Andreas Utermann, directeur général d’Allianz Global Investors, ne manque pas une occasion de le répéter. La gestion passive n’offre pas de rendement. C’est à la gestion active qu’il faut faire confiance pour dégager de l’alpha dans un environnement où le beta marque le pas. Il l’a encore souligné les 8 et 9 juin à Berlin à l’occasion d’un séminaire thématique dédié à l’Asie. Et tous les participants à la conférence l’ont également relevé : les opportunités sont là mais seulement pour les gestionnaires qui voudront bien faire l’effort de chercher l’alpha. «La gestion active est la problématique clé pour les investisseurs dans la région», a ainsi estimé Neil Dwane, Global Strategist chez AllianzGI.Les réformes engagées dans les grandes économies de la région ainsi que la situation de la Chine continuent de figurer en tête des préoccupations des investisseurs. Les experts d’AllianzGI se veulent rassurants. «Les progrès sur la voie des réformes sont bien là mais ils sont un peu plus lents que ce que les marchés souhaiteraient», a observé Raymond Chan, responsables des investissements actions pour la région Asie-Pacifique chez AllianzGI. Dans le cas de la Chine, le rééquilibrage vers un modèle orienté sur la consommation est bien en cours mais il faut aussi reconnaître que le haut niveau d’endettement du pays constitue un risque majeur pour l’ensemble de la région."Sur le plan macroéconomique, les performances de la Chine sont faibles mais le risque d’effondrement est limité. Il semble que récemment, la mauvaise communication de Pékin a masqué les avancées dans les réformes mais il est aussi difficile d’identifier un catalyseur pour une reprise forte», a estimé Christina Chung, responsable des actions chinoises chez AllianzGI. Cela dit, «les inquiétudes sur le RMB sont exagérées et nous prévoyons seulement une modeste dévaluation dans les prochains mois», a remarqué Neil Dwane. Le spécialiste explique qu’une dévaluation serait bien évidemment très malvenue dans le contexte des élections américaines alors que l’internationalisation du RMB est en marche, avec notamment l’inclusion de la monnaie chinoise dans les droits de tirage spéciaux (SDR) du FMI. Il n’est pas non plus dans l’intérêt de la Chine de déclencher une guerre des monnaies qui viendrait affaiblir le pouvoir d’achat de ses consommateurs qu’elle souhaite au contraire renforcer.Avec le rééquilibrage du modèle chinois, «l’Asie va devoir trouver son propre modèle de croissance», affirme Neil Dwane. «La croissance en Asie sera de plus en plus tirée par la consommation, plutôt que par l’investissement. Le segment lié à la consommation a beaucoup de place pour se développer compte tenu de valorisations raisonnables et à la lumière de son poids actuel dans les indices de référence si on le compare à la trajectoire historique des autres économies tirées par la consommation comme celle des Etats-Unis», explique Kunal Ghosh, gérant de portefeuille senior sur les actions émergentes chez AllianzGI. «Le rééquilibrage de la Chine, les restructurations en Inde et en Indonésie, plus l'émergence de la Birmanie, offrent du potentiel. A part les Philippines et le Japon, les marchés actions asiatiques semblent bien valorisés, Singapour et la Corée du Sud étant vraiment bon marché», selon Neil Dwane. Christina Chung remarque que «les sociétés cotées à Hong Kong sont de plus en plus nombreuses à racheter leurs actions, signe que le marché a atteint un point bas». Raymond Chan relève pour sa part que les inquiétudes sur la Chine ont entraîné «une réévaluation à la baisse significative des marchés asiatiques depuis l’an dernier. Les perspectives globales pour le marché restent difficiles, ce qui offre des perspectives intéressantes pour les stock pickers». De son point de vue, «les petites et moyennes capitalisations offrent de bien meilleures opportunités que les grandes capitalisations. Les rachats d’actions et les dividendes sont désormais un thème majeur pour les sociétés cotées en Asie. Au cours des dix dernières années, l’univers des valeurs à dividendes a été multiplié par quatre». Les gérants actifs ont du pain sur la planche...