La Chine a convaincu l’Union européenne (UE) de revoir en baisse ses surcapacités dans la sidérurgie, montrent des documents dont Reuters a pris connaissance hier, ce qui fait craindre une attitude trop conciliatrice de Bruxelles vis-à-vis des importations chinoises à bas prix. Différents projets de propositions que la Commission européenne (CE) doit dévoiler aujourd’hui pour protéger une sidérurgie européenne en difficulté montrent que les estimations des surcapacités chinoises ont été revues en baisse de près de 20%. Cette révision a ramené les estimations de 400 millions de tonnes initialement à 350 millions puis à 325 millions dans le projet le plus récent. Même si l’UE a infligé des droits anti-dumping à plusieurs sidérurgistes chinois, leurs concurrents européens, dont la production annuelle ne représente plus que 170 millions de tonnes, imputent aux Chinois la perte de 20% des emplois du secteur depuis 2008 et craignent encore des fermetures de sites.
Cette mesure interviendrait après une période de reprise du cours du yuan face au dollar à la suite des récents plus bas et de la baisse de la volatilité.
Les exportations chinoises ont connu leur plus forte baisse depuis 2009 en février, d’après les chiffres publiés par l’administration des douanes chinoise, en baisse de 25,4% sur un an, deux fois plus qu’attendu par les analystes. Les importations ont quant à elles chuté de 13,8%, leur seizième mois consécutif de baisse. Le nouvel an chinois, tombé début février cette année, a pesé sur l’activité économique et explique en partie l’ampleur de la baisse. La Chine a enregistré un excédent commercial de 32,59 milliards de dollars sur le mois, environ moitié moins qu’en janvier.
Deux chercheurs de la Banque des règlements internationaux proposent une explication alternative aux flux de capitaux sortant de Chine ces derniers mois.
Les autorités chinoises ont permis à six banques d'émettre pour 50 milliards de yuans d’ABS reposant sur des créances douteuses. D’autres pourraient suivre.
Standard Chartered a enregistré un plongeon de 84% de son profit opérationnel en 2015, à 834 millions de dollars (757 millions d’euros). Conséquence de la hausse de 87% des dépréciations sur créances, cette évolution ne prend pas en compte des coûts de restructurations de 1,8 milliard de dollars, qui ont fait plonger le résultat net avant impôts dans le rouge. la banque britannique Standard Chartered, qui a bouclé en décembre une augmentation de capital afin de regonfler ses ratios de capitalisation, a prévenu s’attendre à une année 2016 difficile. Outre les craintes liées au ralentissement de la Chine et des émergents, Standard Chartered pâtit de son exposition aux matières premières.
Les temps ont été difficiles pour les actions des marchés émergents, mais seule la Chine possède réellement le pouvoir de brouiller les cartes des investisseurs cette année, explique dans une noteLeon Cornelissen,l'économiste en chef de Robeco. «Les hausses des taux d’intérêts dans des pays comme l’Inde et la Turquie dans le but de soutenir leurs devises et de mettre un terme aux flux de capitaux [sortants] ont engendré un effondrement des cours boursiers» analyse-t-il. «Toutefois, les investisseurs [des marchés occidentaux] ne doivent pas craindre des répercussions, car la vraie menace surviendrait si la Chine se heurtait à des difficultés», ajoute-il. Pour l’économiste, l’arrêt progressif du programme d’achats d’actifs (le «tapering») de la Réserve fédérale américaine n’est pas la raison principale de ces sorties de capitaux. Par ailleurs, le ralentissement des pays émergents ne met pas en péril la reprise en cours dans les économies développées, et «l’affaiblissement des devises des marchés émergents contribuera à un rééquilibrage de leurs économies et à une baisse de leurs déficits des comptes courants». En revanche, les choses pourraient changer si les fondamentaux de l'économie chinoise se dégradaient. «Les autorités chinoises ont ralenti récemment la croissance économique dans l’espoir de réduire le prix des logements et de dompter en parallèle le système bancaire. Qui plus est, au dernier congrès du parti communiste, elle a présenté un ambitieux programme de réformes qui, en pratique, réduirait la croissance structurelle. Toutefois, ce qui va finalement se passer demeure incertain», indiqueLeon Cornelissen.