Au cours du mois de septembre, la société de gestion Invesco a augmenté progressivement la part des actions et des actifs risqués dans ses portefeuilles diversifiés dans un contexte de politiques monétaires accommodantes de la part des banques centrales. « Nous abordons la deuxième partie de l’année et la fin de l’année avec des portefeuilles plutôt bien investis », n’a pas caché Bernard Aybran, directeur de la multigestion et directeur général délégué d’Invesco Asset Management, lors d’un rendez-vous avec la presse. Pour le dirigeant, les valorisations relatives « donnent aujourd’hui un avantage aux actions par rapport aux obligations », a-t-il précisé.Sur le terrain des actions, les marchés occidentaux, américains et européens, représentent toujours la majeure partie des expositions. Toutefois, Invesco a reconstitué des positions sur les marchés émergents en général et asiatiques en particulier. Concernant les Etats-Unis, Bernard Aybran estime que les « actions américaines sont toujours chères », avec des niveaux de valorisation rarement vus en dehors de la fin des années 90. Il observe, en outre que « les bénéfices des sociétés ne parviennent plus à croître ». Toutefois, Invesco juge que « l’inaction de la Réserve fédérale américaine (FED) reste un puissant facteur de soutien » au marché actions américain. En Europe, « nous continuons à privilégier les actifs plus cycliques », indique Bernard Aybran, et ce malgré un mois de septembre turbulent, notamment pour Deutsche Bank et le secteur bancaire en général. « Bien que ce dernier soit face à des défis structurels, voire existentiels, il semble que le pessimisme reflété dans les valorisations soit excessif », estime le gestionnaire d’actifs. En outre, il estime que les valeurs européennes « sont plus abordables » même si « les perspectives de croissance sont, à nouveau, remises à l’année prochaine ».S’agissant du marché obligataire et de la dette, « nous n’avons pas opéré de changements particuliers sur la partie obligataire où une exposition modérée est privilégiée », indique Bernard Aybran. Dans le détail, la société de gestion est neutre sur les emprunts d’Etat, estimant que « le potentiel d’appréciation est faible » en raison des taux qui se maintiennent proches de leur plus bas. Elle est également neutre sur les obligations d’entreprises, jugeant que « les injections massives de liquidité par les banques centrales continuent à alimenter une baisse des primes de risque qui ne laisse plus présager un potentiel de hausse très important ». En revanche, Invesco est plutôt négatif sur le high yield, « qui est assez peu présent dans les portefeuilles », selon Bernard Aybran. Et d’ajouter que « le niveau actuel des primes de risque implique que beaucoup de bonnes nouvelles, y compris une hausse supplémentaire du pétrole, sont déjà intégrées par le marché ».Enfin, Invesco reste pour l’heure à l’écart du monétaire. De fait, « les positions conservées en cash et en instruments monétaires demeurent minimales, tant que les grands marchés ne se trouvent pas en situation de surachat », a indiqué Bernard Aybran.