En 2010, l’AFG entend se mobiliser autour de quatre grandes chantiers : les travaux réglementaires européens, le renforcement de la chaîne «recherche, innovation et création» de sociétés innovantes, la réforme des retraites et enfin la poursuite de la modernisation des règles de déontologie et la formation.Dans cet ensemble, les chantiers européens occupent une place à part, plusieurs d’entre eux devant être finalisés cette année. Il s’agit notamment de la mise en œuvre de UCITS IV qui devrait entrer en application à la mi-2011. La Commission, sur la base des recommandations du CESR, doit édicter des mesures d’exécution détaillées. La profession suit de très près les travaux en cours, et prend une part active aux réflexions de place, notamment au sein d’un groupe de travail AMF, afin de bien évaluer les conséquences de ce texte et d’en tirer tous les bénéfices.Autre chantier en cours, le projet de directive AIFM qui devrait être adopté dans le courant de l’année. Malgré les améliorations déjà apportées à une copie au départ très médiocre, «ce projet manque encore de cohérence», a estimé hier à l’occasion d’un point de presse le président de l’AFG, Paul-Henri de La Porte du Theil. L’AFG a identifié quatre voies d’amélioration. Tout d’abord, l’association milite pour une plus grande cohérence entre la directive et les textes existants, notamment la directive OPCVM dont la pertinence n’est plus à démontrer. Ensuite, le champ de la directive devrait être clarifié, avec une véritable prise en compte des spécificités de certains types de gestion (capital investissement, immobilier). Troisième point, il faudrait mieux définir les responsabilités du dépositaire et enfin, il conviendrait de lever les restrictions à l’investissement des fonds de fonds européens dans des fonds de pays tiers. Par ailleurs, dans le cadre de l'évolution jugée «très satisfaisante» de l’architecture de la supervision financière en Europe, l’AFG estime que l’autorité issue du CESR, l’ESMA (Autorité européenne des marchés financiers), qui aura en charge la surveillance des marchés et l’asset management, devrait être plus présente au sein du Comité européen du risque systémique (CRSE). En outre, l’AFG devrait être pour sa part plus impliquée auprès de l’ESMA qui devrait avoir une gouvernance intégrant les stakeholders dans sa prise de décision. Même remarque pour l’Eiopa - l’Autorité européenne des assurances et des pensions professionnelles - qui doit remplacer le Ceiops - Committee of European Insurance and Occupational Pensions Supervisors. «Il faut que l’industrie de la gestion y soit bien représentée puisque les sociétés de gestion sont des fournissseurs de produits», souligne Pierre Bollon qui enfonce le clou : «Il faut que le buy-side soit pris en compte dans toutes ces nouvelles instances».Enfin, la révision de la directive MIF constitue un enjeu législatif majeur des prochains mois. En attendant la publication du rapport Fleuriot à la fin du mois, l’AFG milite pour davantage de transparence, plus de vérité sur les prix et une limitation à l'éparpillement des lieux de cotation qui a contribué à la fragmentation de la liquidité. Sur le dossier de la réforme des retraites, l’AFG veut être une force de proposition. Trois axes principaux animent la réflexion de l’association. Il faudrait tout d’abord renforcer et étendre l'épargne salariale et le Perco. Il faut aussi compléter l’offre avec un produit individuel géré selon les principes de la gestion pour compte de tiers. Enfin, il faudrait développer l'épargne longue avec de nouveaux instruments, intermédiaires entre les OPCVM et le capital-risque…
Selon Les Echos, Bernard Spitz, le président de la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA), estime que l’assurance, qui a renoué l’an dernier avec la croissance, peut être l’un des piliers essentiels de la sortie de crise à une condition: que l’épargne longue, et donc l’assurance vie, soit favorisée. La FFSA continue de limiter en faveur d’une modification fiscale favorisant l’allongement de la durée des contrats. Son idée est simple: rajouter un étage dans le dispositif, en exonérant d’impôt sur le revenu, à compter du 1 erjuillet 2010, les contrats d’assurance-vie d’une durée supérieure ou égale à 12 ans. L’assurance-vie représente plus de la moitié des 2.416 milliards d’euros d'épargne longue en 2009 - 51%, et même 56% épargne retraite comprise -, souligne la FFSA. L’an dernier, la collecte nette en assurance-vie s’est élevée à 51,1 milliards (y compris sur les unités de compte), en forte hausse (+80%) après les trous d’air du dernier trimestre 2008.
Selon L’Agefi suisse, la Suisse et Singapour sont tombés d’accord pour l’application des normes de l’OCDE sur le secret bancaire, au cours d’une rencontre à Berne entre la ministre suisse des Affaires étrangères Micheline Calmy-Rey et son homologue singapourien George Yeo. Les deux ministres ont souligné que pour leurs pays «disposant de places financières d’envergure, il importe que les standards de l’OCDE relatifs à l’échange de renseignements fiscaux soient appliqués systématiquement et de la même manière par tous les Etats membres».
Selon L’Agefi suisse, Luc Thévenoz, directeur du Centre de droit bancaire et financier, estime que dans le sillage de la disparition de la distinction entre évasion et fraude fiscale, l’échange d’informations dans les cas d’évasion est jugé «inéluctable». Il s’agit d’un «changement profond qui n’impliquera pas une baisse des activités de gestion pratiquées sur la place financière suisse, mais qui aura un effet significatif sur les prix des prestations et les revenus des institutions». Car la place suisse vient de perdre deux rentes de situation : outre la dimension fiscale du secret bancaire, la stabilité monétaire n’est plus l’apanage exclusif de la Suisse. Il ne sera plus possible dans ce contexte de facturer des honoraires aussi élevés que par le passé.
Les cinq commissaires de la SEC devraient voter mercredi soir sur un projet obligeant les fonds monétaires à déclarer les petites fluctuations autour du dollar de leur valeur liquidative, une fois par mois et avec un délai de 60 jours, selon les proches du dossier. Cela fait écho, selon The Wall Street Journal, au traumatisme provoqué par le fait qu’en 2008, après l’effondrement de Lehman Brothers, le Reserve Primary Fund avait été le premier à «break the buck», c’est-à-dire à descendre en-dessous de 1 dollar par part.
Le gouvernement allemand s’oriente vers la création d’un fonds de stabilité exclusivement financé par le secteur bancaire, rapporte l’Agefi, à l’image de ce qu’il existe en Suède où les banques sont obligées de verser une taxe spéciale pour alimenter un fonds de prévention. Angela Merckel, plus prudente, estime qu’il existe «plusieurs modèles» dont l’Allemagne pourrait s’inspirer. Un projet de loi doit être présenté au plus tard pour le prochain sommet du G20 qui se tiendra en juin au Canada, note le quotidien.
Voici quelques jours, l’Autorité de surveillance des services financiers (BaFin) a soumis à consultation un projet de circulaire réglant plus clairement les missions et les obligations des banques dépositaires, rapporte la Börsen-Zeitung. Les parties prenantes ont jusqu'à début février pour adresser leurs avis à la BaFin. Dans quelques mois, la nouvelle circulaire aura effet de loi.
Selon Les Echos, les députés préparent une série d’amendements sur la taxe de 50% sur les bonus des traders supérieurs à 27.500 euros. Le Nouveau Centre en a déjà déposé plusieurs pour que «la taxe sur la rémunération des traders remplisse ses véritables fonctions: modifier durablement leurs comportements et leurs rémunérations». Le groupe veut que les traders subissent aussi la taxe qui pèse uniquement sur l’employeur dans le schéma gouvernemental, mais aussi qu’elle porte sur l’ensemble de leurs rémunérations pour éviter un relèvement de la part fixe. Charles-Amédée de Courson (Nouveau Centre) préconise en outre de pérenniser la taxe au-delà de 2010 et de faire en sorte qu’elle ne soit pas déductible de l’impôt sur les sociétés pour les établissements.
Les missions et les responsabilités des dépositaires sont l’un des enjeux centraux de la directive sur les gestionnaires de fonds alternatifs (AIFM) en cours de discussion au Parlement et au Conseil des ministres, rappelle l’Agefi. A ce titre, 1.300 amendements ont été déposés qui devront être examinés par le Parlement dans les semaines à venir. Le Parlement et la Commission entendent faire des fonds alternatifs le banc d’essai de la révision à l'étude du régime des dépositaires d’OPCVM ajoute le quotidien. Un projet législatif pourrait être présenté à ce sujet dès cet été, peu après l’adoption de la directive AIFM.
Après la scission de Bradford & Bingley et la nationalisation de son portefeuille d’actifs dépréciés en 2008, les autorités du Royaume-Uni ont notifié un plan de liquidation de la banque. Les mesures prises ont été jugées adéquates par la Commission européenne, lundi 25 janvier, et nécessaires pour assurer la liquidation ordonnée de la banque tout en veillant à préserver la confiance des créanciers dans le système financier et de remédier à une perturbation grave de l’économie du Royaume-Uni. Bradford & Bingley proposait des crédits hypothécaires et des produits d'épargne spécialisés. En septembre 2008, la banque s’est trouvée en difficulté en raison de sa dépendance à l’égard des financements de gros et de son portefeuille de prêts à risque, et s’est vu retirer sa licence d’acceptation des dépôts par la Financial Services Authority La période de liquidation s’étend sur plus de dix ans. «Néanmoins, précise la Commission européenne, dans la mesure où la banque a cessé ses activités sur le marché, les distorsions de concurrence sont limitées. La liquidation pourra être accélérée par la vente des actifs restants lorsque les conditions du marché s’amélioreront.»
L’Association internationale de la gestion alternative (AIMA) a exprimé sa préoccupation sur les propositions formulées par le président Barack Obama visant à limiter les investissements des banques commerciales dles hedge funds et le capital-risque.Andrew Baker, CEO de l’association, indique dans un communiqué que l’AIMA attend d’avoir davantage de précisions pour se prononcer. Bien que les propositions puissent créer des opportunités pour l’industrie des hedge funds, «nous sommes préoccupés par la possibilité que la liquidité sur les marchés soit réduite et que la relation avec les prime brokers soit sérieusement affectée».Le communiqué rappelle que l’industrie a développé un contrôle des risques très efficace et qu’elle a accepté de se soumettre à davantage de transparence, tant auprès des investisseurs que des autorités de tutelle. Ce qui explique le retour en grâce des hedge funds, qui enregistrent à nouveau des flux nets de souscription.
Selon les Echos, la Securities and Exchange Commission envisagerait de limiter une nouvelle fois le champ d’application des ventes à découvert. Brian Hyndman, le vice-président chargé des transactions chez Nasdaq OMX Group, interrogé par Bloomberg, laissait entendre que la réglementation exigerait que les ordres soient exécutés au-dessus de la meilleure offre dans le marché si les titres chutent de 10% en un jour. Du coup, les vendeurs à découvert seraient contraints d’attendre une remontée des cours pour que leurs ordres aient une chance d'être exécutés. Ce qui n’est pas dans l’esprit de la pratique, qui consiste à vendre des titres sur le marché dans l’espoir de les racheter à un prix plus bas et ainsi d’empocher la plus-value.
Selon The Wall Street Journal, la Securities and Exchange Commission et l’US District Judge Jed S. Rakoff de Manhattan ont demandé par courrier à Raj Rajaratnam et à ses co-défendeurs dans un procès au civil de leur fournir les bandes d’enregistrement (wiretapes) qui leur ont été remises par le Parquet de Manhattan dans le cadre de la procédure au pénal.
L’Autorité des marchés financiers a annoncé le 22 janvier la publication d’une position relative aux offres au public de titres financiers à vocation principale de déductibilité fiscale (ISF ou IR) soumises au visa de l’AMF.L’AMF rappelle que la loi TEPA1, prévoit une réduction de l’ISF pour encourager l’investissement dans les PME non cotées sur un marché réglementé. L’investissement peut être soit direct, via l’entrée au capital de PME non cotées, soit indirect, via l’entrée au capital d’une société holding (« holding ISF ») ou via la souscription de parts de FIP, FCPI ou de FCPR. L’AMF est concernée par ce dispositif fiscal en raison de la délivrance de visas à des holdings ISF, de l’octroi d’agréments aux FIP, FCPI et FCPR ou encore en raison du recours au démarchage bancaire ou financier auprès des clients investisseurs. Ce dispositif fiscal a été reconduit en 2010 et de nouvelles holdings sollicitent aujourd’hui le visa de l’AMF. Par ailleurs, de nouvelles règles ont été instaurées en matière d’information préalable des souscripteurs et de commercialisation (notamment encadrement des frais). L’AMF a ainsi souhaité préciser dans une position la notion d’offre au public et ses modalités pratiques ; les principaux éléments d’information relatifs à l’émetteur qui doivent figurer dans le prospectus et la documentation professionnelle ; enfin, les schémas de commercialisation de ces produits.
Par un arrêt du 21 janvier publié vendredi, la première chambre du Tribunal administratif fédéral (TAF) a jugé recevable le recours d’une contribuable des Etats-Unis contre la décision de l’Administration fédérale des contributions (AFC) de transmettre ses données bancaires aux autorités fiscales des Etats-Unis (IRS) dans le cadre de la procédure d’entraide administrative relative au cas UBS. Il s’agit «de la décision pilote concernant des comportements délictueux graves et durables». L’arrêt du TAF, prononcé en dernière instance, n’est pas susceptible de recours auprès du Tribunal fédéral.Pour le TAF, l’entraide administrative ne peut être fournie que dans les cas de comportement frauduleux, mais il était reproché dans l’espèce à la demanderesse d’avoir omis de déclarer des sommes, ce qui n’est pas constitutif d’une fraude.Le 19 août 2009 la Confédération helvétique et les Etats-Unis d’Amérique ont conclu l’Accord relatif à l’UBS (Accord 09). Dans cet accord, la Suisse s'était engagée à traiter la demande d’entraide administrative des Etats-Unis concernant quelque 4.450 comptes ouverts ou clos en fonction de quatre catégories définies dans l’annexe à l’accord et sur la base de la convention de double imposition Suisse-Etats-Unis. Mais «en application de la Convention de Vienne sur les droits des traités, le TAF est arrivé à la conclusion que l’Accord 09 représente un accord amiable qui ne peut ni modifier ni compléter la convention de double imposition Suisse-Etats-Unis».
Le Comité de Bâle a publié le 22 janvier une méthodologie d'évaluation des pratiques en matière de rémunérations («Compensation Principles and Standards Assessment Methodology»).Selon le communiqué du Comité de Bâle, la méthodologie fournit une boîte à outils complète à destination des superviseurs pour évaluer les pratiques en matière de rémunération. Elle est structurée autour de trois grands thèmes : la gouvernance effective des rémunérations, l’alignement des rémunérations sur une prise de risque prudente et enfin, la surveillance des régulateurs et l’engagement des parties prenantes.
Le Comité de stabilité financière (FSB) estime dans un communiqué publié ce week-end que «les propositions des Etats-Unis font partie des options et des approches étudiées par le Comité pour résoudre les risques d’aléa moral posés par les établissements trop importants pour faire faillite». Parmi les autres options évoquées actuellement au sein du FSB pour régler ce problème figurent notamment les fonds propres, l’effet de levier, la liquidité, l’amélioration de l’approche des superviseurs, la simplification des structures des banques mais aussi des infrastructures financières pour réduire les risques de contagion. Le Comité précise que ses travaux, lancés à l’automne dernier, déboucheront sur des recommandations qui seront présentées aux membres du G20 en octobre 2010. Entre-temps, il publiera un rapport intérimaire juste après le sommet du G20 de juin.
Selon Les Echos, une étude réalisée par A. Gavazza et L. Stern de la School of Business de New York montre que les asset managers qui offrent un nombre plus important que les autres de fonds gagnent, proportionnellement, une plus forte part de marché, en tout cas sur le segment des particuliers. En effet, une société qui augmente de 10 % son nombre de fonds voit ses actifs totaux progresser de 12,8 % et de 13,7 % quand elle augmente de 10 % les catégories de produits (actions internationales, émergentes…) qu’elle propose aux clients particuliers. Ces effets sont les plus forts sur les fonds investis en actions. Sur le segment institutionnel, c’est une tout autre histoire puisqu’une société qui accroîtrait de 10 % le nombre de fonds à destination de ce type d’investisseurs verrait ses actifs progresser de seulement 8,7 %.
Dans l’attente de précisions sur le projet de Barack Obama, la société Preqin cité par l’Agefi note que « l’investissement en direct des banques américaines dans les hedge funds est relativement peu significatif, représentant 0,9% (environ 10 milliards de dollars) de l’ensemble des capitaux engagés par les investisseurs américains» Et côté fonds d’investissement, «9% des capitaux sont investis par les banques aux Etats-Unis». Pour autant, la société d’analyse et d’information note que «les restrictions des banques sur la gestion des fonds de fonds va affecter les centaines de fonds (américains et internationaux) adossés aux fonds de fonds filiales de banques américaines, mais également les centaines d’investisseurs institutionnels ayant investi leurs actifs dans ces fonds.
Dans un article de la Tribune, Patrick Fauchier créateur de la société de gestion Fauchier Partners, spécialisée dans la gestion de fonds de hedge funds, note que l’une de ses satisfactions est de ne jamais avoir été impliqué dans un scandale. Il raconte également qu’un ami lui avait conseillé d’arrêter de parler négativement d’un gérant car il pourrait l’attaquer pour diffamation. «Ce gérant était Madoff», se souvient Patrick Fauchier.