De passage à Paris dans le cadre d’une grande tournée européenne, deux responsables asiatiques de BNP Paribas Investment Partners (BNP Paribas IP) ont souligné l’intérêt pour les investisseurs occidentaux de s’intéresser au renminbi (RMB) tout en balayant les inquiétudes européennes sur l'économie chinoise."L’internationalisation du RMB a vraiment commencé. Les volumes sont encore très modestes mais ce qu’il faut voir, c’est la tendance et la vitesse du changement», a souligné Adeline Ng, responsable gestion obligataire Asie de BNP Paribas IP, basée à Singapour et gérante du fonds obligataire en RMN qui vient d'être lancé (Newsmanagers du 7 avril 2014).Les chiffres sont en effet éloquents. Dans les échanges commerciaux de la Chine à l’international, le RMB est utilisé pour régler 18% environ des transactions, contre seulement 3% en 2010. Autrement dit, près d’une transaction sur cinq avec une tendance à l’accélération. Conséquence, le RMB dans les paiements mondiaux occupe désormais la septième place début 2014, alors qu’il était en vingtième position début 2012.Les banques centrales ne sont pas étrangères à ce mouvement avec une multiplication des accords bilatéraux de swap entre la Banque centrale chinoise et depuis deux ou trois ans, de plus en plus de banques centrales occidentales, notamment la Banque centrale européenne avec un montant de 350 milliards de RMB.La tendance à l’internationalisation est donc bien installée. L’Europe peut-elle profiter de ce mouvement pour devenir un centre offshore de premier plan pour le RMB ? «Hong Kong bénéficie d’un avantage naturel dans cette compétition, de même que Taipei», a souligné Chi Lo, responsable de la stratégie Asie-Pacifique de BNP Paribas IP, basé à Hong Kong. «Pour l’Europe, Londres ou Paris peuvent très bien prétendre devenir des centres de premier plan mais il y faut une très forte dose d’engagement politique», a suggéré Chi Lo.Les deux responsables asiatiques ont par ailleurs insisté sur la maîtrise par les autorités chinoises de la période actuelle de restructuration de l'économie chinoise. «La Chine n’est pas en crise. En Europe, l’information proposée sur la Chine n’est souvent pas très équilibrée», a lancé Pieter Oyens, spécialiste investissement Asie-Pacifique de BNP Paribas IP à Hong Kong. «Le niveau de la dette des gouvernements locaux est tout à fait gérable, de même que le ralentissement de la croissance dans une fourchette de 7% à 7,5%. Si le rythme de progression de l'économie se rapproche trop de la barre des 7%, des programmes de stimulation temporaire seront mis en œuvre. Nous l’avons d’ailleurs déjà fait. Mais dans un cadre très strict. Il n’est plus question des pratiques d’argent facile qu’on a pu observer par le passé», a expliqué Chi Lo."Nous sommes entrés dans une période de transition économique qui pourrait durer de deux à trois années. Il peut y avoir de la volatilité et des défauts ici ou là, mais très marginaux et qui en aucune manière ne vont déstabiliser le système financier, a insisté Adeline Ng. C’est dans un tel environnement qu’un investisseur doit prendre des positions et s’exposer. Le moment est très favorable. Dès que le processus de réévaluation sera en marche, il sera trop tard».