La «Sainte Trinité» de la maison Aberdeen, à savoir les actions, l’obligataire et l’immobilier, sont toujours là mais les actions ne règnent plus en maître absolu sur l’ensemble comme elles ont pu le faire par le passé. Avant la crise boursière du début du siècle, elles constituaient plus des trois quarts du portefeuille. Leur part est tombée à moins de 50% du total. Selon les chiffres au 31 décembre 2010, les actifs en actions totalisaient 80,8 milliards de livres pour un encours global de 183,3 milliards de livres."La crise boursière de 2001-2002 nous a bien fait comprendre qu’il fallait travailler dans le sens de la diversification», a souligné le 27 janvier Anne Richards, chief investment officer d’Aberdeen Asset Management et par ailleurs responsable de la gestion alternative, qui était de passage à Paris. Les actifs en actions devraient donc être maintenus mais le groupe d’origine écossaise ne va pas pousser les feux de la classe d’actifs. Aberdeen n’a d’ailleurs pas hésité l’an dernier à «soft-closer» les fonds Aberdeen Global - Emerging Markets Equity Fund et Aberdeen Global - Emerging Markets Smaller Companies Fund afin de continuer à gérer efficacement les encours existants. Cela dit, relève Anne Richards, «2011 pourrait être une excellente année pour les actions, même s’il faut encore compter sur une bonne dose de volatilité». En revanche, Anne Richards, en sa qualité de responsable de la gestion alternative, entend consolider les nouvelles capacités – fonds de hedge funds et de multigestion - acquises l’an dernier auprès de Royal Bank of Scotland. «Le processus d’intégration se passe bien, notamment parce que les gérants de Coutts AM étaient déjà bien habitués à notre culture du travail d'équipe et que leur processus de gestion était très proche du nôtre, avec notre approche bottom up, notre vision à long terme», explique Anne Richards qui ajoute toutefois que l'évaluation des capacités va prendre encore un peu de temps. «C’est un travail de longue haleine mais outre l’apport d’actifs, ces activités complètent notre palette de stratégies alternatives». Avec l’ajout de 13,5 milliards de livres d’actifs lié à la transaction avec RBS, l’encours des actifs de gestion alternative approche les 30 milliards de livres, dont environ le tiers en multigestion long only. Côté obligataire, Aberdeen est en train de remonter la pente après le trou de 2008. Les deux dernières années ont été bonnes, notamment 2009, dans une moindre mesure 2010, mais le travail de reconstruction n’est pas tout à fait terminé, reconnaît Anne Richards qui relève toutefois un ralentissement de la décollecte encourageant. Dans un environnement où les investisseurs sont à la recherche de rendement, Aberdeen, qui a récemment lancé un fonds de «best ideas», travaille à de nouveaux produits, notamment un fonds obligataire global de haut rendement. Du côté de l’immobilier, Aberdeen a consenti un effort particulier sur le marché français, avec l’arrivée récente d’un spécialiste, et le projet, déjà évoqué par Newsmanagers, de lancer un OPCI si possible dans le courant de l’année. Par ailleurs, la société réfléchit, à la demande de la clientèle, à un produit immobilier global.