Marc Olivier, directeur général France de Nordea Investment Funds, commente dans L’Agefi la souspondération des actions dans le portefeuille. «Les actions mondiales restent attrayantes avec une prime de risque de 4,4% pour l’indice MSCI World, en ligne avec sa moyenne historique. Malgré le récent rally des marchés actions, cette dynamique n’a pas été confortée par une amélioration de la croissance bénéficiaire des entreprises, qui a plutôt déçu. Cette situation rend la valorisation des actions incertaine», explique-t-il. Il estime que si les investisseurs se tournent vers les actifs risqués, ils restent encore trop prudents pour soutenir durablement les marchés. «Nous avons identifié un risque potentiel avec la hausse du prix de l’or en comparaison avec d’autres métaux, et avec la baisse d’intérêt pour les carry trades en devises. Historiquement, ces tendances ont eu un impact négatif sur les marchés actions dès lors qu’il existe une forte corrélation entre les actifs risqués», précise Marc Olivier.
La Réserve fédérale américaine a continué à préparer le marché à un retour à une politique monétaire conventionnelle mais en laissant entendre que ce retour serait malgré tout très progressif compte tenue de la vigueur du dollar et de l’inflation très faible. Les fonds spécialisés sur les actions américaines ont ainsi enregistré leur plus forte collecte depuis la mi-décembre et les fonds d’obligations américaines ont renoué avec les souscriptions.Ce regain d’intérêt pour les actifs américains n’a pas arrêté le mouvement en faveur des actions et obligations européennes qui ont continué de bénéficier de la politique d’assouplissement quantitatif de la Banque centrale européenne et ont collecté durant la semaine au 18 mars plus de 8 milliards de dollars, dont plus de 5 milliards de dollars pour les seuls fonds d’actions européennes, selon les données communiquées par EPFR Global.Dans l’ensemble, les fonds d’actions ont enregistré une collecte nette de 20 milliards de dollars tandis que les fonds spécialisés sur les obligations attiraient 6,4 milliards de dollars. Les fonds monétaires ont de leur côté subi une décollecte de 11,4 milliards de dollars.EPFR Global souligne par ailleurs l’intérêt persistant des investisseurs pour les fonds spécialisés sur les actions indiennes. Depuis le début de l’année, ces fonds ont absorbé plus de 6 milliards de dollars et ils affichent une collecte cumulée de plus de 17 milliards de dollars depuis le début du troisième trimestre 2014. En revanche, les investisseurs manifestent une certaine méfiance vis-à-vis de l'économie chinoise et les fonds d’actions chinoises ont terminé la semaine au 18 mars sur une décollecte nette de plus de 600 millions de dollars.
Selon Nordine Naam, stratégiste change chez Natixis, la probabilité d’une hausse de ses taux directeurs dès juin «reste importante». Il souligne dans L’Agefi que cela va se traduire par un dollar de plus en plus fort contre toutes les devises et en particulier les émergentes, «et ce avant même la première hausse des taux». «On devrait en effet observer des sorties de capitaux investis sur les fonds obligataires et actions des pays émergents. Ce n’est qu’au bout de quelques mois après la première hausse de taux que l’on devrait voir les devises émergentes se stabiliser contre dollar. D’ici là, la livre turque, le real brésilien et le rand sud-africain devraient tester des plus hauts de respectivement 2,75, 3,50 et 12,9», souligne-t-il.
Une vague de liquidité quitte la zone euro où les rendements sur les actifs sûrs sont infinitésimaux, voire négatifs, et se dirige vers les Etats-Unis et d’autres refuges comme le Danemark ou la Suisse, rapporte The Wall Street Journal. L’euro a chuté de 22 % face au dollar en moins d’un an, de 1,39 dollar à 1,08 dollar. Un phénomène provoqué par les politiques monétaires divergentes de part et d’autre de l’Atlantique, et exacerbée par la volonté des grands investisseurs de sortir leurs actifs de l’euro.
Neuberger Berman a annoncé le lancement d’un nouveau fonds alternatif au format Ucits, le Neuberger Berman Global Long Short Equity fund, en réponse à la forte demande de la clientèle. Le fonds, qui sera domicilié à Dublin, sera piloté par Daniel Geber, qui a rejoint Neuberger Berman l’an dernier en provenance de Man Group pour développer l’offre de produits alternatifs liquides. Il sera assisté des analystes Thuy Tran et Alan Freeman. Ce nouveau fonds vient compléter la gamme de fonds alternatifs liquides de Neuberger Berman qui totalise désormais quelque 28 milliards de dollars.
L’encours de parts émises par les fonds d’investissement non monétaires de la zone euro est ressorti en hausse à 8.832 milliards d’euros en janvier 2015, contre 8.441 milliards en décembre 2014, selon des statistiques communiquées par la Banque centrale européenne (BCE). Une progression de 390 milliards d’euros par rapport à décembre 2014 qui s’explique essentiellement par une augmentation de la valeur des parts. Les souscriptions nettes se sont inscrites à 35 milliards d’euros. Du côté des fonds monétaires de la zone euro, l’encours a augmenté à 972 milliards d’euros contre 919 milliards d’euros. Les souscriptions nettes se sont élevées à 28 milliards d’euros.En ce qui concerne la ventilation par stratégies de placement, en janvier 2015, le rythme de progression annuel des titres émis par les fonds « obligations » est ressorti à 6,9 % et les souscriptions nettes se sont élevés à 16 milliards d’euros. S’agissant des fonds « actions », le taux de croissance annuel s’est inscrit à 4,7 % et les souscriptions nettes mensuelles à 3 milliards d’euros. Pour les fonds « mixtes », le taux de croissance s’est établi à 13,9 % et les souscriptions nettes à 29 milliards d’euros.
Le marché des fusions-acquisitions allemand suscite des convoitises. Selon Mergermarket, qui organisait récemment le salon German M&A and Private Equity Forum à Düsseldorf, le marché allemand intéresse surtout les investisseurs en provenance des Etats-Unis et de Chine. Ces derniers ont revu à la hausse leurs investissements dans les sociétés allemandes en 2014. Il s’agit de la cinquième hausse consécutives, montrant le fort intérêt des investisseurs chinois pour les F&A. En 2014, 23 fusions-acquisitions ont été réalisées, pour un montant total de 2 milliards d’euros, une hausse de 86 % comparé à 2013.
La boutique LGM Investments, une filiale du groupe canadien BMO Global Asset Management spécialisée sur les marchés émergents et les marchés frontières, lance le BMO LGM Asian Smaller Companies fund, une stratégie dédiée aux petites capitalisations asiatiques, rapporte Citywire. Ce fonds, domicilié à Dublin, démarre avec 10 millions de dollars. Il sera géré par Christopher Darling, responsable des investissements, et Chiou How Teng, gérant de portefeuille.
Les sociétés de capital investissement, à l’instar de Carlyle ou Blackstone, sont en passe de dépenser des milliards de dollars pour réaliser des acquisitions dans le secteur du gaz et du pétrole, la chute du prix du pétrole devant en effet conduire à une vague de cession d’actifs, rapporte le Financial Times. Ainsi, Carlyle a indiqué que des investisseurs ont engagé 2,5 milliards de dollars dans son premier fonds international dédié au secteur de l’énergie, soit la plus grande levée de fonds dans l’histoire de la société, portant ainsi à 10 milliards de dollars sa capacité totale d’investissement dans le secteur de l’énergie. Carlyle ciblerait notamment la Mer du Nord, étant notamment prêt à investir 1 milliard de dollars dans des plateformes britanniques offshore.Blackstone n’est pas en reste. La firme dirigée par Stephen Schwarzman dispose en effet de 9 milliards de dollars à travers plusieurs fonds à investir dans le secteur énergétique. GSO, la filiale dédiée au crédit de Blackstone, est ainsi en train de lever un fonds de plus de 2,5 milliards de dollars pour investir dans les dettes des compagnies énergétiques.
BlackRock lance un nouvel ETF, iShares MSCI Target UK Real Estate Ucits ETF, le premier à proposer une exposition au marché immobilier britannique en répliquant de façon pertinente les caractéristiques de l’immobilier physique tout en préservant la liquidité et la facilité d’accès d’un REIT. La méthodologie de l’indice sous-jacent, le MSCI UK IMI Liquid Real Estate index, comprend trois composantes : une réduction de la volatilité par le biais de pondérations plus fortes pour les titres à faible volatilité, l’utilisation des bilans des REIT pour calculer la proportion moyenne de dette dans le portefeuille REIT, et enfin, l’allocation dans des obligations indexées sur l’inflation afin de réduire le levier et de fournir une protection contre l’inflation. Le total des frais sur encours est de 0,4%. iShares a déjà lancé en janvier dernier un fonds proposant une exposition à l’immobilier américain, iShares MSCI Target US Real Estate Ucits ETF.
Les actifs sous gestion des fonds de placement distribués en Suisse ont augmenté de 5,3% au mois de février pour s'établir à 870 milliards de francs suisses. Les entrées nettes de fonds ont représenté plus de 8 milliards de francs suisses, a indiqué le 18 mars la Swiss Funds & Asset Management Association (SFAMA). La bonne tenue des marchés actions a également contribué à la progression des encours.Toutes les catégories de fonds ont collecté, y compris les fonds obligataires, mais cette situation pourrait évoluer compte tenu des taux d’intérêt historiquement bas qui ne peuvent guère satisfaire aux performances requises par de nombreux investisseurs institutionnels.Ce sont les fonds spécialisés sur les actions qui enregistrent la plus forte collecte (4,21 milliards de francs suisses), devant les fonds obligataires (3,14 milliards de francs suisses) et les fonds stratégiques (1,23 milliard de francs suisses).Le palmarès des banques distributrices ne bouge pas d’un iota: UBS, avec une part de marché de 25,7% devance Credit Suisse (14,7%), Pictet (5,8%), Swisscanto (5%), BlackRock (4,67), ZKB (4,5%), Swiss & Global Asset Management (3,1%), Lombard Odier (2,3%), Vontobel (1,5%) et JPMorgan (1,4%).
Jana Partners, le hedge fund spécialisé dans l’investissement «event-driven» fondé en 2001 par Barry Rosenstein, a cédé une participation de 20% de son capital à Dyal Capital Partners, une filiale du gérant Neuberger Berman dédiée à l’investissement minoritaire dans l’univers de la gestion alternative, rapporte le Wall Street Journal. L’opération, dont le montant n’a pas été dévoilé, valoriserait Jana Partners autour de 2 milliards de dollars, selon une source proche du dossier cité par le Wall Street Journal. Cette participation est cependant passive, ce qui signifie que Dyal Capital Partners ne jouera pas de rôle opérationnel, selon une lettre adressée par Jana aux investisseurs. Basé à New York, Jana Partners gère plus de 11 milliards de dollars d’actifs.
Prudential Investments vient de lancer le Prudential Core Bond Fund, une stratégie obligataire qui permet d’investir dans un portefeuille diversifié de titres notés en catégorie d’investissement, dont les titres du gouvernement américain, les titres hypothécaires et la dette corporate. Le fonds, qui résulte d’un repositionnement de l’ancien Target Intermediate-Term Bond Portfolio, est conseillé par Prudential Fixed Income, l’un des plus gros gestionnaires obligataires américains avec des encours de 543 milliards de dollars à fin décembre 2014. L'équipe de gestion, qui compte en moyenne plus de 21 ans de métier, comprend Michael Collins, managing director et responsable senior de l’investissement, Gregory Peters, managing director et responsable senior de l’investissement, et Richard Piccirillo, associé et gérant de portefeuille senior.
Generali a l’intention de vendre 11 biens immobiliers jusqu’ici détenus par le fonds immobilier Scarlatti, contrôlé par Generali Real Estate, la société immobilière du groupe de Trieste, selon des indiscrétions de la presse italiennes rapportées par Bluerating. La transaction tournerait autour de 300 millions d’euros. Il s’agit principalement d’immeubles de bureaux et d’entreprises situés entre Milan et l’hinterland au Nord de la ville.
Pascal Blanqué, global CIO d’Amundi, voit quatre défis pour les investisseurs dans l’environnement actuel, marqué par une réévaluation des actifs risqués et les taux bas. Le premier consiste à garder un regard sur la croissance de l'économie mondiale."Il faudrait qu’elle reste supérieure à 3 % ou 3,5 % pour justifier les primes de risque actuels», souligne le responsable. Le deuxième point à prendre en compte est la préservation de la valeur actuelle des portefeuilles acquise sur les deux ou trois dernières années de hausse des marchés. Tout un travail de gestion de portefeuille s’impose, comme la prise de bénéfices, une éventuelle réduction de la voilure, «ce qui ne signifie pas forcément une position défensive non plus», ajoute-t-il. Un troisième défi est l’attention accrue portée au risque de liquidité. En excédent d’un point de vue macro-économique, il existe selon Pascal Blanqué un risque de détérioration de la liquidité due au «rush frénétique de capture des rendements sur des classes d’actifs naturellement moins liquides», qui intervient alors que la crise a retiré du marché du market making les banques d’investissement. Enfin, dernier défi, les investisseurs doivent être éduqués sur les anticipations de rendement à attendre à moyen terme, en comparaison à la performance des dernières années. «Ces performances ne sont pas réplicables», a souligné Pascal Blanqué, qui table sur des performances moyennes de portefeuilles plus basses pour les prochaines années.
En ce début 2015, l’engouement pour les ETF n’a jamais été aussi marqué. Même si le fondateur de Vanguard, John Bogle, remonte au créneau pour dénoncer un produit qu’il assimile à un pur véhicule spéculatif qui ne profite qu’aux courtiers (lire Newsmanagers du 16 mars). En Europe, la collecte nette des ETF sur les deux premiers mois de l’année atteint 21 milliards d’euros, un montant proche de 50% de la collecte observée sur l’ensemble de 2014!Le marché européen des ETF est encore modeste, avec un montant d’environ 500 milliards de dollars contre 2.500 milliards environ pour le marché américain mais sa part dans le total des actifs sous gestion continue d’afficher une croissance à deux chiffres, supérieure à celle observée aux Etats-Unis. Selon les chiffres du Boston Consulting Group, les gestions passives et les ETF représentaient en 2013 15% des actifs globaux contre seulement 3% dix ans plus tôt. Parallèlement, les actifs sous gestion dans les portefeuilles «core» gérés activement, qui représentaient 63% des totaux en 2003, pourraient baisser à 40% d’ici à 2017.A l’occasion d’un point de presse, Arnaud Llinas, directeur des ETFs et de la gestion indicielle chez Lyxor Asset Management, a estimé le 17 mars que la forte croissance des deux premiers mois de l’année pourrait bien se poursuivre au cours des prochains mois. D’abord en raison du «rempart» de la politique d’assouplissement quantitatif de la Banque centrale européenne qui favorise la hausse des actifs. Ensuite, la base de clientèle s’élargit progressivement, notamment du côté des banques privées, un mouvement qui devrait se poursuivre et s’accentuer. Enfin, la suppression des commissions, qui s’applique déjà au Royaume-Uni et aux Pays-Bas, peut évidemment favoriser un produit comme les ETF.Dans ce contexte, le segment des ETF smart beta, qui a enregistré l’an dernier une collecte nette de 4 milliards d’euros, constitue une nouvelle proposition d’investissement qui renforce l’intérêt des investisseurs pour les ETF. Les fonds de gestion smart beta sont notamment utilisés pour s’exposer à des stratégies qui n’étaient jusqu’alors proposées que dans un format actif.Selon Lyxor, un portefeuille type pourrait être ainsi divisé à raison de 60/20/20 entre des ETF et produits indiciels «core» (60), des expositions tactiques utilisant des ETF et le smart beta (20), et la composante active représentée par la gestion alternative et le smart beta (20).
A l’heure de dévoiler sa stratégie d’allocation d’actifs pour l’année 2015, ING Investment Management (ING IM) ne se démarque pas réellement de la concurrence. A l’instar de bon nombre de sociétés de gestion, le groupe néerlandais accorde une nette préférence aux actions européennes. «Notre classe d’actifs préférés est clairement les actions, et en particulier les actions européennes, a avancé Patrick Moonen, stratégiste senior et membre de l’équipe d’allocation tactique chez ING IM, lors d’une rencontre avec la presse le mardi 17 mars. L’Europe est de loin la zone qui a le mieux performé depuis le début de l’année alors que les Etats-Unis est la zone qui a le moins bien performé.» De fait, à en croire Patrick Moonen, la zone euro se comporte de mieux en mieux, les chiffres macro-économiques étant nettement supérieurs aux attentes. Une tendance positive largement tirée par la baisse du prix du pétrole qui induit une hausse de la consommation, la dépréciation de l’euro face au dollar, l’amélioration du marché du crédit avec une reprise de la demande et la politique d’assouplissement quantitatif de la Banque centrale européenne. Seul bémol: la zone euro reste confrontée à des déséquilibres structurels, caractérisés par des problèmes de compétitivité et de rentabilité. «Mais la confiance est de retour et la consommation et la production industrielle reprennent», note Patrick Moonen. Preuve de son optimisme pour la zone euro, le stratégiste d’ING IM table sur une croissance des bénéfices des entreprises de 9% en Europe contre 4% aux Etats-Unis. «Mais la croissance des bénéfices aux Etats-Unis sera revue à la baisse tandis que la croissance des bénéfices en Europe sera revue à la hausse, croit Patrick Moonen. Actuellement, la dynamique de croissance des bénéfices favorise l’Europe. Si ING IM surpondère les actions pour l’année 2015, le gestionnaire d’actifs se montre clairement négatif sur les obligations, et en particulier sur les dettes souveraines dont les obligations souveraines allemandes alors que le taux allemand à 10 ans est aujourd’hui à 25 points de base. «On peut se demander si la baisse des taux d’intérêt n’est pas allée trop loin, a remarqué Patrick Moonen. 16% des obligations d’Etat offrent un rendement négatif. Dans ce contexte, nous sous-pondérons les obligations d’Etat, et en particulier les obligations allemandes car la rémunération du risque n’est pas du tout attractive.» A contrario, ING IM reste surpondéré sur les obligations plus risquées comme les obligations corporate de première qualité et le high yield.
Au mois de février, l’indice des hedge funds calculé par Credit Suisse a progressé de 1,06%, six des dix composantes de l’indice ayant terminé le mois en territoire positif. Les meilleures performances ont été enregistrées par les stratégies event driven, avec un gain de 2,25% sur le mois, devant les long/short equity (1,99%), l’arbitrage de convertibles (0,95%) et l’arbitrage obligataire (0,74%). Les stratégies les plus médiocres ont été le dedicated short bias, qui a perdu 5,74% sur le mois, devant l’equity market neutral (-1,90%) et les managed futures (-1,15%).
La perspective d’une hausse des taux de la Réserve fédérale (Fed) dans le courant du deuxième trimestre a incité les investisseurs à sortir des actions américaines, selon le dernier sondage BofA Merrill Lynch réalisé entre les 6 et 12 mars auprès d’un échantillon de 207 participants représentant un encours cumulé de 565 milliards de dollars d’actifs sous gestion. Les investisseurs sont désormais 19% à être sous-pondérés sur les actions américaines, un ratio jamais vu depuis janvier 2008, alors qu’ils étaient surpondérés en février. La proportion des investisseurs estimant les actions américaines surévaluées a d’ailleurs atteint son plus haut niveau depuis mai 2000 avec un ratio de 23%. En revanche, les allocations dans les actions de la zone euro et japonaises sont orientées à la hausse mais la tendance en faveur de l’Europe ne fait que commencer, précisent les investisseurs internationaux. Ils sont 63% (contre seulement 18% en janvier) à indiquer que l’Europe est la région dans laquelle ils seront de préférence surpondérés dans les douze prochains mois. Un pourcentage jamais vu depuis que le sondage existe (2001). Les investisseurs européens eux-mêmes sont dans le même état d’esprit, avec notamment une surpondération des banques pour 22% d’entre eux, à comparer à une sous-pondération pour 26% le mois précédent. Même tendance sur le secteur de l’assurance, avec 31% des investisseurs européens surpondérés sur les compagnies, alors qu’ils étaient 3% à être sous-pondérés en février. La réduction de l’exposition aux actions américaines devrait se poursuivre puisque 35% des investisseurs indiquent que les Etats-Unis est la région du monde qu’ils préfèreraient sous-pondérer au cours des douze prochains mois, un niveau qui n’avait pas été observé depuis près de dix ans. L'écart entre Europe et Etats-Unis atteint ainsi 98 points de pourcentage en net, là encore un niveau record. Le sondage de mars donne lieu à un changement marqué sur le calendrier de hausse des taux. La proportion des investisseurs s’attendant à un relèvement des taux au deuxième trimestre s'élève à 34% contre 28% précédemment. Dans le même temps, le camp de ceux qui n’attendent pas de mouvement sur les taux avant le troisième trimestre recule. Et, dans la même veine, ils sont 2% à estimer que le dollar est surévalué, une perception jamais vue depuis 2009. «Le consensus des investisseurs suggère que la vigueur du dollar sera un facteur plus positif que négatif pour l'économie mondiale et les marchés», indique Michael Hartnett, stratégiste en chef chez BofA Merrill Lynch Global Research, cité dans un communiqué. «L’optimisme vis-à-vis des actions européennes a atteint des niveaux jamais vus. La demande pour les financières souligne la confiance dans la croissance de la région, tandis que les espoirs fondés sur les exportateurs européens continue de profiter des gains observés le mois dernier», relève pour sa part Manish Kabra, stratégiste quantitatif sur les actions européennes.
Les fonds d’actions japonaises font partie des fonds spécialisés des pays développés qui connaissent un regain d’intérêt. Malgré la révision à la baisse du PIB du quatrième trimestre, les investisseurs espèrent un rebond plus marqué de l’économie japonaise, alors que l’impact de la hausse de la TVA s’estompe et que les données sur l’inflation laissent présager une poursuite du programme d’assouplissement quantitatif de la Banque du Japon.De passage à Paris en début de semaine, Kwok Chem Yeh, responsable de l’Investment Management pour le Japon chez Aberdeen Asset Management, n’est pas totalement confiant sur les perspectives de l’économie japonaise mais estime que les investisseurs devraient s’intéresser davantage aux actions japonaises, et tout particulièrement aux petites capitalisations. Les avis sont partagés quant à la capacité du premier ministre Shinzo Abe d’entreprendre des réformes difficiles mais les actions se négocient à leur juste valeur. En outre, les bénéfices des entreprises devraient croître à un bon rythme, sous le double impact du yen faible et de l’impact ponctuel de la chute des cours du pétrole.Par ailleurs, a souligné Kwok Chem Yeh, «la situation s’améliore lentement sur le front de la gouvernance d’entreprise. Trop lentement à notre goût, mais la tendance est bien là». Depuis quelques années, par exemple, le nombre d’administrateurs indépendants dans les conseils d’administration augmente régulièrement pour atteindre dernièrement plus de 20% du total contre 1% ou 2% en 2009.Les petites capitalisations présentent un intérêt particulier dans la mesure où la recherche sur ces entreprises est souvent moins importante alors qu’en raison de leur taille, leur potentiel de croissance est supérieur à celui des grandes entreprises. Au Japon, ces différences bien connues sont magnifiées, avec notamment plus de 40% des entreprises de l’indice Topix non couvertes par des analystes et des taux de croissance souvent plus élevés.Le portefeuille d’Aberdeen spécialisé dans les petites capitalisations est investi dans un peu moins de 40 entreprises, du secteur des biens de consommation à l’échelle locale ou à l’échelle mondiale, ou bien encore d’entreprises industrielles faisant partie des chaînes d’approvisionnement au niveau mondial. Le Japan Smaller Companies Fund affiche une progression de plus de 45% sur un an contre 26,7% pour l’indice de référence, 35,1% sur trois ans contre 25% pour l’indice. Depuis le début de l’année, le fonds a dégagé un gain de 8,5% contre 6,2% pour l’indice…