L’Ircantec, l’institution de retraite complémentaire des agents non titulaires de l’État et des collectivités, se donne les moyens de ses ambitions. Au lendemain de la tenue de son conseil d’administration du 27 juin, l’optimisme est de rigueur. «Régime excédentaire avec un résultat positif pour 2016 de 437 millions d’euros, nous disposons de la santé financière nécessaire pour mener à bien nos missions», se réjouit Caroline Le Meaux, responsable de la gestion déléguée. Car après avoir étudié «l’évolution de nos réserves financières et conclu à leur épuisement en 2048, rappelle François Mourgues, administrateur, une réallocation profonde de nos portefeuilles a été actée en décembre dernier». Au total, 80% du portefeuille (10,3 milliards sous gestion à fin mai) font aujourd’hui l’objet d’une série d’appels d’offres. «Cela concerne dix fonds dédiés», précise Caroline Le Meaux. Parallèlement, un appel au marché a été lancé en avril pour que soit sélectionné un gestionnaire de transition, chargé du transfert en bonne et due forme et à moindres coûts, des actifs vers les fonds cibles. Dans sa recherche de performance, la caisse de retraite prévoit notamment de ramener de 30% à 10% la part des obligations souveraines, au profit, entre autres, des indexées sur l’inflation, un appel d’offres aujourd’hui en cours. «Les gestionnaires en compétition nous remettrons leur proposition écrite mi-juillet», précise Caroline Le Meaux, tandis que sera attribué à la fin juillet le tout nouveau FCP «green bonds». Autre appel au marché en cours : un mandat de gestion dynamique du risque (overlay) avec une remise des copies des gestionnaires le 7 juillet, complété en septembre par le lancement de deux appels d’offres en «actions». Fixée à 29% en 2015, cette poche actions a été aujourd’hui hissée à 37% pour atteindre 40%. Enfin, les actifs non cotés dont l’immobilier devront monter en puissance pour peser 10% du portefeuille. Ces transferts d’actifs s’inscrivent dans le respect d’un cahier des charges ISR en constante évolution. Le «scénario 2°C» s’est déjà traduit par des désinvestissements de 46 millions d’euros dans les valeurs liées à l’industrie charbonnière. «Nous avons choisi d’accompagner la transition énergétique et écologique sans nous limiter à une approche purement bas carbone», tient à rappeler Caroline Le Meaux. La caisse indique désormais réfléchir sur le sort des entreprises exposées au secteur du tabac.