Les politiques des banques centrales devraient rester le principal moteur des marchés financiers en 2015, estime Allianz Global Investors. Dans un contexte de croissance économique mondiale modérée, les politiques monétaires très accommodantes devraient se poursuivre à court terme, mais avec une divergence croissante entre un resserrement aux Etats-Unis et au Royaume-Uni d’une part, et un nouvel assouplissement dans la zone euro et au Japon d’autre part. Globalement, les pays développés ont pris le relais des émergents dans le soutien de la croissance mondiale, avec comme principal moteur les Etats-Unis et le Royaume-Uni. Dans la zone euro, en revanche, les risques baissiers se sont accrus au second semestre 2014. Une dégradation qui «est principalement due aux troubles géopolitiques en Ukraine, qui ont pesé sur le sentiment économique et les exportations vers la Russie. «Nous continuons néanmoins de penser qu’une reprise sous-jacente devrait persister dans la zone euro, même si elle demeure fragile», a expliqué Andreas Utermann, directeur Monde des Investissements d’AllianzGI, le 25 novembre à l’occasion d’un point de presse. L’inflation devrait rester basse à court terme mais «nous pensons qu’après une phase de stabilisation, l’inflation devrait commencer à remonter très progressivement. La zone euro reste toutefois très vulnérable au risque de déflation, ce qui justifie la très grande vigilance de la BCE», explique Andreas Utermann. Dans ce contexte, l’abondance des liquidités augmente le risque de volatilité sous l’effet de différents facteurs comme des statistiques défavorables, les incertitudes sur le calendrier de retrait des politiques monétaires de la Fed ou de la Banque d’Angleterre. Dans un tel environnement, la répression financière est toujours à l'œuvre et maintient les rendements réels à un très faible niveau. Si les actifs risqués demeurent la meilleure solution pour obtenir des performances à long terme supérieures à l’inflation, il sera essentiel, compte du potentiel de volatilité, d’adopter une approche ciblée et sélective au cours des prochains mois. A l’avenir, explique Andreas Utermann, les rendements risquent de se raréfier sur les marchés par rapport aux cinq dernières années. «Pour générer de l’alpha, le rôle de la gestion active, au travers du conseil en investissement ou des stratégies de gestion, devrait monter en puissance et occuper une place de plus en plus importante dans la constitution de la performance globale des investissements : le bêta devra être couplé avec de l’alpha. C’est ainsi que se dessine le nouvel alphabet du monde de l’investissement», souligne Andreas Utermann. La tendance haussière des marchés d’actions internationaux semblant aujourd’hui terminée, les investisseurs en actions ont tout intérêt "à privilégier les sociétés qui bénéficient d’une croissance à long terme, ainsi que les entreprises de qualité versant des dividendes élevés de manière durable, car il s’agit d’un générateur puissant de performances cumulées à long terme», estime Andreas Utermann. La longue période de hausse des marchés obligataires pourrait également toucher à sa fin. Les investisseurs doivent donc envisager de réduire leurs positions sur la dette souveraine des pays développés en faveur des obligations émergentes et de leurs devises. Enfin, dans cet environnement toujours marqué par une croissance faible, «ils ne doivent pas oublier de capter la prime d’illiquidité, tout en restant pleinement conscients du risque que cela implique», avertit Andreas Utermann.