Frédérique Barnier-Bouchet, directeur général et secrétaire général de la société de gestion alternative indépendante de droit français CIAM (spécialiste de l’arbitrage de fusions-acquisitions), a publié le 27 avril un communiqué sous le titre «Arrêtons la pensée unique : les UCITS ne sont pas la panacée en termes de sécurité». Elle souligne que les fonds coordonnés, même s’ils imposent des règles de transparence, de liquidité et d’éligibilité des actifs, «comportent néanmoins des risques et ne sont pas nécessairement plus sûrs que d’autres structures quand ils sont utilisés pour une gestion alternative». Elle souligne aussi que «si l’on souhaite accroître le rendement d’un fonds, il est nécessaire d’accroître la volatilité. En outre, certaines stratégies alternatives nécessitent la mise en œuvre d’instruments non éligibles au titre de la réglementation UCITS. L’utilisation de produits dérivés de gré à gré permet de détourner ce point de la réglementation mais crée un risque de contrepartie significatif».CIAM, qui emploie cinq personnes au total, a lancé son fonds Merger Arbitrage en septembre. Il s’agit d’une sicav de droit luxembourgeois (partie 2, donc non coordonné) dont l’encours se situe à 50 millions de dollars, dont 28 millions ont été fournis par IMQubator, spécialiste de l’amorçage de hedge funds adossé au fonds de pension néerlandais APG. Le produit, à liquidité mensuelle, n’est pas commercialisé en France mais en Suisse, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, en Belgique et au Luxembourg, précise à Newsmanagers Anne-Sophie d’Andlau, directeur général et responsable de développement. Ce fonds est aligné sur les attentes de la clientèle (institutionnels, family offices et banques privées).
Le fonds de pension californien CalPERS a annoncé le 27 avril l’attribution d’un montant global de 400 millions de dollars à trois jeunes sociétés de gestion en développement dans le cadre de son programme de soutien Manager Development Program II (MDP II), qui apporte des actifs à de jeunes sociétés dont les actifs sous gestion ne dépassent pas la barre des 2 milliards de dollars ou encore du venture capital en échange de participations significatives mais minoritaires.CalPERS a notamment attribué 150 millions de dollars à la société de gestion basée à Paris Tobam, spécialisée dans les stratégies quantitatives, et qui préconise une nouvelle approche de la diversification de portefeuille. CalPERS apporte également 150 millions de dollars à la société basée à San Francisco Victoria, spécialisée sur les marchés émergents. Le fonds californien aura une participation minoritaire non précisée dans Victoria comme dans Tobam. Enfin, la société Quotient, soutenue par le fonds californien depuis 2008, recevra une enveloppe de 100 millions de dollars pour un nouveau produit ESG.
Ahmed Mohammed Al Sayed, administrateur délégué de Qatar Emirates Holding, a confirmé le 26 avril lors d’une visite à Madrid que le fonds souverain qatari compte non seulement investir les 300 millions d’euros prévus dans les caisses d'épargne espagnoles mais que, le cas échéant, le montant pourrait être plus élevé, rapporte Cinco Días.
Petercam met actuellement en avant sa stratégie EMMA (Energy, Metals & Mining, Agribusiness), qui est sa déclinaison du thème des actifs réels que promeuvent certaines grandes maisons. Elle repose sur la double hypothèse que la croissance va durer et que la population mondiale va augmenter, surtout dans les pays émergents, ce qui aura une incidence très nette tant sur l’offre que sur la demande des produits couverts par EMMA.Cette stratégie qui pèse entre 650 millions et 700 millions d’euros est répartie sur trois fonds d’actions principaux, le plus récent étant le Petercam Equities Metal & Mining lancé voici deux semaines (lire notre article du 6 avril) et dont l’encours représente 13 millions d’euros, pour l’essentiel apportés par la banque privée maison et par des institutionnels qui ont réalloué à ce produit des lignes précédemment détenues en direct.Ce fonds a passé avec succès le test de l’incubateur-maison, le fonds Opportunity (220-230 millions d’euros) et a été confié à Alexandre Weinberg, assisté d’Igancio van der Vaeren comme analyste. Contrairement à d’autres fonds de la concurrence, il fait une part relativement importante aux petites et moyennes capitalisations, parce que les grands groupes sont bloqués dans leur croissance alors que les firmes plus petites ont un management plus accessible, sont «sous-recherchées» par les analystes et peuvent offrir un potentiel intéressant sous l’angle des fusions-acquisitions. «Mais ce n’est pas pour autant un fonds de junior mining», avertit AlexandreWeinberg.Historiquement, le premier fonds de la gamme a été le Petercam Equities Energy & Resources lancé en novembre 2006, qui pèse 170 millions d’euros avec 53 lignes et qui est géré par Johan van Geeteruyen assisté de Pablo Quertat comme analyste. Plus de 80 % du fonds sont actuellement investis dans le pétrole et le gaz à différentes étapes de la chaîne de valeur (prospection, production, équipements, services et groupes intégrés).Petercam Equities Agrivalue est le plus gros fonds de la série EMMA. Lancé en décembre 2007, il affiche un encours de 380 millions d’euros (460 millions avec les mandats) répartis sur 75 lignes. Alexander Roose, qui le gère avec Ignace de Coene comme analyste, précise que le portefeuille est investi sur toute la chaîne de valeur de l’agriculture mais exclusivement dans des sociétés pratiquant le B2B. Ce fonds a vocation à être fermé lorsque la stratégie «agrivalue» flirtera avec les 700-800 millions.
Selon une étude de Fidelity International Allemagne, les retraités allemands perçoivent actuellement 88 % de leur revenus du régime par répartition, 5 % de la capitalisation et 4 % des régimes d’entreprise.De plus 71 % d’entre eux n’ont aucune idée ou simplement une notion très vague du montant prévisible de leurs revenus lorsqu’ils seront en retraite. Le sondage montre que 81 % des Allemands s’attendent à une retraite representante au moins 60 % de leur dernier salaire net et plus de 40 % comptent sur des prestations comprises entre 80 et 100 % de leur dernière rémunération, alors que la proportion réelle est en moyenne de 56 %.
De moins en moins d’Américains détiennent des actions : ils sont actuellement 54% à avoir des titres directement ou indirectement (via des organismes de placement, des plans d'épargne retraite ou fonds de pension), selon un sondage réalisé par l’institut Gallup, rapporte Les Echos. Il s’agit de la proportion la plus faible depuis 1999. Le recul a été continu depuis le début de la crise des «subprime» : cette part est passée de 65% en avril 2007, à 57% en 2009 et enfin à 54% ce mois-ci.Le désamour des particuliers envers la Bourse est encore plus visible en France. Selon le dernier baromètre semestriel réalisé par TNS Sofres pour «Les Echos» et La Banque Postale, seulement 4% des Français se disaient prêts à acheter des actions en décembre, du jamais-vu depuis au moins 2001.
Aude Sarda et Nadia Dhaoidi sont co-fondatrices du site jepargne-utile.fr. Elles viennent de publier un livre sur le sujet, «Epargner éthique», qui se veut selon La Tribune un véritable glossaire des placements solidaires. Dans un entretien au quotidien, Aude Sarda revient sur les principales caractéristiques d’un placement éthique et rappelle que les placements éthiques ou solidaires «rapportent tout autant» que des investissements classiques, contrairement à l’idée reçue. «Par exemple, certains projets de micro-crédit rapportent jusqu'à 4,5 %. Avec des signatures de qualité. Par exemple, le Crédit Agricole fournit les garanties aux souscripteurs des plateformes en ligne telles que Friendsclear ou Babyloan», explique-t-elle.
Interrogé par Expansión, Edouard Carmignac estime que la crise traversée actuellement par l’Espagne rappelle celle qu’ont connue les Etats-Unis, mais sans qu’elle puisse dévaluer sa monnaie, ou celle de la Thaïlande, rapporte Expansión. Pour résoudre le problème de la dette, il faut de la croissance et une réduction des coûts salariaux afin d’augmenter la compétitivité. La solution serait de suivre l’exemple d’entreprises comme Iberdrola, Acciona, Inditex ou Técnicas Reunidas, qui ont connu une croissance spectaculaire. De plus, le secteur touristique, même s’il a trop investi, continuera de profiter du soleil comme argument de vente.
En 2010, le fonds de pension néerlandais PGGM, qui gère 105 milliards d’euros d’actifs, a augmenté ses investissements ESG (environnementaux, sociaux et de gouvernance) de 1,1 milliard d’euros à 3,7 milliards d’euros, selon son dernier rapport annuel sur l’investissement responsable. Par ailleurs, le gestionnaire a mené plusieurs initiatives, et a notamment tenté d’évaluer les effets du changement climatique sur ses portefeuilles.
En l’espace d’un an, l’encours des Exchange Traded Commodities (ETC) a doublé à 174 milliards de dollars à fin mars ; ces produits ont drainé 3,5 milliards de dollars de souscriptions nettes au premier trimestre 2011, constate Expansión. Le phénomène s’explique par le fait que les investisseurs utilisent les ETC pour se prémunir contre l’inflation et pour profiter des mouvements spéculatifs comme ceux qui ont été suscités par les crises en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.
Dans sa rubrique périodique sur le «portefeuille parfait de fonds», Expansión souligne que les professionnels de l’investissement qui forment son panel recommandent à présent de liquider les positions en dette souveraine et d’augmenter l’exposition aux actions des pays développés pour le restant du deuxième trimestre (au détriment des émergents). Ils préconisent d’autre part d’augmenter l’allocation aux obligations d’entreprises, notamment de haut rendement.Leurs produits préférés sont actuellement : Invesco Euro Corporate Bond fund, JB Absolute Return Bond Fund, M&G Optimal Income, Robeco US Premium, M&G Global Basics et Templeton Global Total Return.
Sur ses 31,5 milliards d’euros sous gestion ou administration à fin mars, l’autrichien Raiffeisen Capital Management (RCM) -le numéro un de la gestion autrichienne- affiche 22 milliards d’euros d’encours obligataires, ce qui confère à ses spécialistes une certaine autorité sur les questions touchant à cette classe d’actifs. Martin Hinterhofer, membre de l'équipe global fixed income, s’est montré lors d’un entretien avec Newsmanagers très prudent sur les obligations des établissements financiers, soulignant que ces titres sont intimement liés à ceux de la dette souveraine, vu que les banques ont généralement de très importants portefeuilles d’obligations d’Etat locales. Le problème se pose en particulier avec acuité pour les titres des banques des pays PIIGS (Portugal, Irlande, Italie, Grèce et Espagne).Andreas Bockberger, qui fait équipe avec Martin Hinterhofer, souligne que RCM a des avis nuancés sur cette problématique des PIIGS : le problème de la Grèce est insoluble sans un rééchelonnement ou une restructuration de la dette, voire un rachat de la dette grecque par le Fonds européen de stabilisation et/ou le FMI, parce qu’il faut résoudre des problèmes à la fois de solvabilité et de liquidité. En revanche, le cas du Portugal est moins marqué sur le plan de la solvabilité. En Espagne et en Italie, le risque porte sur la liquidité et non sur la solvabilité, d’autant qu’il y a un très fort soutien dans le cas de l’Italie du fait d’une détention importante par des investisseurs locaux, ce qui milite au demeurant aussi en faveur de la dette française.Pour résumer, les deux spécialistes soulignent qu’ils sont très sous-pondérés sur la dette grecque et un peu sous-exposés à la dette française. En revanche, le portefeuille de RCM est surpondéré de 100-200 points de base sur l’Espagne et l’Italie, qui ont en fin de compte «fait leurs devoirs». Dans le cas de l’Espagne, les problèmes des caisses d'épargne (cajas) et de l’immobilier ont commencé à être traités. Le gestionnaire autrichienne est par ailleurs très surpondéré -de 500-600points de base- sur la dette des pays «core» comme l’Autriche, la Finlande et l’Allemagne.Revenant sur le thème des obligations d’entreprises, les deux gérants soulignent qu’en ce moment, ils surpondèrent les titres «investment grade» et réduisent la surpondération des obligations à haut rendement. Ils apprécient également les subordonnées bancaires, mais uniquement celles d'établissements situés dans les pays «cœur». Martin Hinterhofer souligne que les fameux «tier 1" des bonnes maisons vont recevoir le soutien de Bâle III, dont l’entrée en vigueur va supprimer le statut de quasi fonds propres, ce qui va se traduire par des remboursements anticipés de papiers de surcroît bien rémunérés.
A l’occasion de sa 11ème conférence mondiale sur les technologies propres à New York, Jefferies a communiqué les résultats de son sondage auprès des investisseurs dans ce secteur.Environ les deux tiers des investisseurs s’attendent à une reprise des introductions en Bourse pour les entreprises de technologies propres (clean tech) d’ici au premier semestre 2012 et plus des trois quarts prévoient que les grandes sociétés se lanceront dans une concentration du secteur des clean tech en 2012 ou postérieurement.Pour 2011, les investisseurs ont identifié comme thèmes d’investissement les plus importants, par ordre d’importance, les réseaux intelligents/efficience énergétique, le photovoltaïque solaire, le stockage d'énergie, les LED/éclairage ainsi que les véhicules électriques.L'élément décisif pour la croissance du secteur réside dans la stabilité des subventions gouvernementales et de la réglementation, ce qui correspond aux résultats du Jefferies Clean Technology Investor Survey de novembre 2010.L’Amérique du Nord, l’Europe et la Chine devraient être pour les personnes interrogées à la tête du mouvement pour la mise en place de l’infrastructure nécessaire aux réseaux intelligents, alors que le sondage de Jefferies en novembre dernier attribuait le rôle de pionnier d’abord à l’Europe et ensuite à l’Amérique du Nord.
Une allocation de 5 % à 10 % aux matières premières permet d’améliorer l’efficience d’un portefeuille à long terme, estime J.P.Morgan Asset Management dans une récente étude (*).Cette conclusion a été obtenue à partir d’une étude de cas réalisée par l’équipe Conseil en stratégie d’investissement (SIAG) sur un portefeuille hypothétique d’un montant de 1 milliard de dollars investi pour 30 % dans des obligations, 55 % dans des actions et 15 % dans des placements alternatifs (hedge funds, capital investissement et immobilier). Et ce, en utilisant un modèle censé mieux saisir le risque de pertes associé aux anomalies du marché qui, bien que rares, surviennent de manière plus fréquente que supposé dans de nombreux modèles prévisionnels. Ainsi, à la place de l’écart type, la value at risk conditionnelle - définie ici comme la perte réelle moyenne (ou le gain) dans les 500 pires scénarios - a été utilisée.Le résultat diffère néanmoins selon la part du portefeuille impartie aux matières premières (au travers de l’indice S&P GSCI) mais aussi en fonction de la poche qui a été ponctionnée pour faire de la place à ces dernières.Ainsi, une allocation de 5 % en matières premières avec une réduction correspondante de la part dédiée aux hedge funds augmenterait en théorie le rendement de 20 millions de dollars sans modification du risque. Si ces 5 % avaient été transférées à partir de la poche capital investissement, le rendement espéré du portefeuille serait plus faible que celui du portefeuille de base de départ, mais le niveau de risque serait également moins élevé.Il y a toutefois un niveau où l’allocation aux matières premières devient contre-productive. Ainsi, une allocation supérieure à 15 % (et même 5 % dans certains cas) peut ne pas aboutir à des rendements meilleurs que ceux prévus initialement en raison d’une volatilité beaucoup plus élevée. Si pour réaliser cette analyse, J.P.Morgan AM est parti de l’hypothèse qu’un investissement en matières premières s’effectuait généralement par le biais d’un indice, la société de gestion estime néanmoins que l’adoption d’une stratégie de gestion active peut permettre d’obtenir des rendements plus élevés. En effet, les recherches de la société de gestion montrent que «les corrélations entre les matières premières tendent à être faibles, compte tenu de facteurs très spécifiques du côté de l’offre et de l’élasticité de la demande». Et «c’est en raison de ces faibles corrélations qu’une rotation active parmi les différents secteurs de matières premières peut permettre de dégager des rendements plus réguliers que ceux qu’il est possible d’obtenir d’un investissement dans un panier large de matières premières au travers d’un indice». L’étude de J.P.Morgan AM montre enfin que les matières premières peuvent offrir une protection contre l’inflation. Mais même dans un contexte déflationniste, les investisseurs pourraient profiter de positions vendeuses. * Matières premières, quelle place dans l’allocation d’actifs ?
En novembre 2009, le groupe Sarasin a lancé une offre complète de prestations de gestion de fortune islamique englobant tout le spectre des produits et des prestations de banque privée compatibles avec la charia.L'établissement bâlois vient de publier dans ce contexte son deuxième rapport annuel intitulé «Islamic Wealth Management Report 2011" sur la gestion de fortune islamique. La banque encourage la communauté bancaire islamique à accorder davantage d’attention à la planification financière selon l’approche islamique, en différenciant produits et offre. Elle rappelle que la planification financière islamique est une obligation religieuse imposée par le Coran et couvre l’acquisition, la préservation ainsi que la répartition philanthropique de la richesse. Etablir un testament est une obligation religieuse pour tout musulman. Une planification successorale appropriée incluant souvent une structure de trust est donc indispensable.Le rapport 2011 présente les principes fondamentaux de la planification financière islamique et jette un éclairage sur des thèmes tels que la philanthropie, les family office, les fonds de placement et les obligations conformes à la charia (sukuk).
Les actions des pays émergents comme moteur de performance du portefeuille, encore et toujours... En marge de la conférence trimestrielle de Carmignac Gestion, Didier Saint-Georges, membre du comité d’investissement de la société de gestion française, a souligné l’intérêt que présentent les pays de croissance face aux marchés développés. Certes, ces derniers lui semblent intéressants mais "à très court terme» seulement. A moyen terme, un «rebasculement» des portefeuilles actions vers les pays émergents lui paraît donc indispensable. «Ils représentent la seule zone à forte croissance économique, explique Didier Saint-Georges. De plus, leurs économies sont en train de gagner la guerre contre l’inflation. La fin du quantitative easing aux Etats-Unis devrait en effet limiter l’afflux de liquidités à destination des pays émergents et calmer les craintes liées à l’inflation». Les perspectives sont moins optimistes pour les actions des pays développés, qui ont jusqu’alors bénéficié «de politiques de soutien et d’avantages fiscaux», rappelle l’expert de Carmignac Gestion. Les économies de ces pays vont désormais devoir faire face à une croissance molle et ne profiteront plus de ces béquilles. «En outre, note Didier Saint-Georges, ils doivent s’occuper de leurs déficits budgétaires importants». Par ailleurs, la remontée des taux d’intérêt en Europe, va pénaliser des pays comme l’Espagne. Ajoutons à cela que la sortie des politiques quantitatives et le resserrement budgétaire attendu aux Etats-Unis, combinés à la hausse des cours du pétrole vont encore fragiliser les perspectives des marchés développés», résume Didier Saint-Georges.
D’après une étude de German Capital management (Gecam) portant sur 9.404 fonds d’actions, obligataires, monétaires, diversifiés et fonds de fonds distribués en Europe, seuls 71 % des produits affichent une corrélation de 0,7 avec leur indice de référence, contre 86 % en 2008. Pour les fonds d’actions, la corrélation moyenne se maintient stable depuis 2007 à plus de 0,9 (0,92 actuellement) tandis qu’elle est tombée depuis la crise à 0,68 pour les fonds diversifiés et 0,69 pour les fonds obligataires, contre des niveaux voisins de 0,8 en 2007 et 2008.Gecam constate aussi que, malgré une corrélation de 0,96 par rapport au MSCI Germany, 87 % des fonds d’actions allemandes sont parvenus à surperformer cet indice sur les trois dernières années, contre 14 % en 2007. Fait surprenant, ce sont principalement les fonds de grande taille qui ont battu le MSCI Allemagne, alors que par le passé cette surperformance était plutôt réservée aux produits et petites et moyennes capitalisations. En tous cas les cinq meilleurs fonds d’actions allemandes ont en moyenne battu l’indice d’environ 9 % avec une volatilité inférieure à celle de cet indice.En revanche, seuls 24 % des fonds d’actions internationales ont surperformé leur indice contre 33 % en 2007. Et, parmi le premier décile des fonds avec les encours les plus élevés, 48 % ont surperformé, contre 70 % en 2007.
Parmi les 150 investisseurs institutionnels européens gérant 926,1 milliards d’euros au total qui ont été interrogés par Allianz Global Investors en mars et avril, 96 % estiment que la hausse des taux constitue un risque pour l’atteinte de leurs objectifs financiers, et près d’un quart considèrent qu’il s’agit pour les douze prochains mois du risque le plus important. A noter que ce sondage a été effectué avant la récente majoration du «refi» par la Banque centrale européenne la semaine dernière.Dans la mesure où une duration longue dans un tel environnement ne garantit plus un rendement satisfaisant, les stratégies d’investissement doivent être adaptées. Selon les participants au sondage, cela se traduit par une gestion plus active, avec une duration plus courte, des placements en actions et des investissements dans les matières premières et l’immobilier, indique Thomas Wiesemann, chief market officer d’Allianz Global Investors Europe Holding GmbH.
Signataire depuis peu des principes pour l’investissement responsable des Nations Unies (UN PRI), la Confédération française démocratique du travail (CFDT) s’est engagée à intégrer les critères ESG (environnement, social et gouvernance) dans la gestion de ses réserves annuelles constituées par les cotisations de ses membres, a indiqué Emmanuel Mermet, secrétaire confédéral en charge de l’ISR du syndicat, lors d’une conférence organisée par l’ORSE (Observatoire de responsabilité sociétale des entreprises). Cela représente un montant global de 3250 millions d’euros. Il a par ailleurs indiqué que la gamme labellisée par le CIES, le Comité intersyndical de l’épargne salariale, créé par quatre des cinq confédérations syndicales françaises dont la CFDT et dont l’objectif est de développer l’épargne salariale socialement responsable, représentait aujourd’hui 3,5 milliards d’euros. Un montant appelé à doubler dans les deux ans qui viennent.
Etienne Gorgeon, directeur de la gestion taux et crédit, a indiqué lors d’une présentation le 19 avril que, grâce à Bâle III, Edmond de Rothschild Investment Managers (EDRIM) discerne «une poche de valeur avec des performances intéressantes dans la dette hybride des financières, qui promettent une performance intéressante et sont beaucoup mieux rémunérées que le haut rendement, avec de surcroît une notation moyenne bien supérieure».A telle enseigne qu’EDRIM a lancé le 5 avril un fonds d’une quarantaine de lignes focalisé sur le «tier 1" des bancaires, agrémenté d’un peu de dette subordonnée émise par des assureurs. Le Saint-Honoré Signatures Financières (FR0011034495) géré par Raphaël Chemla affiche déjà environ 40 millions d’euros d’encours. Il est assorti d’un droit d’entrée de 3 % maximum et d’une commission de gestion de 1,20 %. De plus, il est prévu une commission de 20 % sur la surperformance annuelle par rapport à l’indicateur de référence (BoA Merrill Lynch EMU Financial Corporate Index). En revanche, EDRIM se maintient à l'écart des dettes souveraines grecque, portugaise et irlandaise, les pays concernés étant confronté à un problème de solvabilité et de liquidité qui devrait à terme entraîner une restructuration. La maison reste sous-pondérée sur l’Espagne, dont la dette est au juste prix et qui ne souffre pas des problèmes de liquidité ou de solvabilité. Pour autant, l'économie doit surmonter des défis très importants.Enfin, la «zone de confort» du gestionnaire sur la dette souveraine se situe sur la France et l’Italie («bien gérée») et dans une moindre mesure sur l’Allemagne. EDRIM se positionne dans ces cas plutôt sur la partie courte de la courbe.