Sanctionnée lourdement hier en Bourse pour la baisse inattendue de son chiffre d’affaires, HSBC a aussi avoué ses difficultés dans un autre domaine : la gestion de fortune. Au quatrième trimestre, le géant britannique a décidé de déprécier l’intégralité des écarts d’acquisition résiduels qu’il portait sur sa banque privée en Europe, soit 2,4 milliards de dollars (2,28 milliards d’euros). Une charge qui s’ajoute aux 800 millions de dépréciations passées à fin juin 2016 sur cette division. Cette écriture comptable reflète à la fois l’histoire de HSBC et les tendances lourdes qui pénalisent aujourd’hui la banque privée. Outre le CCF, le groupe a hérité ses survaleurs du rachat, en 1999, de Republic New York et de Safra Republic, la banque fondée par Edmond Safra, pour 10,2 milliards de dollars. Chèrement payée, la cible l’avait fait à l’époque doubler de taille dans ce métier. Mais elle lui a aussi apporté, bien des années après, une flopée de litiges. Republic/Safra a formé le socle des activités de HSBC Private Bank à Genève, qui s’est retrouvée au cœur des accusations d’aide à l’évasion fiscale. Le scandale a culminé avec la révélation des SwissLeaks en 2015. Le groupe traîne toujours son boulet : il a révélé hier dans son rapport annuel faire l’objet d’une enquête de la FCA britannique pour d’éventuelles défaillances dans la lutte antiblanchiment. 15% DE SES ENCOURS PERDUS EN UN AN Entretemps, HSBC a entrepris de nettoyer ses portefeuilles de clients et de sortir de nombreux pays, comme Monaco en octobre dernier. De quoi peser sur les perspectives de l’activité. Au niveau mondial, la banque privée du groupe a perdu 15% de ses encours en un an, à 298 milliards de dollars, et ses revenus ajustés ont fondu de 11% à 1,8 milliard. La décollecte a atteint 17 milliards en 2016, même si HSBC se flatte de flux positifs sur les marchés qu’elle cible (Royaume-Uni, Hong Kong…). « La réduction des prévisions de cash-flows est due au repositionnement en cours de l’activité et à de moindres attentes de collecte et de rentabilité des actifs », souligne le groupe pour expliquer la dépréciation de ses goodwills. Mais toutes les banques privées sont logées à la même enseigne. Les revenus sont sous pression en raison des taux bas, de la lutte contre l'évasion fiscale et l’argent sale, et de la prochaine entrée en vigueur de la directive MIF2. Les coûts de structure, eux, ne pourront rester à de tels niveaux. En témoigne le vaste plan de départ à l’étude chez Neuflize OBC.