Les actionnaires de la banque autrichienne cotée en Bourse Raiffeisen Bank International (RBI) ont approuvé mercredi l'émission d’actions nouvelles pour une valeur allant jusqu'à 3,4 milliards d’euros au cours actuel. Dans les cinq prochaines années, RBI est libre d'émettre jusqu'à 97,75 millions d’actions nouvelles, ce qui correspondrait actuellement - 35 euros le titre - à 3,4 milliards d’euros. Il y a actuellement 195,5 millions d’actions RBI en circulation. Le PDG de RBI, Herbert Stepic, a répondu aux questions concernant le cours bas de l’action RBI, qui dépassait encore les 40 euros début 2011, en estimant que le marché attendait une augmentation de capital, sans pour autant donner d’indication sur un possible calendrier pour une telle mesure. « Si les marchés progressent beaucoup mieux que nous le prévoyons, nous ferons notre pas en Bourse plus tôt », a simplement déclaré M. Stepic. Il est également resté vague quant au remboursement de l’aide de 1,75 milliard d’euros accordée par l’Etat autrichien durant la crise financière mondiale en 2009. L’assemblée générale a par ailleurs approuvé le dividende pour 2010 fixé à 1,05 euro par titre.
La banque française Crédit Agricole est favorable à un « roll-over » c’est à dire à un renouvellement des obligations grecques lors de leur arrivée à échéance, dans le cadre d’un plan de soutien à la Grèce, mais à condition que tous les acteurs privés y participent, a indiqué mercredi son patron. « Nous pourrions être favorables à un roll-over, un renouvellement des titres de dette arrivés à maturité, solution envisagée dans le cadre de l’initiative de Vienne, à condition que tous les acteurs privés détenant ces titres soient impliqués dans l’opération et pas seulement les banques », a déclaré à Milan Jean-Paul Chifflet, directeur général de la banque. Fin mars, l’exposition directe du Crédit Agricole à la dette de la Grèce atteignait 631 millions d’euros, avait indiqué M. Chifflet en mai. Le scénario du roll-over, comme lors de l’initiative de Vienne qui avait vu les banques autrichiennes maintenir leurs engagements en Roumanie puis en Hongrie et en Lettonie en 2009, a les faveurs de la Commission européenne ainsi que de la France qui sont en revanche fermement opposés à une restructuration de la dette grecque. Berlin veut en revanche aller plus loin et réclame « une contribution chiffrée et substantielle des détenteurs d’obligations à l’effort de soutien » à la Grèce. Les pays de la zone euro ont commencé à discuter d’une aide supplémentaire à la Grèce, qui un an après son sauvetage a de nouveau besoin d’argent frais, a indiqué mercredi soir le président de l’Eurogroupe, Jean-Claude Juncker.
Les agences de notation pourraient réduire d’avantage les notes des banques, ce qui renforcerait dans l’immédiat la pression sur le secteur mais aurait un effet bénéfique à long terme, a estimé dimanche dans une étude la Banque des règlements internationaux (BRI). « L’abaissement des notations dans le secteur bancaire, qui a commencé durant la dernière crise financière, devrait se poursuivre » en raison d’une plus grande attention portée au risque systémique et à la volatilité des établissements financiers, ont estimé les chercheurs de la BRI dans cette étude dont l’AFP a obtenu une copie. « Réduire la notation des banques pour ces raisons pourrait accentuer la pression sur le secteur à court terme, mais les placerait à long terme sur le chemin d’un profil de risque durable », ont-ils souligné. Car, si dans l’immédiat une plus mauvaise note réduit la capacité d’emprunt des banques, cette tendance renforcerait la discipline du secteur en alignant les risques pris par les établissements avec leur capacité à lever des fonds. « Cela conduirait à un secteur bancaire plus sain à long terme », ont insisté les chercheurs de la BRI. Les grandes agences de notation (Moody’s, Standard & Poor’s et Fitch) ont été critiquées pour ne pas avoir anticipé la crise financière qui a démarré en 2007 avec la bulle spéculative des prêts hypothécaires américains de mauvaise qualité, les « subprime ». Elles n’ont également pas été en mesure d’identifier les établissements particulièrement exposés à ces produits financiers, a souligné l’institut d'émission. Dans leur étude, les chercheurs de la BRI ont compilé les notations de 70 grandes banques avant la crise financière et après, soit entre la mi-2007 et à partir d’avril. Les spécialistes en ont conclu que les agences de notation appliquaient des modèles de notation très variés. Ainsi, dans seulement 8% des cas analysés, les agences ont attribué la même note, ont-ils relevé. Ils ont également souligné la différence régionale des notations. Alors que les notes des banques ont été fortement réduites en Europe et aux Etats-Unis, elles ont très peu, voire pas du tout, abaissées pour les établissements financiers dans la région Asie-Pacifique.
L’Union européenne a « rassuré » les Etats-Unis sur sa volonté de mettre en oeuvre intégralement les accords dits de Bâle III destinés à renforcer la solidité financière des banques, a affirmé jeudi le Trésor américain. Le commissaire européen au Marché intérieur et aux Services, Michel Barnier, a rencontré à Washington le secrétaire au Trésor Timothy Geithner, et celui-ci « a été rassuré par l’engagement de M. Barnier à mettre en oeuvre les accords de Bâle intégralement et dans les temps prévus », a indiqué une porte-parole du ministère. M. Barnier avait redit vendredi son intention de transposer pleinement dans la législation de l’UE l’accord de Bâle III. « L’Union européenne mettra en oeuvre, comme elle l’a toujours fait, et comme elle a souvent été la seule à le faire, l’accord de Bâle, en respectant pleinement son niveau d’ambition et son équilibre », avait-il dit à l’occasion d’une mise au point après la parution d’articles de presse affirmant que l’UE s’orientait vers une application laxiste de cet accord. La remarque de M. Barnier faisait aussi référence au fait que les Etats-Unis n’ont toujours pas intégralement transposé dans leur législation nationale les accords précédents dits de Bâle II (sur la convergence internationale de la mesure et des normes de fonds propres) alors que cela devait être fait avant 2008. Conclu en septembre sous l'égide du Comité de Bâle sur le contrôle bancaire (CBCB), qui réunit les régulateurs bancaires des principales économies de la planète, l’accord de Bâle III impose entre autres un relèvement du ratio de fonds propres durs (capital social et bénéfices mis en réserve) de chaque banque à 7% du total des crédits qu’elle a alloués. La porte-parole du Trésor a indiqué par ailleurs, sans plus de précision, que la rencontre entre MM. Barnier et Geithner avait permis de « souligner l’engagement total de l’UE et des Etats-Unis à aligner leurs réglementations des produits financiers dérivés ».
D’après le Financial Times, de nombreuses banques européennes pourraient se soustraire à une partie des exigences des nouvelles règles de Bâle III grâce à leur filiale assurance. Un projet de directive européenne pourrait permettre aux banques de l’Union Européenne d’intégrer davantage de capital de leurs filiales d’assurances que ne l’autorisent les règles mondiales édictée par le comité de Bâle. « Les plus grands établissements financiers français, dont la Société Générale et BNP Paribas, ainsi que la britannique Lloyds Banking Group ont des filiales d’assurance. Ils bénéficieraient de manière disproportionnée de l’exception » faite aux recommandations du comité de Bâle, écrit le Financial Times.
Le commissaire européen chargé des services financiers, Michel Barnier, a réaffirmé vendredi son intention de transposer pleinement dans la législation de l’UE le récent accord de Bâle III sur les fonds propres des banques. « L’Union Européenne mettra en oeuvre, comme elle l’a toujours fait, et comme elle a souvent été la seule à le faire, l’accord de Bâle, en respectant pleinement son niveau d’ambition et son équilibre », a-t-il dit. Le comité de Bâle, qui réunit banquiers centraux et régulateurs financiers, s'était prononcé en septembre pour renforcer les fonds propres des banques, et notamment porter progressivement d’ici fin 2018 leur ratio minimal de fonds propres « durs » (actions et bénéfices mis en réserve) à 7% contre 2% actuellement. Les grandes économies industrialisées et émergentes du G20 se sont déclarées prêtes à mettre en oeuvre ces nouvelles règles, dites de « Bâle III ». L’UE va le faire dans le cadre d’une révision de sa directive sur les fonds propres, dite CRD4, que la Commission européenne prépare pour début juillet. Michel Barnier a justifié sa mise au point par des articles de presse affirmant que l’UE s’orientait vers une application pas assez stricte de cet accord, et prévenu qu’il n'était « pas impressionné par les campagnes de lobbying successifs ». « Il y a quelques mois, certains nous annonçaient que nous allions tuer dans l’oeuf la reprise économique en imposant des règles trop dures au secteur bancaire. Aujourd’hui, d’autres nous disent que ces mêmes règles ne sont pas assez rigoureuses, qu’elles ne respectent pas l’accord de Bâle et que nous ne tirons donc pas les lecons de la crise », a-t-il poursuivi. « Les deux critiques sont infondées et factuellement fausses », a-t-il insisté. « Ces procès d’intention ne changent rien à ma détermination ». Publié par l’AFP
L’agence de notation Fitch estime, dans un rapport publié lundi 16 mai 2011, que la note des six grandes banques françaises exposées au risque grec n’est pas menacée de dégradation et qu’elles conservent toutes à ce stade une perspective stable tout en restant suivies de près. A ce stade, Fitch ne s’attend à aucune action sur la notation de ces banques en raison de leur seule exposition à la Grèce, a souligné Fitch, dans un communiqué. Les six groupes bancaires examinés par l’agence de notation, BNP Paribas (AA-/stable), Crédit Agricole (AA-/stable), CM10-CIC du groupe Crédit Mutuel (AA-/stable), La Banque Postale (AA-/stable), Société Générale (A+/stable), groupe BPCE (A+/stable), conservent leur perspective stable à long-terme. Principalement à cause de sa filiale de banque de détail locale Emporiki, le Crédit Agricole est la plus exposée des banques françaises au risque grec, à hauteur de 24,5 milliards d’euros, relève Fitch. Mais cette exposition concerne, pour 23,9 milliards, des créances privées, dont 21,3 sont des prêts. L’exposition de Crédit Agricole à la dette de l’Etat grec se limite à 600 millions d’euros. BNP Paribas et la Société Générale sont toutes deux exposées à hauteur de 8 (dont 5 aux obligations grecques) et 6,2 milliards d’euros (2,7 pour les titres d’Etat grecs) respectivement, tandis que BPCE, La Banque Postale et CM10-CIC le sont pour moins de 2 milliards chacune. Le risque de réputation et les conséquences indirectes sur les coûts de financement des banques sur les marchés de détail demeurent pour ces banques françaises les plus exposées au risque grec, a expliqué Eric Dupont, directeur au sein de l'équipe des institutions financières de Fitch. Fitch suit de près l’exposition des banques françaises à la Grèce, sans avoir jusque-là abouti à une quelconque action sur la notation, a-t-il ajouté.