Dans un contexte d'épargne de court-terme faiblement rémunérée, les ménages ont orienté une part plus importante de leur épargne vers des placements à plus long terme, relève l’Observatoire de l'épargne européenne (OEE) dans son dernier tableau de bord de l'épargne en Europe (juin 2014) . L’épargne bancaire a été particulièrement touchée avec une baisse de la collecte dans la majorité des pays et principalement en Allemagne et au Royaume-Uni. En France, les ménages ont diminué leurs nouveaux placements sur le Livret A et LDD pour augmenter leur épargne logement, qui offre un rendement plus attractif à 2,5%. Dans tous les pays, les ménages allègent aussi leur portefeuille obligataire. Ces tendances ne pourront qu’être renforcées par la nouvelle baisse du taux d’intervention de la BCE annoncée début juin. Les bonnes performances des marchés d’actions ont incité les ménages à retourner vers des placements plus risqués en augmentant leurs investissements en actions, soit en direct, soit à travers des véhicules d’intermédiation. L’assurance vie et les fonds de pension ont bénéficié de ce retournement, fin 2013 et début 2014. On observe aussi dans la plupart des pays une hausse du nombre de particuliers couverts par des produits d’épargne retraite. Ces produits d’investissement de long terme ont enregistré en 2013 de bonnes performances, notamment sur les supports investis en actions. Enfin, les OPCVM ont enregistré une très bonne collecte au premier trimestre 2014, la meilleure depuis 2008.Durant l’année écoulée, le patrimoine financier des ménages européens a augmenté de 1,5% à 9,9%, selon les pays. La hausse de la Bourse et les baisses de taux d’intérêt ont généré d’importantes plus-values latentes sur les portefeuilles, en particulier en Espagne (9%) et au Royaume-Uni (7,6%). L’effort d’épargne a au contraire contribué de manière prépondérante à l’enrichissement des ménages allemands. Les Français et les Belges ont consenti un effort d’épargne moins important que les Allemands, mais ils ont enregistré des plus-values supérieures (3% pour les Français contre 1,1% pour les Allemands). Les Italiens, qui ont peu investi et ont peu bénéficié de plus-values ont un patrimoine financier à peu près inchangé en termes réels.