L’industrie européenne des ABS est probablement amenée à se développer de façon significative dans les années à venir. Elle ne devrait cependant pas emprunter le chemin des ABS subprime américains qui ont conduit à la dernière crise des marchés financiers, selon L’Agefi suisse qui rapporte le point de vue de Calvin Davis, responsable des placements titrisés chez ING Investment Management, de passage à Genève la semaine dernière dans le cadre d’un roadshow consacré aux ABS. «Les ABS immobiliers du segment résidentiel (RMBS) en Europe impliquent toujours le recours au débiteur sous-jacent, pour tout montant non soldé restant après que le bien immobilier ait été saisi et revendu», souligne Calvin Davies. D’un point de vue culturel, le stratège ajoute qu’il existe toujours une forme de stigmatisation psychologique et sociologique associée au défaut de paiement et à la faillite personnelle en Europe. Ce qui rend les autorités et le cadre juridique particulièrement contraignant pour la structuration de produits, prêtant à ceux-ci une qualité supérieure par rapport au marché américain. Plus la qualité du sous-jacent est élevée, plus la volatilité ou le risque associé au produit structuré est faible. Ce qui rend les arbitrages spéculatifs agressifs moins profitables qu’avec des ABS subprime affichant des primes de risques particulièrement élevées. Or c’est aux États-Unis, essentiellement, que la recherche et les souscriptions frénétiques à des dérivés de crédit se sont avérées les plus extrêmes. «D’après des statistiques publiées en octobre dernier par l’agence Fitch, environ 9,5% des transactions sur les RMBS américains couverts par l’agence, soit plus de 250 milliards de dollars, ont été perdus ou devraient l’être», souligne Calvin Davies. Les pertes attendues sur les RMBS européens, par contraste, ne s’élèvent qu’à 0,3%. Et à 0% de pertes sur les RMBS négociés au Royaume-Uni et aux Pays-Bas.