroché une concession de 120 ans pour le réseau des eaux usées de Londres. Dans un marché français très disputé, le gestionnaire mise sur les éventuelles privatisations et sur le projet du Grand Paris pour mettre un pied dans les transports, l’énergie, l’eau et les communications. L’objectif : assurer un supplément de rendement aux compagnies d’assurance vie du groupe, dont l’actif général est pénalisé par les taux bas des obligations en euro. Allianz France s’engage à investir 430 millions d’euros en fonds propres d’infrastructures dans les trois prochaines années, contre 40 à 50 millions d’euros en 2015 (et plus de 200 millions d’euros en dette). A ce jour, la compagnie française a déjà participé à hauteur de 110 millions d’euros à sept des huit projets menés par ACP, dont les aires d’autoroutes allemandes Tank & Rast. «ACP est notre unique provider (fournisseur)», affirme Jacques Richier, PDG d’Allianz France, qui ne s’interdit pas de profiter d’autres canaux. Au total, le non-coté hors immobilier pèse 2,4% des actifs d’Allianz France, soit environ 2 milliards d’euros, contre 3% à l’échelle du groupe. L’ex-AGF a aussi annoncé hier, avec Bpifrance, un premier closing à 80 millions d’euros pour AFI 4, un fonds de fonds tourné vers les PME innovantes. Il sera géré par son ancienne filiale Idinvest, comme son nouveau fonds dédié aux start-up de l’assurance.