Le processus de consolidation en cours dans l’industrie financière helvétique s’accélère, selon le dernier baromètre des banques EY 2016. En effet, 86 % (79 % en 2015) des sondés s’attendent à une nette diminution du nombre d’établissements bancaires en Suisse d’ici à 2020. Le réseau de filiales sera également réduit : 85 % (76 % en 2015) des banques s’attendent à une baisse significative du nombre de leurs succursales. « Depuis 2010, plus de 60 établissements ont disparu du paysage bancaire helvétique et plus de 200 filiales ont été fermées. Il faut s’attendre à ce que des dizaines d’autres banques ne survivent pas aux changements structurels faute de moyens pour poursuivre leur développement. L’élimination des problèmes hérités du passé s’accompagne d’une diminution des incertitudes en termes de reprises. Il en résultera une nouvelle accélération du processus de consolidation au cours des deux années à venir », affirme Olaf Toepfer, Partner et responsable Banking & Capital Markets chez EY Suisse. Les banques ont à nouveau dégagé des résultats satisfaisants dans un contexte économique difficile. Parmi les entreprises interrogées, 81 % (88 % en 2015) jugent la marche de leurs affaires opérationnelles positive ou assez positive. Elles envisagent en revanche l’avenir avec un peu plus de retenue : seules 75 % (84 % en 2015) d’entre elles s’attendent à des résultats en hausse au cours des douze mois à venir. Les banques reconnaissent que le processus de transformation structurelle ne peut se faire sans coûts, mais qu’il exige des investissements ciblés. Cela se reflète dans les besoins accrus de personnel : 33 % (24 % en 2015) des banques souhaitent créer de nouveaux postes au cours des douze mois à venir, ce qui constitue le taux le plus élevé des cinq dernières années. Cependant, « la tendance à l’augmentation des effectifs ne se maintiendra pas longtemps. Au contraire, le sourcing et les programmes structurels en vue de l’amélioration de l’efficacité conduiront à moyen terme à la délocalisation d’emplois ou à des suppressions de postes du fait de l’automatisation croissante des tâches », explique Olaf Toepfer. Les banques encouragent l’industrialisation et le sourcing des processus d’affaires ; 89 % (92 %) d’entre elles estiment que ce thème va gagner en importance ces prochaines années. La tendance vers une plus grande transparence fiscale se poursuit. Cependant, 66 % (69 %) des banques affirment n’avoir pas enregistré de reflux de capitaux significatifs ; cette proportion n’est que de 53 % parmi les banques privées. « De nombreuses banques sont en mesure de compenser largement les reflux de capitaux par l’entrée de nouveaux fonds. La place bancaire suisse parvient toujours à attirer de nouveaux fonds en quantités substantielles. Précisément en période de forte volatilité, la sécurité et la stabilité caractéristiques de la place financière sont très demandées », précise Marco Amato, Partner Wealth & Asset Management chez EY Suisse. Dans de nombreuses branches, la numérisation est le principal moteur du changement. Les banques ont, elles aussi, identifié le potentiel à long terme offert par cette nouvelle technologie, mais pour l’heure, seul un tiers des établissements interrogés a défini une stratégie en matière de numérisation. Et seuls 27 % des sondés pensent que le secteur financier connaîtra des changements radicaux du fait de l’évolution technologique. Selon une majorité de 67 %, la numérisation ne sera finalement utilisée que sous la forme de canaux de distribution supplémentaires. « Les banques ont identifié le potentiel à long terme de la numérisation, mais ne sont visiblement pas pleinement conscientes des avantages que cette technologie peut apporter concrètement à l’industrie financière en termes de création de valeur. Et bon nombre de banques n’ont probablement pas encore suffisamment d’imagination, d’idées et d’esprit d’initiative pour s’intéresser aux innovations structurelles au cœur de la chaîne de création de valeur », estime Marco Amato.