Des philosophies somme toutes assez proches, mais des positionnements géographiques différents: les gestionnaires britanniques Aviva Investors et Threadneedle sont tous deux solidement engagés sur le segment des obligations à haut rendement, avec des encours respectifs totaux (mandats compris) de plus de 6 milliards de dollars et de 3,3 milliards d’euros. Déjà, la monnaie dans laquelle les actifs sont annoncés donne une indication sur les options de Todd Youngberg, head of high yield chez Aviva Investors, et de Barry Whitman, son homologue de chez Threadneedle. Les deux spécialistes sont à la tête d’équipes de force équivalente, six gérants pour le premier, sept pour le second.Lors d’un entretien à Paris, Todd Youngberg, lui-même basé aux Etats-Unis (Chicago), a indiqué à Newsmanagers qu’Aviva Investors nourrit actuellement une préférence pour le high yield américain, qui offre de meilleures perspectives, avec une conjoncture plus porteuse, malgré le «fiscal cliff» et un taux de défaut qui promet de rester en-deçà de 3 % alors que l’Europe risque de franchir cette dernière barre assez prochainement, dans un climat de crise de la dette souveraine et de détérioration des résultats des entreprises.En revanche, Barry Whitman, qui est basé à Londres, a précisé à Newsmanagers qu’il préfère nettement le marché européen, qui s’avère de meilleure qualité, avec 65 % des émissions notées BB en Europe contre 45 % aux Etats-Unis, et un écart similaire pour les notes B, où l’Europe offre en outre des spreads et donc une rémunération beaucoup plus élevés.Le plus gros fonds d’obligations à haut rendement chez Aviva Investors est un produit mondial de 1,8 milliard de dollars, devant un fonds duration courte lancé en février et qui a déjà drainé 550 millions de dollars, alors que les deux fonds vedettes de Threadneedle dans ce domaine sont un produit de performance absolue (Threadneedle European High Yield Bond Fund) et un long/short (Threadneedle Credit Opportunities Fund) de 788,3 millions d’euros et 367,2 millions au 31 juillet, sachant que le fonds britannique sur lequel a été cloné le premier pèse quand même environ 800 millions d’euros (couvert du risque de change en sterling).