Après une décennie perdue, les actions peuvent-elles encore séduire dans un environnement récessif? Pour Frédéric Ponchon, gérant chez Sycomore Asset Management, la réponse ne fait pas l’ombre d’un doute. «Après dix années très difficiles, les opportunités n’ont jamais été aussi importantes», a-t-il estimé le 6 décembre à l’occasion d’un point de presse. L’une des raisons d’espérer est que l’«on a purgé les excès de valorisation des dix dernières années», relève Frédéric Ponchon qui ajoute que «les valorisations sont désormais tombées à des niveaux très bas. L’Europe est la zone la plus décotée actuellement en termes relatifs». Cela dit, les perspectives sur les résultats des entreprises dans la zone euro ne sont peut-être pas aussi bonnes que le consensus. Les analystes tablent sur une progression de l’ordre de 10% en 2012. Frédéric Ponchon estime que sur la base d’un scénario central d’une légère récession au cours des douze prochains mois, les résultats des entreprises vont continuer à baisser. Il attend un recul d’environ 15%. En attendant les ajustements nécessaires, le marché devrait évoluer dans un «trading range» étroit au cours des prochains mois. Dans ce contexte, Sycomore, fidèle à sa stratégie d’investisseur long terme, va privilégier les valeurs de croissance qui offrent une visibilité sur les résultats (Unilever, Danone, Sanofi), les valeurs de rendement (pétrole, télécoms, dans une moindre les services aux collectivités) et les valeurs cycliques, qui ont déjà beaucoup souffert à l’instar de Schneider. A l’instar de nombreuses sociétés de gestion, Sycomore reconnaît que depuis l’été, la situation est très difficile, avec un environnement sans tendance. Les investisseurs sont restés à l’écart que le premier semestre s’était terminé sur une collecte nette de 150 millions d’euros. En raison principalement de l’effet marché négatif, les actifs sous gestion, qui s’inscrivaient autour de 2 milliards d’euros fin juin, s’établissent à quelques encablures de la fin de l’année à environ 1,8 milliard d’euros.
Agé d’un peu plus de trois ans, le fonds actions françaises multi-classes d’actifs Mandarine Opportunités de Mandarine Gestion a atteint un encours de 94 millions d’euros. La société de gestion française constate une réelle demande pour ce produit, géré par Joëlle Morlet-Selmer, «surtout de la part des conseillers en gestion de patrimoine indépendants et de quelques institutionnels», précise la gérante. Mandarine Gestion a donc décidé de «pousser» commercialement le fonds. Car malgré le marasme boursier et économique, les valeurs françaises présentent selon la gérante, spécialisées depuis plus de 20 ans sur les actions, un potentiel de croissance non négligeable. «Les sociétés françaises ne sont pas la France», souligne-t-elle d’emblée. «Elles n’ont pas de problème d’endettement, d’innovation ou d’exportation». Un des grands avantages de la cote française est qu’elle regroupe un grands nombre de leaders mondiaux, comme Seb, Pernod Ricard ou encore Legrand, «qui réalisent une grande partie de leur chiffre d’affaires à l’international», explique Joëlle Morlet-Selmer. La Bourse française permet également une bonne diversification sectorielle, et demeure un marché connu pour les gérants, qui ont l’avantage de «jouer à domicile» et d’avoir accès plus facilement à des informations importantes. «Je rencontre beaucoup de sociétés et mes relations avec les brokers sont très positives», se réjouit la gérante. En France, on trouve selon Joëlle Morlet-Selmer de nombreuses et solides «histoires de croissance», qui contrastent avec un environnement économique atone depuis plusieurs années. La gérante de Mandarine Opportunités a identifié cinq sources de croissance pérennes : le cycle (le cadre général de la croissance mondiale), l’innovation (qui permet de gagner des parts de marché, l’internationalisation (participation à la croissance mondiale et diversification géographique), l’acquisition et la réglementation, qui oblige les sociétés à innover et à investir. Depuis son lancement le 26 septembre 2008, Mandarine Opportunités affiche une performance de 8,46 % contre -26,69 % pour son indice de référence, le CAC All Tradable. «Les moyennes valeurs ont fortement contribué à la performance, il y a en France un très beau vivier de petites et moyennes capitalisations qu’il faut exploiter», souligne Joëlle Morlet-Selmer.
La dette des marchés émergents libellée en devise locale constitue une classe d’actifs de plus en plus visible sur les écrans des investisseurs institutionnels. Selon Alexander Kazhemiakin, directeur des stratégies sur les marchés émergents chez Standish Mellon AM, de passage à Paris le 6 décembre, la dette émergente libellée en devise locale pourrait dégager au cours des douze prochains mois une performance de l’ordre de 10%, contre un rendement de 6% à 7% pour la dette émergente libellée en dollar. Alexander Kazhemiakin, qui gère l’un des fonds les plus importants de sa catégorie, le BNY Mellon Emerging Markets Debt Local Currency, avec quelque 3,7 milliards d’encours à fin octobre, souligne que la dette émergente libellée en devise locale présente pour un investisseur étranger deux sources distinctes de performance: les devises proprement dit et les taux d’intérêt domestiques, même si historiquement, la performance des devises représente la principale contribution à la performance.Actuellement, Alexander Kazhemiakin affiche sa préférence pour le peso mexicain, sous-évalué de son point de vue de 15% à 20%, le won coréen, sous-évalué également dans les mêmes proportions, ou encore les devises chilienne, péruvienne ou colombienne.En revanche, il est plus réticent sur les devises hongroise et polonaise. Il reste pour l’instant à l’écart du RMB offshore, un marché dont il observe avec beaucoup d’intérêt le développement et sur lequel il espère investir éventuellement dans un délai de douze mois. Dans l’immédiat toutefois, ce marché en développement n’offre pas encore une liquidité suffisante.Alexander Kazhemiakin a par ailleurs estimé que les fonds de pension et autres investisseurs institutionnels semblent enfin s’intéresser à cette classe d’actifs libellée en devise locale. Non seulement en Europe, mais également aux Etats-Unis où elle commence à s’intégrer dans la panoplie des stratégies des consultants, et en Asie, avec les fonds souverains mais aussi les fonds de pension.
A l’occasion de son rendez-vous semestriel sur la conjoncture économique, les marchés financiers et l’allocation d’actifs, Bernard Aybran, directeur de la multigestion chez Invesco AM, a remis en perspective l’importance des marchés émergents dans l'économie mondiale. Tout en rappelant, chiffres à l’appui, que ces derniers n'étaient pas encore prêts à sauver le monde. La répartition de la consommation mondiale est encore largement le fait du consommateur occidental. Ce dernier occupe une part de 69 % contre 6,2 % pour le consommateur chinois et 2,3 % pour son homologue indien. «Malgré une croissance rapide de la consommation, la Chine demeure une économie basée sur l’investissement», a rappelé Bernard Aybran. «Dans tous les cas, les grands émergents peuvent participer au soutien de la croissance mondiale mais pas le consommateur asiatique à lui seul.» Pour autant, le stratège de la société de gestion américaine en France veut voir la «bouteille à moitié pleine». Et de relever les atouts des marchés émergents et balayer notamment l’idée selon laquelle, pour les investisseurs, ces marchés sont plus dangereux que les marchés occidentaux. «Les émergents dans leur globalité, via le MSCI Emergents, affichent au 1er décembre, sur 52 semaines, une volatilité de 20, inférieure à celle du CAC 40, à 22", a-t-il expliqué. «A cela plusieurs raisons, notamment la diversité des économies dont les cycles différent.» Les performances exprimées en euros, via le MSCI Emergents et le CAC 40, sont également favorables aux émergents. Entre le 14/04/2010 et le 30/11/11, la rechute des marchés émergents a été limitée à 5,8 % contre -16,1 % pour le CAC 40. Quant aux krachs constatés entre le 30/05/2007 et le 09/03/09, ils montrent une nouvelle fois une chute moins importante des émergents (-46,1 % contre -56,1 % respectivement). Autre grief battu en brèche par Bernard Aybran : la brutalité de l'évolution des flux de souscriptions. «Depuis le début de l’année», a-t-il relevé, «les souscriptions nettes exprimées en fonction des encours sur les fonds «actions émergentes» sont en recul de 4 % contre une baisse de 1 % pour les fonds «actions Europe de l’Ouest». Mais, sur ces derniers fonds, la collecte nette a été négative de 13 % en 2007, de 12 % en 2008 et a été positive de 1 % en 2009. Sur les marchés émergents elle a été positive de 12 % en 2007, négative de 7 % en 2008 et à nouveau positive en 2009, de 27 %...» La donne change néanmoins si l’on se focalise sur un seul marché et non plus sur un ensemble de places financières. L’objectif de la performance pure se paye alors par une volatilité élevée comme c’est le cas pour les marchés indien ou brésilien. L’investisseur s’expose également à des risques de flux sortants nets. Sur les marchés d’Amérique latine par exemple, la décollecte nette atteint 11 % cette année. Essentiellement, il est vrai, en raison du poids du marché brésilien.De fait, Bernard Aybran a insisté sur le fait que dans le cadre d’une bonne diversification, les marchés émergents pris dans leur globalité avaient leur place dans les allocations des investisseurs. Et de noter, graphe à l’appui, que les fonds de pension à prestations définies étaient encore, pour leur part, largement sous capitalisés. Leur exposition aux marchés émergents étant proche de 5 % dans leur allocation alors qu’ils représentent au moins 15 % de la capitalisation de l’indice mondial MSCI.
Quelque 93 % des investisseurs institutionnels fixent aux fonds de capital investissement dans lesquels ils investissent un objectif de performance (ou taux de rentabilité interne net) de plus de 10 %. Or, moins de la moitié parvient à ce résultat, montre une toute nouvelle étude de bfinance réalisée auprès de 41 institutions en Europe, Royaume-Uni et en Amérique du Nord. Ainsi, les attentes des investisseurs institutionnels semblent légèrement démesurées par rapport à la réalité.Cela étant, la situation varie selon les stratégies d’investissement, nuance bfinance. Ainsi, concernant les investissements dans la dette d’entreprises non cotées, les objectifs sont quasiment alignés avec les résultats : 74 % attendent un taux de rentabilité interne (TRI) net de plus de 10 % et 70 % l’ont obtenu. A contrario, les attentes sont totalement décorrélées des résultats s’agissant du capital risque. 87 % des investissent anticipent un TRI de plus de 10 % et seuls 44 % sont parvenus à cet objectif.Par ailleurs, 88 % des investisseurs institutionnels invoquent comme principale ou deuxième raison d’investir dans le private equity le fait de doper les rendements de leur portefeuille. Pour 81 % d’entre eux, le fait d’accéder à des sources de performance inaccessibles sur les marchés cotés est cité comme principale ou deuxième raison. En revanche, seuls 24 % des investisseurs voient la diversification du risque comme l’une des deux principales raisons d’investir dans le capital investissement.
Dans la zone euro, «les marchés font face à deux problèmes majeurs : une dégradation économique et une crise de la dette souveraine avec une crise bancaire en dommage collatéral»... Dans son exposé sur les perspectives 2012, Vincent Treulet, head of investment strategy chez BNP Paribas IP, s’est montré très clair : «la crise actuelle est la conséquence d’un endettement excessif qui a pour conséquence de limiter le potentiel de croissance de la zone que la société de gestion voit à 0 % l’an prochain. De fait, la façon dont les pays vont gérer le problème de la dette va être cruciale.» Et la zone euro est prise entre deux feux : soit elle assainit la situation mais peut connaitre des tensions sociales, de croissance et des problèmes politiques. Soit elle cherche des mécanismes d'évitement, via la création d’inflation par exemple. «Quoi qu’il en soit, a précisé Vincent Treulet, nous arrivons au bout d’un modèle». «Concernant la dette publique, on n’est pas allé jusqu'à la mutualisation», constate-t-il également, «et les discussions actuelles des politiques européennes reviennent à élaborer une réponse politique en contrepartie d’une réponse économique qui reste à définir précisément». Qu’il s’agisse de la possibilité pour la BCE d’intervenir en prêteur en dernier ressort ou de celle revenant à doter le FESF des moyens nécessaires pour remplir ce rôle… Vincent Treulet a aussi noté que tout cela n’avance que très lentement et que les marchés s’impatientent en attendant de voir une collectivisation des dettes européennes avec des contreparties politiques. Est-ce que cela mettra fin à la crise ? Il est sans doute trop tôt pour le dire. Mais si «le processus est lent, la volonté de transformation est positive», a admis le responsable. Hors d’Europe, Vincent Treulet a relevé des situations mitigées. Aux Etats-Unis, un ralentissement est perceptible mais la situation n’est pas dégradée. L’austérité n'étant pas vraiment appliquée, BNP Paribas table sur une croissance «molle», de l’ordre de 2 %. La politique monétaire souple des Etats-Unis est un soutien à l'économie. Pour les pays émergents, il y a aussi un ralentissement et ce d’autant que certains d’entre eux, en proie à des tensions inflationnistes, ont procédé à une hausse des taux. «On est dans une logique d’affaiblissement de la croissance de milieu de cycle», a précisé Vincent Treulet. «Dans ce cadre, des stimulis budgétaires sont possibles car la situation économique de ces pays est saine. En chiffres, BNP Paribas IP table sur une croissance moyenne de 6 % pour les marchés émergents. Avec les 0 % attendu sur la zone euro, le taux de croissance américain et celui des pays émergents ne seront pas un soutien fort à l’appétit pour le risque des investisseurs. Aussi, un rally durable sur les marchés actions paraît improbable. Vincent Treulet préconise de fait pour le début 2012 une allocation d’actifs conservatrice. «Entre actifs risqués - peu goûtés - et valeurs refuge - aux faibles rendements, l’heure est aux alternatives», a-t-il insisté. Sur les marchés émergents, les valorisations des actions ne sont pas très élevées. La dette en monnaie locale est également intéressante – au détriment de celles des pays développés - mais dans une logique de «buy and hold» car les marchés se montrent volatils Enfin, le «high yield» fera également partie des thématiques jouées par BNP Paribas IP, à côté des thématiques diversifiantes comme l’or, les matières premières (pétrole et métaux) ou la recherche de rendement via entre autres des fonds monétaires dynamiques.
En deux ans, les fonds garantis, en Espagne, ont collecté plus de 10 milliards d’euros et ils ont doublé leur part de marché à 26,6 % contre 13,4 %, constate Expansión. Ils ont ainsi détrôné les obligataires court terme comme première catégorie de fonds par les encours, car ils gèrent à présent 34,4 milliards d’euros. Ce montant pourrait encore augmenter parce que certains de ces produits génère des rendements supérieurs à 4 % par an grpâce à la crise de la dette. Mais c’est une arme à double tranchant, parce que ces fonds détiennent 25 milliards d’euros de dette publique espagnole et italienne.La plus forte collecte pour les produits garantis a été enregistrée par InverCaixa, avec des souscriptions nettes de 3,5 milliards d’euros depuis le début de cette année, après 2 milliards en 2010. en deuxième et troisième positions, ont trouve le Santander (1,15 milliard), Bankia (750 millions) et Banca Civica (400 millions).
La prise de conscience est bien là: les actifs savent que les réformes passées ne résolvent pas la problématique sur le long terme. S’ils sont une faible majorité à juger la réforme de 2010 nécessaire pour préserver notre système par répartition, les deux tiers la jugent insuffisante pour le préserver durablement, selon le baromètre Deloitte «Les Français et la retraite» administré par Harris Interactive (1). Les actifs ont également intégré le recul de l’âge de départ à la retraite puisqu’ils se voient partir en moyenne à 66 ans et ont pris conscience de l’importance de préparer leur retraite (57%).L’inquiétude vis-à-vis de la retraite n’en est pas moins réelle. 55% des actifs se disent inquiets voir très inquiets face au sujet de la retraite, 72% très inquiets ou inquiets de sa préparation. S’agissant du montant de la retraite, 81% des actifs se déclarent préoccupés, un avis partagé par toutes les classes d’âge.Enfin, si le manque d’argent est le frein principal pour épargner en vue de sa retraite, une écrasante majorité d’actifs est consciente de devoir financer un futur complément de revenus (83%), à titre personnel. Dorénavant, les actifs préparent ou envisagent de préparer leur retraite avant 50 ans.Le besoin d’information n’est pas comblé, deux actifs sur trois jugent insuffisant leur niveau d’information tant sur leur situation future que sur les moyens de s’y préparer. Plus de 75% n’ont pas ou peu d’idées sur le montant de revenu futur qu’ils percevront à la retraite, et plus de 50% de ceux ayant au moins une vague idée, surévaluent ce montant. Quatre actifs sur dix indiquent ne faire confiance en aucune source institutionnelle publique ou privée. Néanmoins les organismes de retraite obligatoires sont perçus comme la source la plus fiable, mais seulement pour un actif sur trois en moyenne. Dans cette situation, les caisses de retraite et Internet sont privilégiés pour la recherche d’informations, Internet étant dorénavant un canal d’information utilisé par plus de quatre actifs sur dix.58% des actifs épargnent dès qu’ils le peuvent et 25% ont l’intention de le faire. Les plus jeunes (25-34 ans) se préparent déjà pour 42% d’entre eux. Plus de la moitié des actifs se tournent prioritairement vers les produits classiques (comptes sur livrets et assurance-vie), offrant souplesse et sécurité, pour leur effort d’épargne pour la retraite. Les produits existants dédiés épargne-retraite ne sont pas privilégiés, ne répondant pas à l’ensemble des préoccupations des Français, à la fois long terme (retraite) et court terme (aide à un proche, prise en charge de soins de santé). Cette situation est d’autant plus regrettable que la retraite est aujourd’hui la priorité d’épargne n°1 des Français.(1) enquête réalisée entre le 28 septembre 2011 et le 11 octobre 2011 sur un échantillon de population de 2 000 Français de 25 ans et plus et comportant 18% de retraités et 82% d’actifs.
Les indices de la famille Russell/Nomura, qui couvrent 98% du marché actions japonais, ont intégré 14 nouvelles sociétés dans le cadre de la révision annuelle traditionnelle, ont annoncé Nomura Securities et Russell Investments dans un communiqué commun.L’indice Russell/Nomura Total Market Index comprend désormais 1.400 sociétés, soit 16 de plus d’une année sur l’autre. Dans le détail, 50 sociétés ont été radiées de l’indice, 66 intégrées dans l’indice, dont 14 pour la première fois. La capitalisation totale de l’indice s’est légèrement accrue, passant de 170.500 milliards de yen à 173.000 milliards de yen au 14 octobre. La liste des sociétés se trouve à l’adresse suivante : http://qr.nomuraholdings.com/en/frcnri/index.html.
Les résultats du Baromètre Solvabilité 2 L’Agefi-Ofi AM ont été dévoilés aux Rencontres de la gestion institutionnelle de L’Agefi la semaine dernière, rapporte le quotidien. Les deux tiers des acteurs interrogés ont l’intention d’avoir modifié leurs allocations en prévision de la mise en oeuvre de la directive d’ici à mi-2012. Seuls 28% ont une exposition aux actions supérieure à 10% - contre 44% en juin dernier - et ils sont plus de 80% à penser poursuivre cette réduction. A l’inverse près de 80% augmenteront la part de l’immobilier, et même 100% celle des obligations corporates.
Bank of America Merrill Lynch (BofAML) a annoncé le 1er décembre la nomination de Bertrand Valet à Paris, en tant que « Managing Director » en charge des relations avec les fonds d’investissement en France. Au sein de l’activité banque d’affaires de BofAML, Bertrand Valet accompagnera le développement de la clientèle des fonds d’investissement français et des fonds internationaux investissant en France. Bertrand Valet sera basé à Paris après 5 ans de carrière à Dubaï, 12 ans à Londres et dix huit mois à San Francisco. A Dubaï, il était depuis 2008 à la tête du développement de la clientèle de fonds souverains et fonds d’investissement de BofAML pour la zone Moyen Orient-Afrique du Nord.
Aviva Investors France ne cède pas à la panique, bien au contraire. Malgré un environnement économique et politique difficile, la société de gestion du groupe Aviva ne croît ni au scénario du «double dip», ni à l’implosion de la zone euro. Elle a même fait le choix des actifs risqués, plus particulièrement des actions. Par rapport à un portefeuille équilibré composé à 50 % d’actions et 50 % d’obligations et de monétaire, Pascal Heurtault, directeur des investissements d’Aviva Investors France, indique être actuellement exposé à 56 % en actions, avec une préférence pour le marché européen et une surpondération sur les valeurs bancaires et industrielles. «Les marchés actions, qui intègrent un scénario extrêmement pessimiste, sont peu chers. De très bons points d’entrée existent, notamment sur le marché européen, complètement sousvalorisé. C’est le marché que nous privilégions actuellement ", souligne Pascal Heurtault. Coté crédit, Pascal Heurtault reste à l'écart des obligations d’Etat allemandes et se dit neutre sur les espagnoles et italiennes. Il favorise les signatures privées et notamment le crédit bancaire."Nous avons la chance de faire partie d’une grande compagnie d’assurance, ce qui nous met à l’abri de retraits importants», se réjouit Pascal Heurtault. Aviva Investors France peut donc faire face et envisager ses investissements sur le long terme. «Notre maison mère fait confiance à nos équipes de gestion, en place depuis plusieurs années. Nous savons que nous devons accepter des baisses passagères, c’est une période difficile mais qui permet de préparer des gains futurs», insiste le directeur des investissements d’Aviva Investors France.
Tous les investisseurs américains ne croient pas à une implosion de la zone euro, y compris parmi les «hedge funds», rapporte Les Echos. Lors d’une conférence organisée le 1er décembre à New York par Bloomberg sur les hedge funds, de nombreux professionnels ont reconnu que la résolution de la crise de la dette souveraine européenne prendrait du temps. Mais, ils ajoutaient aussi que le scénario de l'éclatement était improbable. Certains gérants, à l’instar de Davide Serra, fondateur d’Algebris Investments, estiment que les politiques européens devraient trouver une solution avant Noël. D’autres, comme George Papamarkakis, directeur général de North Asset Management, sont convaincus que les réunions des 8 (BCE) et 9 décembre (Conseil des chefs d’Etat et de gouvernement européen) ne seront pas décisives, mais des étapes de plus dans un processus qui va prendre beaucoup de temps.
La société de gestion alternative Edgebell Capital, dirigée pares anciens banquiers de Goldman Sachs et Mizuho, envisage de lancer un hedge fund global macro en février prochain, rapporte Bloomberg.Le Edgebell Capital Global Macro Strategy, qui devrait travailler sur les tendances des marchés boursiers et obligataires ainsi que le marché des devises, devrait démarrer avec au moins 2 milliards de yen, soit quelque 26 millions de dollars, levés auprès de clients fortunés au Japon. Le fonds sera également disponible aux investisseurs extérieurs par le biais d’un fonds offshore. Le fonds, qui vise un rendement annuel compris entre 10% et 20%, investira dans des indices boursiers, y compris les options et les futures, dans le monde entier, les marchés obligataires du G7 en priorité, les devises et les ETF de matières premières.
Les fonds souverains ont investi quelque 12,69 milliards de dollars au cours des quatre derniers trimestres (à fin novembre seulement pour le quatrième trimestre), selon la base de données du SWF Institute. La répartition régionale montre que la situation difficile en Europe n’a pas dissuadé les fonds souverains de ralentir leurs investissements. La France arrive même en tête dans la zone avec un total de 11,6 milliards de dollars sur les quatre derniers trimestres, devant le Royaume-Uni avec 9,4 milliards de dollars.Au sein du secteur financier, une proportion significative a été investie dans des institutions financières des marchés émergents. Pour leur part, les investissements dans le secteur de l'énergie ont atteint 10,84 milliards de dollars, devant les investissements dans les «utilities» et les infrastructures. Autre cible privilégiée, l’immobilier dont les chiffres ne sont toutefois pas disponibles.
Berkshire Hathaway va racheter le journal local lu par Warren Buffett, bien que ce dernier affirme depuis longtemps que la presse fait face à un avenir difficile, rapporte le Financial Times. Le milliardaire a ainsi annoncé mercredi l’acquisition du Omaha World Herald Company, qui détient plusieurs titres quotidiens et un hebdomadaire dans l’Omaha et l’Iowa du Sud-Ouest. Berkshire va payer 200 millions de dollars et reprendra la dette.
L’exposition des fonds danois à l’immobilier s’inscrit habituellement autour de 10% mais les turbulences actuelles sur les marchés poussent les fonds à augmenter leur exposition à cette classe d’actifs en raison notamment de sa moindre volatilité par rapport aux autres classes d’actifs, rapporte le site IP Real Estate.
Directeur général délégué d’Agrica Epargne, Jean-Claude Guimiot estime dans un entretien à L’Agefi Hebdo que le monde se trouve "à une période charnière qui voit les limites d’un système économique reposant sur une mondialisation non maîtrisée». Pour profiter d'éventuelles opportunités de marché, les marges de manœuvre lui semblent limitées, notamment en raison de la directive Solvabilité II. «Les actifs considérés comme risqués, notamment les actions pénalisées par cette réglementation, sont à mon sens les instruments les moins risqués à moyen terme. Le recours à des produits de couverture m’apparaît complexe à gérer et il me semble préférable de choisir entre être exposé à un marché ou ne pas y être investi», analyse Jean-Claude Guimiot.
Dans un entretien à L’Agefi Hebdo, Jean Eyraud, président de l’Association française des investisseurs institutionnels (AF2I), revient sur l’investissement de long terme. Il souligne que si les sociétés cotées en Bourse offrent une meilleure information et une plus grande liquidité, elles sont aussi plus volatiles. «De ce fait, nous devrions faire une place éminente au non-coté qui offre des valorisations plus stables, en lien plus direct avec des critères économiques», annonce-t-il. Jean Eyraud rappelle néanmoins que le capital-investissement reste « la crème de la crème » et concerne très peu d’entreprises. Les institutionnels ont donc beaucoup de peine à trouver suffisamment d’opportunités d’investissements. «C’est ainsi que les assureurs ne parviennent pas à honorer leur engagement d’investir un montant minimal de leurs actifs dans des fonds de private equity. Le problème est d’ailleurs comparable en matière d’immobilier», analyse-t-il.
Russell Investments (137 milliards de dollars d’encours) a annoncé qu’environ 75 % de ses clients institutionnels aux Etats-Unis ont désormais opté pour une formule de gestion sous contrainte de passif (LDI) dans le cadre de leurs plans d'épargne retraite à prestation définie. De plus, l’encours obligataire des produits LDI aux Etats-Unis a gonflé pour représenter à peu près 50 % des encours obligataires totaux dans le pays au 30 juin.Cette expansion a incité Russell à créer le poste de director, head of LDI solutions, Americas Institutional, fonction confiée Martin Jaugietis, qui était depuis longtemps consultant senior, a précisé Michael Thomas, CIO d’Americas Institutional, qui est aussi le supérieur hiérarchique de Martin Jaugietis. Le nouveau promu est également président du comité de pilotage LDI de Russell.