Moody’s a publié le 26 février son évaluation du cadre juridique qui régit le secteur des covered bonds français. Dans son appréciation des caractéristiques de ce cadre juridique, Moody’s met en exergue un certain nombre de points forts qui plaident en faveur du nouveau dispositif. Les émetteurs de covered bonds français sont des institutions spécialistes du crédit avec des activités commerciales restreintes légalement. Leur structure les aiderait à fonctionner de manière autonome au cas où leur société mère ou leur soutien financier ne pourraient plus honorer leurs paiements. Les prêts adossés à de l’immobilier commercial ne sont pas admissibles pour les émetteurs de Sociétés de Financement de l’ Habitat (SFH) . Ces prêts présentent généralement des risques de crédit plus élevés. Autre point positif relevé par l’agence, le Contrôleur Spécifique pour les fonds de covered bonds assure une surveillance indépendante, avant et après le défaut de paiement du sponsor et / ou de l'émetteur.Le cadre juridique exige également que les émetteurs maintiennent une couverture de liquidité de 180 jours, ainsi qu’une provision permettant aux émetteurs de passer des accords de rachat avec la Banque de France équivalent à jusqu'à 10% de leurs covered bonds.Moody’s relève toutefois quelques faiblesses, notamment que, pour les sociétés de crédit foncier (SCF) , il n’y a pas de limites légales pour les concentrations de débiteur seul ou les types de biens immobilier inclus dans le fonds de covered bonds, ce qui accroît potentiellement le risque de crédit pour les prêts immobiliers commerciaux et augmente l’exposition aux prêts à la construction.Le minimum légal de surdimensionnement est déterminé uniquement sur une base nominale, sans contraintes liées à la valeur actuelle nette. Enfin, il n’y a pas de mécanismes spécifiques dans la loi pour la gestion du risque de change.
La banque UBS est prête à payer entre 180 et 200 millions d’euros au fisc allemand pour échapper à des poursuites liées à son rôle dans l'évasion fiscale pratiquée par des Allemands, selon le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung.La banque «se prépare» à devoir s’acquitter d’une somme de cet ordre, écrit le journal sur la foi de «sources financières». Ce serait «la plus forte pénalité jamais payée par une banque en Allemagne pour complicité d'évasion fiscale», précise le Süddeutsche Zeitung. Le montant exact fait l’objet de négociations serrées entre les autorités allemandes et la banque, précise le journal.Pour mémoire, l’Etat régional de Rhénanie du Nord-Westphalie avait acheté en 2012 un CD de données sur des fraudeurs allemands du fisc, dont une partie avaient placé leur argent chez UBS en Suisse. Au total, ce sont quelque 20 milliards de francs suisses d’avoirs non taxés que des ressortissants allemands pourraient avoir placé auprès d’UBS, selon le Süddeutsche Zeitung.
Les nouvelles mesures relatives aux titrisations italiennes devraient réduire le risque de contrepartie des opérations de titrisations nationales, rapporte L’Agefi. Un des changements apportés les plus importants est la ségrégation des actifs destinés au remboursement du principal et des intérêts d’une transaction. De cette façon, des analystes considèrent que même en cas de faillite de la banque (dépositaire), les fonds présents sur le compte du SPV lui seront transférés, réduisant ainsi considérablement le risque de contrepartie. Des incertitudes demeurent cependant sur le statut des comptes ségrégués dans le cadre de la directive sur la résolution des banques. Ce qui pourraient signifier que l’exposition aux banques n’est pas totalement réduite, a cependant mis en garde l’agence de notation Fitch dans une note publiée mi-février.
Brady Dougan, patron du numéro deux bancaire suisse Credit Suisse, va témoigner mercredi 26 février devant une sous-commission du Sénat américain, rapporte L’Agefi suisse. Il sera entendu dans le cadre du conflit fiscal avec les Etats-Unis. Brady Dougan sera accompagné à l’audience par son juriste en chef Romeo Cerutti et par les deux responsables de la division Banque privée et Gestion de fortune, Hans-Ulrich Meister et Robert Shafir. Des représentants du ministère américain de la justice témoigneront également devant la sous-commission.
La China Securities Regulatory Commission (CSRC) a fusionné huit départements en seulement quatre et en a créé quatre afin de répondre aux évolutions à grande vitesse des marchés des capitaux et du secteur de la gestion d’actifs, rapporte Asian Investor.Les nouveaux départements sont : l’investissement obligataire, les activités novatrices, les fonds d’investissement privés et la lutte contre les abus de marché. Parallèlement, les deux départements dédiés à la supervision des sociétés cotées ont été fusionnés, ainsi que les deux départements dédiés à la supervision du marché des futures. Egalement regroupées les divisions dédiées à la supervision des fonds et des intermédiaires, et les deux divisions supervisant les introductions en Bourse et les entreprises de croissance.Le régulateur ne donne pas de calendrier spécifique pour la mise en œuvre effective de cette restructuration, indiquant simplement qu’il va s’efforcer de donner «dès que possible» des précisions sur les responsabilités de chaque nouveau département.
La banque britannique HSBC a précisé lundi 24 février, lors de la présentation de ses résultats annuels, sa stratégie de contournement des nouvelles règles européennes en matière de bonus à compter de cette année, rapporte L’Agefi. Comme le prévoient ces règles, HSBC demandera tout d’abord à ses actionnaires le droit de porter le plafond de la part variable de rémunération de 100 à 200% du salaire fixe. Surtout, la banque entend verser à ses salariés visés par Bruxelles une indemnité trimestrielle, qui n’est ni du fixe ni du variable mais aura pour effet mécanique d’augmenter la rémunération totale potentielle. 665 salariés sont concernés par la nouvelle indemnité, que 111 recevront en titres et 554 en numéraire.
Dans le cadre du G20, les gouverneurs des banques centrales et ministres des Finances des grandes puissances se sont engagés ce week-end à terminer d’ici à novembre et le sommet de Brisbane, les réformes entamées pour renforcer les grandes institutions financières et les marchés de dérivés, et limiter les risques de la finance parallèle en mettant également fin au «too big to fail», rapporte L’Agefi. Parmi celles-ci, figureront les recommandations du Conseil de stabilité financière (FSB) sur les marchés du repo et des prêts de titres, tandis que le comité de Bâle fera des propositions sur les risques résultant de l’interaction entre les banques et les établissements du «shadow banking». L’association internationale de supervision des assurances (IAIS) déterminera par ailleurs des exigences en capital pour les assureurs considérés comme systémiques au niveau mondial.D’autre part, la fragmentation des régulations est un des principaux sujets de préoccupation pour l’avenir. Le FSB invite à la réduire pour permettre de gérer au mieux les problèmes des institutions systémiques au niveau mondial, notamment ceux relatifs à la résolution.
L’Autorité des marchés financiers (AMF) a publié le 24 février une nouvelle liste mise à jour des sites internet proposant du trading d’options binaires pour lesquels aucun prestataire de services d’investissement autorisé n’a pu être clairement identifié. L’AMF met une nouvelle fois en garde les épargnants sur des campagnes publicitaires agressives, sur internet, portant sur le trading d’options binaires et annonçant des rendements très importants dans des délais très courts.
Le gouvernement britannique va obliger les sociétés de gestion à fournir le détail de tous les frais liés aux retraites à contributions définies versées dans le cadre du travail, rapporte Fund Web. La mesure a été confirmée dans une déclaration écrite du ministre des retraites Steve Webb.
Les investisseurs européens ayant été victimes de la fraude de Bernard Madoff ont jusqu’au 28 février pour envoyer une demande de participation au Madoff Victim Fund, rapporte Plus24. Le journal note que l’escroc a fait peu de victimes en Italie si l’on regarde les données officielles. Sur la liste des plus de 13.000 clients de Madoff diffusée en 2008, seuls cinq noms étaient italiens : Domenico De Sole (ex président de Gucci), Paolo et Andrea Dini (propriétaires de Paul & Sharke), Arrigo Mayer et le révérend Stanislaw Wrobel de la Congrégation du Santo Redentore à Roma. Mais cela n’inclut pas toutes les personnes ayant investi dans des produits financiers italiens ou de droit étranger.
Plus de 40% des Américains qui ont caché leur argent hors de leur pays l’ont fait sur un compte en Suisse, selon une étude que vient de rendre publique le Governement Accountability Office (GAO), l'équivalent de notre Cour des Comptes, et qui concerne la première amnistie fiscale partielle américaine de 2009. L’enquête a été menée sur demande de la commission d’enquête ad hoc du Sénat américain. Les données laissent peu de place à l’interprétation: 5.427 des 12.899 comptes analysés se trouvaient en Suisse. Viennent ensuite un ensemble de pays, Grande-Bretagne, Canada, France, Israël et Allemagne, qui représentent 24% du total, dont 8% pour le Royaume-Uni et 4% chacun pour les autres pays.L’amnistie fiscale américaine promettait aux fraudeurs des amendes réduites et une exemption de peine de prison en échange de la régularisation de leurs avoirs. Plus de 40.000 contribuables se sont présentés, ce qui a permis aux Etats-Unis de récupérer 5,5 milliards de dollars. L'étude s’est également intéressée à l’origine géographique des fraudeurs. Plus de la moitié des fraudeurs américains viennent de Californie, de New York et de Floride. La Californie arrive en tête avec 24%, suivi de New York (18%) et la Floride (10%).
Le groupe de banques Raiffeisen a annoncé l’adaptation de son modèle à l'évolution du monde bancaire avec notamment l’abolition de la contribution de 8.000 francs suisse qui pourrait être demandée aux sociétaires en cas de coup dur, a indiqué le président du groupe, Pierin Vincenz. «Nous venons d’abolir cette clause en automne dernier», a affirmé Pierin Vincenz dans une interview publiée par Le Matin Dimanche. «La décision doit encore être avalisée par les 316 assemblées générales» des banques qui forment le groupe. «Cette clause relève d’un autre temps. Il y a cinq ans, Bâle II puis l’Autorité fédérale des surveillance des marchés financiers (Finma) ont déclaré que cet engagement de nos sociétaires ne pouvait plus être considéré comme fonds propres d’une banque», explique le patron du groupe suisse.
L’Autorité européenne des marchés financiers (AEMF/Esma) a publié son rapport annuel 2013 sur les agences de notation dans l’Union européenne. Tout en se félicitant des progrès réalisés notamment en matière de transparence, l’AEMF estime que des améliorations sont encore nécessaires dans certains domaines, notamment en ce qui concerne la validation des méthodologies de notation qui doivent bien prendre en compte toutes les composantes du risque.Le rapport évoque également la gouvernance interne aux agences, afin notamment d'éviter les conflits d’intérêts ainsi que des systèmes informatiques robustes qui puissent bien supporter le processus de notation.Outre ces points d’attention, l’AEMF poursuit actuellement deux études d'évaluation sur la notation des produits structurés et sur les PME de la notation.
Le groupe Credit Suisse va payer 196 millions de dollars après avoir admis avoir enfreint le règlement de la Bourse américaine, a annoncé le 21 février la Securities and Exchange Commission (SEC). Selon la SEC, Credit Suisse a donné des conseils d’investissements à ses clients américains sans s’enregistrer au préalable auprès des autorités de régulation. En outre, Credit Suisse a fourni "à des milliers de clients américains des opérations de courtage transfrontalières», ce qui viole les lois américaines, a indiqué le communiqué de la SEC. Dans le détail, les employés du Credit Suisse se sont rendus sur sol américain pour «y solliciter des clients, leur fournir des conseils d’investissement et ont incité des opérations sur titre». Ils ont également communiqué avec leurs clients par e-mail et par téléphone, leur reproche la SEC. Ces conseillers à la clientèle n'étaient toutefois pas enregistrés de façon à fournir de tels services de courtage, ni affiliés à une société enregistrée, a indiqué la SEC.
L’agence de notation financière Moody’s a annoncé le 21 février le relèvement d’un cran de la note de solvabilité à long terme de l’Espagne à Baa2, l’accompagnant d’une perspective positive. Moody’s évoque notamment les réformes structurelles engagées par Madrid pour rendre le pays de nouveau compétitif. Elle cite entre autres les réformes du marché du travail, du système des retraites et la restructuration du système bancaire. Ces efforts soutiennent l’idée d’une croissance à moyen terme plus solide et durable et d’une amélioration des comptes publics, souligne l’agence de notation.
Dans le cadre de la loi bancaire, un projet de décret qui doit être transmis la semaine prochaine au Conseil d’Etat fixe le seuil à partir duquel les principaux établissements seront soumis à de nouvelles contraintes pour leurs activités de marché, révèle Les Echos. Selon le quotidien économique, le texte s’appliquera aux banques «dont les actifs liés à des activités de marché représenteront plus de 7,5% du bilan ou, en valeur absolue, 90 milliards d’euros». Six banques seront concernées : BNP Paribas, Société Générale, Crédit Agricole et BPCE, mais également le Crédit Mutuel et HSBC France. BNP Paribas et Société Générale devraient être les deux seuls établissements à créer une filiale cantonnée pour leurs activités pour compte propre.
L’Autorité européenne des marchés financiers (AEMF/Esma) et l’Autorité bancaire européenne (ABE/EBA) ont publié le 20 février les résultats de leur examen conjoint de l’Euribor-EBF, l’organisation européenne qui publie les taux Euribor. L’examen a notamment montré que l’organisation a réalisé des progrès significatifs dans la mise en œuvre des recommandations des autorités européennes pour remédier aux faiblesses des dispositifs techniques et de gouvernance.
Schroders et Sarasin & Partners ont signé une lettre, envoyée au Financial Reporting Council, l’organisation qui englobe le UK Accounting Standards Board, pour s’opposer au « mark to market », rapporte Financial News. Ils rallient ainsi plusieurs sociétés de gestion qui réclament une réforme des normes comptables britanniques. Cela inclut Railpen, USS Investment Management, Local Authority Pension Fund Forum, London Pensions Fund Authority, Threadneedle Investments, Royal London Asset Management, Governance for Owners, UK Shareholders Association et Hermes Equity Ownership Services.
La création d’une SGP est le seul statut permettant l’exercice à titre principal de la gestion pour compte de tiers, Les démarches administratives qui l’accompagnent doivent être préparées bien en amont de la date de lancement
Trois textes importants pour les secteurs bancaires et financiers, qui concernent aussi la réglementation de l’assurance sont partiellement transposés dans notre droit national par une ordonnance parue au Journal officiel du 21 février, Il s’agit des directives dites « CRD IV » (Capital Requirement Directive), « Ficod » (Financial Conglomerates Directive), ainsi que, dans une moindre mesure, les aménagements nécessaires au règlement dit « CRR » (Capital Requirement Regulation) d’application directe qui accompagne « CRD IV ». Ces réglementations européennes sont applicables depuis le 1er janvier 2014. CRD IV L’ordonnance parue le 21 février 2014 achève la transposition dans le droit français du texte européen « CRD IV » du 26 juin 2013. Ce dernier, issu de l’accord « Bâle III », a en commun avec Solvabiltié 2 le système des trois piliers (quantitatif, qualitatif et reporting), porte une réforme de grande ampleur pour la banque. Il vise à éviter les crises systémiques, en contraignant notamment les banques à mettre davantage de capitaux de haute qualité. L’ordonnance se concentre sur la gouvernance et de rémunération dans les établissements de crédit, des sociétés de financement, des entreprises d’investissement et les sociétés de gestion de portefeuille. Avec cette transposition, le code monétaire et financier intègre désormais par exemple la dissociation obligatoire des fonctions de président du conseil d’administration et de directeur général, sauf cumul expressément autorisé par le superviseur sous couvert de justification : « comply or explain ». Il prévoit aussi l’obligation de créer un comité des risques et un comité des nominations qui s’ajoutent au comité des rémunérations mis en place par la directive « CRD 3 ». Par ailleurs, l’ordonnance prévoit la mise en place d’une « représentation équilibrée » entre les hommes et les femmes au sein des conseils d’administration. Enfin le champ de surveillance prudentielle est étendu aux exigences supplémentaires de fonds propres. Ficod La directive « Ficod », qui est aussi transposée par la même ordonnance; est issue de la collaboration des trois superviseurs européens de la banque (EBA), de l’assurance (EIOPA) et des marchés financiers (Esma). Elle renforce la surveillance complémentaire des conglomérats financiers par l’adoption de critères de définition permettant d’identifier plus aisément les conglomérats et exigeant plus de transparence. Pour l’assurance, les trois codes sont amputés (assurances, mutualité, livre 9 du code de la sécurité sociale) des dispositions relatives à la surveillance des conglomérats financiers, qui relèvent désormais du seul code monétaire et financier. L’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), après consultation de ses homologues européens, peut décider de soumettre les compagnies financières holding mixtes (comprenant une activité réglementée) à un régime allégé en matière de surveillance pour l’assurance.