Bilan mitigé pour les petites et moyennes capitalisations (Small et Mid Cap) européennes. Les Small et Mid Cap (1) confirment leur très nette surperformance économique et boursière par rapport aux Large. Mais surtout, phénomène inédit, les niveaux de volatilité des Small/Mids et des Large s’inversent ou s’alignent sur les trois dernières années, souligne le panorama européen publié pour la deuxième année consécutive par l’Institut de recherche MiddleNext et La Financière de l’Echiquier sur les grandes tendances de l'écosystème boursier européen.Selon l'étude, ce nivellement inédit de la volatilité entre les différents indices peut s’expliquer par trois facteurs, Tout d’abord, la politique de taux sans risque proches de zéro menée par la BCE qui coïncide avec les premiers signes de l’alignement des niveaux de risque en Europe. La «sécurité» n'étant pas rentable, la Bourse ne la valorisant plus, les primes de risque se sont alignées en conséquence. Autre facteur, la moindre exposition des petites et moyennes valeurs aux turbulences économiques mondiales, notamment aux pays émergents, Chine en tête. Enfin, les mouvements des ETF concernent essentiellement les Large. Les fonds indiciels cotés représentent 3,4% des actifs sous gestion en Europe à fin décembre 2015 et 9,3% des volumes, soit un ratio de mouvement de 1 pour 3. Par déduction, la gestion active représente 96,6% des actions sous gestion, soit un ratio inférieur à 1. «Sans disposer de données scientifiques sur ce sujet, nous savons que les ETF sont essentiellement concentrés sur les actifs ultra liquides et que les petites et moyennes valeurs ne sont pas concernées par ces produits», écrivent les auteurs de l'étude.Autre enseignement de l'étude, la chute des sociétés cotées observée depuis deux ans a cessé, mais le segment des Micro continue de se contracter. Par ailleurs, les grandes valeurs n’ont jamais été aussi nombreuses, leur capitalisation globale n’a jamais été aussi élevée (plus de 10.000 milliards d’euros), et l’ensemble de la structure va continuer de favoriser les Large. Dans ce contexte, le risque d’un tarissement progressif des flux entre les segments reste entier à long terme si le redémarrage des introductions en Bourse n’est pas plus significatif pour les Micro/Small.« Le soutien de l’écosystème boursier à l’égard de ses jeunes pousses continue de se détériorer, or elles n’en ont jamais eu autant besoin. La conjoncture est loin d’être favorable aux introductions en Bourse, pourtant cruciales, explique Caroline Weber, directrice générale de MiddleNext. Il serait judicieux d’alléger les charges pesant sur les petites et moyennes valeurs, et de créer des conditions plus favorables à la cotation. »De son côté Didier Le Menestrel, président de La Financière de l’Echiquier, estime que « le vieillissement de la cote est une réalité et le tarissement de sa base est une mauvaise nouvelle tant les Small et Mid cap sont source de richesse pour les marchés, les investisseurs et les épargnants. Il est essentiel de proposer des solutions concrètes et simples à mettre en oeuvre pour orienter de nouveau l’épargne européenne vers les Small et Mid cap. La création d’un instrument européen d’épargne retraite de long terme y contribuerait fortement ».(1) Les segmentations par capitalisation boursière retenues sont les suivantes : entre 5 millions et 150 millions d’euros pour les «Micro Cap», entre 150 millions et 1 milliard pour les «Small Cap», entre 1 milliard et 5 milliards d’euros pour les «Mid Cap» et plus de 5 milliards d’euros pour les «Large Cap».