Le fonds de pension californien CalPERS, dont les actifs sous gestion s’inscrivaient à un peu plus de 301 milliards de dollars à fin juin 2015, a justifié une nouvelle fois sa décision de septembre 2014 de mettre fin à son programme d’investissement dans les hedge funds, Absolute Return Stratégies (ARS). «Comme nous l’avions très clairement indiqué à l'époque, la performance du programme n’a pas constitué un argument moteur dans notre décision. En fait, la performance historique d’ARS, bonne ou mauvaise, n’a pas modifié l’aiguille de la performance au niveau de l’ensemble du portefeuille d’une façon significative», écrit CalPERS dans une note explicative. CalPERS avait en outre affirmé que la décision de fermer le programme alternatif était due essentiellement à son coût, à sa complexité et à son risque. La décision était également une question de taille, puisque «accroître la taille du programme de façon à le rendre efficace pour un fonds de notre taille n'était pas faisable». Evoquant un article de la presse américaine («Fortune»), CalPERS souligne que comparer une année de performance hypothétique du programme avec les économies réalisées effectivement en termes de commissions est une approche spéculative qui peut être assimilée à «comparer des pommes avec des poires», insiste CalPERS. Selon Fortune, CalPERS aurait peut-être pris la mauvaise décision puisque le maintien du programme au sein du portefeuille aurait pu générer environ 176 millions de dollars supplémentaires pour les participants au fonds. «CalPERS est un investisseur de long terme. Nous investissons avec un horizon d’investissement de 30 à 50 ans. Nous estimons que toute indication de performance sur un an, dans n’importe quelle classe d’actifs, ne constitue pas «une mesure appropriée de la santé globale de notre fonds».
Amundi adopte une stratégie inhabituelle pour protéger ses fonds d’obligations d’entreprises de la volatilité des marchés : l’achat de dette encore plus risquée, rapporte le Wall Street Journal. La principale société de gestion en Europe pense que les faibles rendements sur les obligations d’entreprises européennes bien notées, ainsi que les spread étroits des obligations gouvernementales considérées comme des refuges, n’offrent pas aux investisseurs suffisamment de protection contre une vente massive sur les marchés. Se reporter sur de la dette moins bien notée comporte des risques, dont celui plus important de défaut. « Nous sommes inquiets », reconnaît Marie-Anne Allier, responsable gestion taux euro aggregate chez Amundi. « Lorsque vous avez de très faibles rendements et de faibles spread, vous n’avez absolument aucune protection contre la volatilité ». Parmi les titres achetés par Amundi figurent les obligations junior émises par les banques.
Déjà divergentes l’an dernier, les politiques monétaires des grandes banques centrales le sont encore davantage depuis décembre 2015 et la décision de la Réserve fédérale américaine d’amorcer un relèvement de ses taux d’intérêt. Parallèlement, on le sait, la Banque centrale européenne et la Banque du Japon continuent voire accentuent leur politique d’assouplissement quantitatif sur fond d’inquiétudes sur l’état de santé de l’économie chinoise. Dans ce contexte, les investisseurs ont favorisé les fonds dédiés aux actions européennes, japonaises et internationales hors Etats-Unis et délaissé parallèlement les fonds d’actions américaines et les fonds d’actions émergentes. Les fonds d’actions européennes ont ainsi attiré 134,54 milliards de dollars sur l’ensemble de l’année, dont encore plus de 29 milliards de dollars au quatrième trimestre, contre à peine 55 milliards de dollars en 2014, selon des estimations préliminaires communiquées par le cabinet spécialisé EPFR Global. Les seuls fonds d’actions allemandes ont enregistré des entrées nettes pour un montant de 9 milliards de dollars alors qu’ils avaient subi des sorties nettes pour un montant de plus de 8 milliards de dollars en 2014. Les fonds d’actions internationales hors Etats-Unis ont collecté 133,22 milliards de dollars sur l’année contre 117,96 milliards de dollars l’année précédente tandis que les fonds d’actions japonaises ont drainé 57,8 milliards de dollars en 2015 contre 44,89 milliards en 2014. En revanche, les fonds d’actions émergentes affichent une décollecte nette de plus de 69 milliards de dollars, contre -26,7 milliards de dollars en 2014. Les sorties des fonds d’actions chinoises ont augmenté à 17,7 milliards de dollars sur un an contre 9,2 milliards de dollars en 2014 alors que les fonds d’actions indiennes ont presque doublé la mise avec des entrées nettes de 10,85 milliards de dollars contre 5,7 milliards de dollars en 2014. Côté obligataire, les fonds toutes catégories confondues ont encore subi des sorties nettes de 29,39 milliards de dollars au quatrième trimestre si bien que sur l’ensemble de l’année, le solde est positif mais de seulement 518 millions alors que l’année précédente, la collecte s’était élevée à un peu plus de 121 milliards de dollars. Les fonds dédiés aux obligations européennes ont attiré 13,3 milliards de dollars sur l’ensemble de l’année écoulée contre plus de 59 milliards de dollars l’année précédente. Les fonds d’obligations américaines ont attiré près de 31 milliards de dollars sur l’année contre 71,6 milliards de dollars en 2014. L’analyse sectorielle montre que les fonds spécialisés dans la santé et les biotechnologies ont attiré l’an dernier 27,39 milliards de dollars contre 19,15 milliards de dollars en 2014 malgré des rachats de 34,8 milliards de dollars au quatrième trimestre. Les fonds dédiés à l’énergie ont drainé 19,85 milliards de dollars (dont 4,68 milliards au quatrième trimestre) contre 24,22 milliards de dollars en 2014. En revanche, les fonds d’infrastructures terminent l’année sur des rachats de 7,9 milliards de dollars après des souscriptions pour un montant net équivalent l’année précédente. Les fonds de matières premières ont de leur côté subi une décollecte nette de 5,58 milliards de dollars après -11,87 milliards de dollars en 2014.
Ce n’est peut-être pas une capitulation mais cela commence à y ressembler. Les investisseurs anticipent en ces premiers jours de janvier les conséquences des coûts liés à la remontée des taux américains qui va favoriser une hausse du dollar et des coûts de refinancement plus élevés qui vont peser sur les marges des entreprises. Du coup, les fonds spécialisés sur les actions américaines ont subi durant la semaine au 13 janvier des sorties nettes pour un montant de 12,5 milliards de dollars, le plus élevé des dix-huit dernières semaines, selon les statistiques hebdomadaires communiquées par BofA Merrill Lynch sur la base des données fournies par le spécialiste du suivi des flux EPFR Global. Les fonds monétaires ont de leur côté engrangé 24 milliards de dollars sur la semaine et 149 milliards de dollars depuis le quatrième trimestre 2015. Pour l’ensemble des fonds actions, la semaine sous revue s’est soldée par une décollecte nette de 11,9 milliards de dollars, la plus importante des dix-huit dernières semaines. Les fonds d’actions européennes ont enregistré leur première décollecte des quinze dernières semaines, pour un montant il est vrai modeste de 0,1 milliard de dollars. Les fonds dédiés aux actions émergentes restent pris dans leur spirale négative avec une décollecte de 1,6 milliard de dollars. Seul le Japon résiste plutôt bien, avec des entrées nettes de 2 milliards de dollars, la plus importante des dix-sept dernières semaines. On observe, au niveau sectoriel, des sorties de 1,1 milliard de dollars sur les fonds spécialisés sur les technologies et de 0,7 milliard de dollars sur les fonds dédiées aux financières, des montants plus vus depuis une vingtaine de semaines. Côté obligataire, la semaine s’est terminée pour l’ensemble des catégories par une collecte nette de 2,3 milliards de dollars. Les fonds spécialisés sur les obligations en catégorie d’investissement ont attiré 3 milliards de dollars, le montant le plus élevé des six dernières semaines. Les fonds d’obligations municipales ont continué d’engranger des capitaux pour un montant net de 0,7 milliard de dollars. En revanche, les fonds d’obligations à haut rendement ont subi des sorties nettes significatives de 4,1 milliards de dollars. Même tendance mais moins marquée pour les fonds de prêts (-0,4 milliard de dollars) et les fonds de dette émergente (-0,5 milliard de dollars).
Le président et directeur général de BlackRock, Laurence Fink, estime dans une interview au Wall Street Journal que les marchés financiers iront « bien » cette année, malgré les turbulences de ce début d’année. Pour lui, les marchés traversent une « période de correction » et le font « rapidement ». « Pourrions-nous assister à une érosion supplémentaire à court terme ? », se demande-t-il ? « Bien sûr », répond-il. Mais « sur 12 mois, je pense que les marchés iront bien, et seront probablement à un niveau plus élevé que ce qu’ils sont actuellement ».
Nadège Dufossé, responsable de l’allocation d’actifs chez Candriam, indique que la société de gestion a commencé à réduire son exposition au risque début décembre. «Nous nous adaptons aux signaux envoyés par le marché. Ceux-ci montrent une certaine vulnérabilité, notamment sur les actions américaines», constate-t-elle. Le seul marché un peu plus favorable selon Candriam reste l’Europe. Son scénario pour 2016 préfère les actions aux obligations, avec une préférence pour l’Europe. «Les indicateurs économiques y sont bien orientés et la croissance des bénéfices des entreprises, clairement positive, devrait contraster avec la baisse des résultats américains au dernier trimestre 2015", souligne Nadège Dufossé.
Dans L’Agefi, Cyrille Collet, directeur de la gestion actions de CPR AM, indique que l’année commence avec une reprise de la croissance économique en Europe, surtout en zone euro, et des bénéfices prévus en croissance de 8 à 9%, dans un univers de faiblesse des taux longs. «Dans ce contexte, le premier semestre est attendu bien orienté. Le second dépendra de la politique de normalisation de la Fed et de la stabilisation du prix du pétrole et des matières premières», anticipe-t-il. «Une année volatile donc, mais qui pourrait, comme l’an dernier, voir la performance se réaliser dans sa première partie dès que les angoisses chinoises et sur l’offre de pétrole se calmeront», souligne Cyrille Collet.
AltaFund, le fonds d’investissement dont Altarea Cogedim est le sponsor et l’opérateur, cède son opération « Austerlitz » à la Caisse des Dépôts. Situé à proximité immédiate de la gare Paris-Austerlitz sur la SEMAPA (ZAC Paris Rive-Gauche), l’ensemble « Austerlitz » est conçu par le cabinet d’architecture Ateliers 2/3/4. L’immeuble sera livré fin 2017 par Altarea Cogedim Entreprise qui reste promoteur de l’opération jusqu’à la fin des travaux.
Les banquiers privés suisses sont durement touchés par l’appréciation du franc suisse depuis la levée du taux plancher EUR/CHF, il y a un an. Leur association faîtière appelle de ses voeux une amélioration des conditions-cadre, afin d’éviter une externalisation des services à l’étranger, rapporte L’Agefi suisse. «Un processus de délocalisation risque de s’amorcer de manière insidieuse», a averti hier Boris Collardi, président de l’Association suisse des banquiers privés (ASBP), lors d’une conférence de presse à Berne. Pour Boris Collardi, l’activité de banque privée constitue une industrie exportatrice au même titre que les machines, l’horlogerie ou le tourisme. «La majorité de nos clients réside à l’étranger et nous en assurons le suivi depuis la Suisse où nous produisons l’essentiel de nos prestations», a souligné le directeur général (CEO) de Julius Baer.Les banques privées souffrent d’un déséquilibre monétaire entre leurs coûts, qui sont majoritairement en francs, et leurs recettes essentiellement en devises étrangères. En moyenne, 55% des dépenses sont libellées dans la monnaie suisse, contre 15% seulement des recettes. Il en résulte un déséquilibre de 40%, à en croire les chiffres fournis par l’association. Ces valeurs sont très proches de celles du groupe horloger Swatch. L’abandon du taux plancher EUR/CHF et l’appréciation consécutive de la devise suisse a causé un recul de 5,6% du produit du secteur suisse de banque privée, à 25 milliards de francs, affirme l’ASBP. Questionné sur le coût des taux négatifs - autre décision de la Banque nationale suisse (BNS) prise le 15 janvier 2015 - Boris Collardi a avancé une ancienne estimation qui faisait état «d’une ou deux centaines de millions de francs».
Le secteur des fonds allemands a enregistré au mois de novembre une collecte nette de 11,4 milliards d’euros, selon les derniers chiffres communiqués par l’association allemande des gestionnaires d’actifs (BVI). Les fonds d’investissement ouverts au public et les fonds réservés aux institutionnels ont attiré 14,2 milliards d’euros mais les mandats ont subi des rachats pour un montant net de 2,8 milliards d’euros. Sur les onze premiers mois de l’année, la collecte nette atteint le niveau record de 171 milliards d’euros. Du côté des fonds ouverts au public, les fonds actions ont attiré 3,3 milliards d’euros en novembre, les fonds diversifiés 2,6 milliards d’euros et les fonds immobiliers 0,3 milliard d’euros. En revanche, les fonds obligataires ont subi des sorties nettes pour un montant de 1,5 milliard d’euros. Sur onze mois, la palme de la collecte revient aux fonds diversifiés, avec un montant de 36 milliards d’euros, devant les fonds d’actions (17 milliards d’euros) et les fonds obligataires (8 milliards d’euros). Les fonds immobiliers affichent en revanche une décollecte nette de 3,1 milliards d’euros. A fin novembre, les actifs sous gestion du secteur totalisaient plus de 2.600 milliards d’euros, dont 1.400 milliards d’euros dans les fonds réservés aux institutionnels et 901 milliards dans les fonds ouverts au public.
Eres, premier acteur indépendant en épargne salariale, retraite et actionnariat salarié, intègre les dispositions de la «loi Macron» en matière d’épargne salariale et lance une nouvelle offre d’épargne salariale (PEI/PERCOI) en architecture ouverte «Eres sélection 6». Elle s’adresse aux TPE/PME accompagnées par un conseiller en gestion de patrimoine (CGP), un courtier en assurance et/ou un expert-comptable. «Eres sélection 6» intègre les innovations de la loi Macron: un fonds PEA-PME pour bénéficier du taux de forfait social réduit et une diversification dans les OPCI. Plus précisément, la nouvelle offre entre autres aux bénéficiaires la possibilité de bénéficier du taux réduit de forfait social à 16% (au lieu de 20%) dans le PERCO, un nouveau FCPE multi-entreprise «Eres Sélection PME» donnant accès aux meilleurs gérants de fonds PEA-PME, une nouvelle option de versement périodique de l’employeur dans le PERCOI, ainsi que l’accès à des OPCI via les fonds «Eres Sélection Modéré», Eres Sélection Moyen Terme» et «Eres LFP Obligataire».
JP Morgan Asset Management renforce son offre de gestion alternative avec le lancement d’un fonds de hedge funds au format Ucits, le JP Morgan Funds - Multi-Manager Alternatives Fund, qui sera piloté par Paul Zummo, CIO de JP Morgan Alternative Asset Management. Il sera épaulé par deux cogérants, Randy Wachtel et Christopher Marshall. La stratégie, qui investira dans les stratégies des hedge funds sous-jacents, en fonction de leur intérêt relatif, vise également une appréciation à long terme du capital, avec une faible volatilité et une faible sensibilité aux marchés traditionnels des actions et des obligations. La sélection des gérants sera réalisé dans le cadre d’une approche bottom-up, avec dans un premier temps entre huit et douze gérants sous-jacents.
Pioneer Investments vient de lancer un fonds d’obligations subordonnées internationales qui vise à compenser les niveaux toujours très bas des rendements sur le crédit, rapporte le site spécialié Investment Europe. La stratégie sera investie à hauteur de 25% au minimum dans des titres hybrides d’entreprises industrielles et financières. La stratégie va également s’efforcer d’optimiser les rendements ajustés du risque en ayant recours à un «biais qualité» et en donnant la priorité à la qualité de l'émetteur et à la robustesse de la structure de l'émission. Pioneer sera très sensible à la gestion du risque en donnant une attention particulière à la gestion de la liquidité et des pertes maximales («drawdown»). Le fonds sera géré à partir du centre d’investissement de Dublin par Tanguy Le Saout, responsable de l’obligataire européen, et Vianney Hocquet, gérant de portefeuille. Avec l’aide d’une équipe de recherche sur le crédit international forte de 25 personnes, les deux spécialistes affecteront les fonds à différentes classes d’actifs, pays et notations, en fonction d’une analyse risque/rendement. «Les rendements étant de plus en plus difficiles à trouver, les investisseurs peuvent opter pour des obligations aux maturités plus longues ou émises par des sociétés affichant des spreads de crédit plus élevés mais le niveau potentiel du rendement ne va pas forcément compenser les risques sous-jacents associés avec cette allocation, à savoir la hausse des taux et un risque de défaut en hausse», explique Tanguy Le Saout. «La dette subordonnée a tendance à présenter des spreads entre deux et quatre fois plus élevés que les spreads des titres senior, et elle peut offrir au moins deux à trois fois le rendement d’obligations senior émises par des sociétés affichant des notes similaires».
Jeffrey Gundlach, le fondateur de DoubleLine Capital, a prévenu les investisseurs mardi qu’il était encore trop tôt pour investir dans des obligations pourries américaines vu que des rachats menaçaient la classe d’actifs, rapporte le Financial Times. L’investisseur indique que la décision de Third Avenue, la société de gestion qui a fermé l’un de ses fonds crédit l’année dernière, était un « problème » pour le marché obligataire à haut rendement et pourrait provoquer de nouvelles décollectes. « Je serai inquiet lorsque les rachats arrivent pour les hedge funds crédit », a-t-il ajouté. « Ce sera difficile à absorber pour le marché (…) ».
L’année 2016 pourrait être favorable à un renouveau du solaire. Le gérant spécialiste de l'énergie solaire, Pascal Rochat, créateur et CEO de Active Niche Funds, en est en tout cas convaincu. Créé en 2007, Niche Funds est une société de gestion suisse spécialisée dans les technologies propres, dont bien évidemment l'énergie solaire. Récemment de passage à Paris, Pascal Rochat a estimé qu’il était peut-être temps de revenir sur le secteur solaire. Le secteur a digéré sa crise de jeunesse pour repartir sur des bases beaucoup plus saines. «Investir dans le solaire maintenant est totalement différent d’une exposition prise avant 2013", souligne Pascal Rochat. Après de lourdes pertes entre la mi-2011 et la mi-2013, les meilleures sociétés ont retrouvé des couleurs et renoué avec les bénéfices en 2015. Autrement dit, dans un contexte où la lutte contre le changement climatique est devenue un enjeu mondial, comme l’a bien montré l’accord sur le climat conclu début décembre à Pairs à l’issue de la COP 21, l’année 2016 pourrait être un point d’entrée très favorable. Et Pascal Rochat ne manque pas d’arguments. Outre le retour à meilleure fortune des principaux acteurs, le secteur bénéficie de perspectives très encourageantes. Les prix de vente des panneaux solaires se sont stabilisés et les coûts de production continuent de baisser, ce qui implique que les marges et la rentabilité augmentent. En outre, le secteur est proche de la sous-capacité si bien que toutes les sociétés veulent investir dans de nouvelles usines de production, ce qui augmentera mécaniquement les chiffres d’affaires et les bénéfices. Tout cela dans un contexte où la demande est bien au rendez-vous. L’Agence Internationale de l’Energie, estime que le solaire, qui représente seulement 1,3% de la production mondiale d'électricité en 2015, devrait peser au moins 2% d’ici à 2020 pour constituer en 2050 la principale source d'électricité avec une part de 27%! Active Solar, la stratégie d’Active Niche Funds dédiée à l'énergie solaire présentée comme «le premier fonds mondial en actions uniquement dédié à l'énergie solaire», pourrait ainsi constituer le véhicule idéal pour un investissement de moyen à long terme. Lancé en septembre 2008, le fonds très concentré (23 lignes), qui affiche un encours d’environ 52 millions d’euros, a connu des moments difficiles depuis sa création, avec un recul de près de 71% en 2011 en pleine crise du secteur mais depuis 2013, la situation s’améliore. Le fonds termine 2015 sur un recul de 4% après des gains de 2,9% en 2014 et de plus de 150% en 2013. Après un été 2015 difficile, le fonds a pris 15% en décembre dernier en raison de l’accord de Paris mais aussi suite à une décision de l’administration américaine, à savoir une extension du crédit d’impôt de 30% pour tous les investissements solaires jusqu’en 2019. Pascal Rochat observe que de nombreuses sociétés de gestion marquent leur intérêt pour le secteur et qu’un grand investisseur institutionnel a même décidé d’abandonner ses investissements dans les énergies fossiles pour se concentrer sur les énergies renouvelables...
Parmi les défis que vont devoir relever les gestionnaires à travers le monde figurent notamment les pressions à la baisse sur les commissions, souligne Cerulli Associates dans sa dernière livraison de la publication «The Cerulli Edge-Global Edition». «En Europe, comme dans le reste du monde, la pression à la baisse sur les commissions, alimentée par la gestion passive, les comparaisons que permettent les plateformes et les régulateurs, ne va pas diminuer en 2016. Les gestionnaires répondent, avec par exemple la décision des partisans de la gestion active de se lancer dans les ETF. D’autres exemples incluent la diversification et l’acquisition/création de plateformes et de capacités dans les technologies financières («fintech»)», explique Barbara Wall, managing director du bureau européen de Cerulli Associates. L’Europe ne représente que 18% du marché mondial des ETF, contre 70% pour les Etats-Unis, mais Barbara Wall estime que les choses sont en train de changer. La clientèle européenne connaît de mieux en mieux le véhicule des ETF, notamment dans les rangs du segment des «mass affluent». Les plateformes des grands groupes de gestion comme Fidelity proposent des ETF d’acteurs de premier plan comme Vanguard, HSBC ou encore iShares. Certains acteurs comme le gestionnaire de fortune en ligne Nutmeg contribuent également à la notoriété des ETF chez les investisseurs retail. Cela dit, les gestionnaires européens ont au moins une raison de se réjouir dans la mesure où la migration des compagnies d’assurances vers les produits en unités de compte représente une réelle opportunité. Cerulli estime que la demande croissante pour les fonds multi-classes d’actifs devrait être exploitée. Il reste que les investisseurs institutionnels ont tendance à se regrouper pour mettre en œuvre leur politique d’investissement, ce qui leur permet de diminuer les coûts puisqu’ils utilisent moins de gestionnaires externes voire se passent carrément de leurs services.
Les ETF/ETP ont enregistré l’an dernier une collecte record de 372 milliards de dollars, soit une progression de 10% par rapport au précédent record établi l’an dernier de 338 milliards de dollars, selon les dernières estimations communiquées par le cabinet spécialisé ETFGI. La collecte du seul mois de décembre s’est élevée à 55 milliards de dollars, le montant mensuel le plus important sur l’année écoulée. Toutes les statistiques de référence du secteur se sont d’ailleurs orientées à la hausse. Le nombre d’ETF/ETP passe de 5.550 à 6.146, le nombre de cotations passe de 10.771 à 11.750, les actifs sous gestion s'élèvent à 2.992 milliards de dollars contre 2.784 milliards de dollars, le nombre de fournisseurs s’est accru à 276 contre 239 et enfin le nombre de bourses proposant des ETF passe de 62 à 64. ETFGI précise que les ETF/ETP les plus recherchés l’an dernier ont été ceux dédiés aux actions avec une collecte nette de 258 milliards de dollars, devant les ETF/ETP obligataires qui ont attiré 81,5 milliards et les produits dédiés aux matières premières (2,4 milliards de dollars). iShares affiche la plus forte collecte sur les ETF/ETP, avec un montant de 139,4 milliards de dollars, devant Vanguard (84,6 milliards de dollars) et DB/x-trackers (28,4 milliards de dollars). A la fin de l’année, iShares était le plus gros pourvoyeur d’ETF/ETP avec un encours de 1.110 milliards de dollars, représentant une part de marché de 37,1%, devant Vanguard avec 509 milliards de dollars et une part de marché de 17%, et SPDR ETFs avec 443,2 milliards de dollars et une part de marché de 14,8%. Ces trois acteurs, sur un total de 276, représentent une part de marché cumulée de 68,9%. S&P Dow Jones affiche le montant le plus élevé d’actifs d’ETF/ETP répliquant ses indices, avec une part de marché de 27,8%, devant MSCI avec une part de marché de 14,9%, FTSE Russell (12,9% et Barclays (9,7%).
Le marché des obligations traditionnelles ne rassure plus les investisseurs institutionnels. Selon une récente étude menée par NN Investment Partners auprès de 105 investisseurs institutionnels en octobre 2015, 48 % des ces investisseurs s’inquiètent de la plus faible protection du capital offerte actuellement par cette classe d’actifs. Dans ce contexte, la majorité des professionnels interrogés se disent prêts à renoncer à une partie de leurs performances positives pour se protéger contre une chute des valeurs. Ainsi, selon NN IP, 35 % des sondés seraient prêts à perdre un tiers de leurs résultats positifs, 27 % un quart et 15 %jusqu'à la moitié. «Seulement 11 % des investisseurs déclarent refuser de renoncer à la performance de leurs portefeuilles pour se protéger contre une baisse du nominal», souligne l'étude. « La perspective d’une hausse des taux d’intérêts à la prochaine étape du cycle du crédit a sans aucun doute inspiré aux investisseurs institutionnels la recherche d’alternatives aux obligations traditionnelles», analyse Tarek Saber, gérant de portefeuille principal du fonds NN (L) Global Convertible Opportunities. Il estime que les investisseurs qui souhaitent réduire la volatilité sans sacrifier trop de bénéfices de la hausse à long terme «devraient envisager sérieusement de recourir aux obligations convertibles».
Les fonds de pension publics et les mutual funds aux Etats-Unis ont un niveau de liquidités supérieur à celui de ces dernières années, signe d’un stress croissant sur les marchés financiers, rapporte le Wall Street Journal. Cette attitude ultra-défensive reflète la nervosité des investisseurs concernant la croissance économique mondiale et les perspectives incertaines de gains futurs. Les grands plans de retraite publics et les fonds ouverts aux Etats-Unis ont récupéré 200 milliards de dollars sur les marchés depuis la mi-2014, selon une analyse du Wall Street Journal des données de Wilshire Trust Universe Comparison Service, de Morningstar et du gouvernement fédéral. Les fonds de pension détiennent ainsi le niveau de liquidités le plus élevé depuis 2004. Pour les mutual funds, la part des actifs détenue en cash est la plus forte de tous les trimestres depuis au moins 2007. Ces données sont à fin septembre 2014, mais nombre de gestionnaires d’actifs indiquent qu’ils restent très prudents.
La Française Real Estate Managers (REM) a annoncé le 11 janvier l’acquisition de l’immeuble à usage de bureaux « Le Conex » à Lille (59) en VEFA, pour le compte de son OPCI IMMO SR 2. Offrant une très bonne divisibilité des plateaux, l’immeuble développera une surface totale de 7 440 m² comprenant 7 211 m² utiles de bureaux du RDC au R+5 ainsi que deux cellules commerciales de 123 m² et 106 m². A fin septembre 2015, l’OPCI Immo SR 2 a reçu des souscriptions pour un montant à hauteur de 179 millions d’euros.