S’imposant une périodicité trimestrielle pour l’actualisation de ses recommandations, LCF Rothschild, conforté par une évolution d’ensemble conforme à ses prévisions, n’a pas eu fin octobre à modifier son message. Comme l’expliquait jeudi Dominique Netter, présidente du comité stratégique d’allocations d’actifs, le gestionnaire français continue de privilégier les obligations d’entreprises bien notées, pour le portage, sachant que si l’essentiel des gains sur ce segment semble réalisé, conserver ce type de papier demeure intéressant dans un environnement de faible rendement. La même considération de portage s’applique aux obligations de pays émergents.LCF Rothschild maintient son attitude positive sur les convertibles pour leur sensibilité au marché des actions et, sur ce dernier, il favorise les actions européennes sous-valorisées. Olivier Huet, gérant actions Europe chez Edmond de Rothschild Asset Management (EdRAM) préconise «les valeurs négligées des secteurs de la santé et des télécommunications, défensives en relatif».. Ce sont des valeurs de rendement, vu le niveau actuel des taux long, avec des retours assez sécurisés de l’ordre de 5 %. Le gérant recommande aussi les valeurs pétrolières et des services publics, qui ont peu profité de la remontée du pétrole. LCF Rothschlid conseille en outre les valeurs des pays émergents exposées à la consommation intérieure.Normalisation partielle des spreadsVu les incertitudes ambiantes, Dominique Netter suggère aussi de garder «les deux primes d’assurance que sont les emprunts d’Etat et l’exposition à l’or», tandis qu’Etienne Gorgeon, responsable de la gestion taux et crédit chez Edmond de Rothschild Invetsment Managers (EDRIM) souligne que la maison est actuellement «toujours longue sur le crédit et les taux, le seul segment où elle est neutre étant celui du haut rendement.Dans une phase de résorption des spreads sur les obligations d’entreprise, qui reviennent progressivement à la normalité qui prévalait dans les années 2001-2002 (80 %) sans renouer avec les niveaux de 60 % prévalant avant la crise, la priorité doit être donnée à la sélection de valeurs. EDRIM a repris sa rotation sectorielle. Après avoir profité de la prime de risque sur les cycliques en début d’année, le gestionnaire français est maintenant revenu sur les papiers bancaires, essentiellement des subordonnées bancaires de bonnes adresses avec des rendements échelonnés entre 6 et 10 % par an. D’autre part, EDRIM «commence à lâcher les corporates» et se repositionne de manière sélective sur les télécommunications, les collectivités locales et les banques.