Le marché des changes poursuit sa progression. Selon le rapport triennal de la Banque des règlements internationaux (BIS), la taille du marché a progressé de 30% entre avril 2016 et avril 2019, pour atteindre 6.590 milliards de dollars par jour. Un peu moins de la moitié de ces volumes proviennent des swaps de devises (3.200 milliards), en hausse de 34,6% en trois ans. Les transactions spots (1.987 milliards) ont progressé de 20,2%.
Les dépôts à vue à la Banque nationale suisse (BNS) ont augmenté de près de 4 milliards de francs au cours de la semaine au 16 août, signe que la banque centrale est de nouveau intervenue sur le marché des changes pour freiner l’appréciation de la monnaie helvétique, selon UBS. Les dépôts à vue des banques commerciales ont crû d’environ 10 milliards depuis début juillet. Le franc suisse a atteint la semaine dernière son plus haut niveau de deux ans, à 1,0875 face à l’euro, porté par son statut de valeur refuge. En trois mois, la monnaie unique s’est dépréciée de près de 3,5% face au franc suisse.
Le Japon a averti hier les investisseurs sur le niveau du yen, laissant planer la menace d’une intervention sur le marché des changes si l’appréciation de la devise venait à nuire à son économie fortement exportatrice. La devise nippone a atteint lundi un plus haut de sept mois à 105,78 pour un dollar.Yoshiki Takeuchi, le vice-ministre des Finances en charge des affaires internationales, a fait savoir que Tokyo était en contact régulier avec les autorités à l'étranger pour répondre à une volatilité excessive des taux de change.
La devise s'approche dangereusement du seuil psychologique de 7 pour un dollar, que Pékin s'est efforcé jusqu'à présent de défendre. Mais jusqu'à quand?
Barclays, Citigroup, JPMorgan, RBS et UBS font l’objet d’une plainte en nom collectif au Royaume-Uni de la part d’investisseurs qui leur réclament 1 milliard de livres sterling (1,1 milliard d’euros) suite à des manipulations sur le marché des changes. Déposée devant un tribunal d’appel de Londres chargé des questions de concurrence par le cabinet d’avocats américain Scott+Scott, cette plainte affirme que des investisseurs, notamment des fonds de pension, ont été lésés en bout de chaîne par ces pratiques. Le dépôt de cette plainte survient un peu plus de deux mois après que l’Union européenne a infligé à ces mêmes banques une amende collective de 1,07 milliard d’euros pour s'être entendues sur des opérations de changes entre 2007 et 2013.
Le franc suisse joue à plein son rôle de valeur refuge dans le contexte d’incertitudes actuelles, et se rapproche du seuil de 1,10 contre l’euro, considéré par les cambistes comme le seuil d’intervention sur le marché des changes par la Banque nationale suisse (BNS). Le franc suisse s’est sensiblement plus apprécié contre l’euro que le yen, l’autre grande devise refuge, depuis la fin de la semaine dernière, du fait de flux internes à l’Europe, soulignent divers analystes.