Les Chinois ne s’embarrassent pas de finesses dans leurs argumentaires commerciaux. Alibaba propose tout simplement « santé et bonheur » à ses clients, en leur vendant un système de santé en ligne. De même, Ping An, l’assureur leader mondial par la taille, développe des consultations en ligne étayées par l’intelligence artificielle et Tencent, autre géant des services internet et mobiles de l’Empire du Milieu, a mis au point une offre similaire. Comme le relève une étude récente de Credit Suisse, ces offres prétendent répondre à un vrai besoin, dans un pays vieillissant où l’on compte 18 médecins pour 10 000 habitants, contre, par exemple, 42 pour la Suisse et l’Allemagne. Les trois quarts des employés des villes souffrent de nausées, fatigue chronique… Autant de données rassemblées par les vendeurs de remèdes et d’assurance, qui vont rapidement tenir la population des malades à leur merci. Nous nous estimons encore, en Occident, à l’abri de ces conflits d’intérêt. Mais pas plus en Chine qu’ici, la prévention ne mobilise les responsables publics ou privés…