Portillon. Plus la gestion passive grossit dans l’obligataire, plus elle inquiète. Les ETF (exchange-traded funds) obligataires pèsent plus de 500 milliards de dollars. Leur taille a plus que doublé en cinq ans. Le problème est que la liquidité sur le marché s’est dégradée, ce qui fait craindre des mouvements violents. « Ce marché, qui n’a pas encore été testé en cas de forte correction, n’est pas équipé pour faire face à des sorties massives », prévient Oksana Aronov, responsable de la stratégie de marché et rendement absolue chez JPMorgan AM qui craint des fluctuations équivalentes à celles de 2008 sur le marché crédit. Cette spécialiste note que l’actif sous gestion du Top 5 des ETF obligataires corporate, 106 milliards de dollars, est deux fois plus gros que le stock de titres détenus par les primary dealers. En cas de sortie précipitée, la porte sera étroite. L’inquiétude est d’autant plus grande que ces fonds sont très concentrés : les 10 premiers détenteurs détiennent le plus souvent plus de 30 % des ETF. Le développement des stratégies risk parity accroît ce risque. Pour l’heure, l’apport de liquidité des banques centrales joue le rôle d’amortisseur.