Pascal Pigot, directeur général adjoint d’Unéo à la rédaction de www.institinvest.com : Le private equity, qui représente 5% de l’encours en engagement (les appels de fonds s'élèvent à 1% aujourd’hui), est un sujet sur lequel se penchent les dirigeants d’Unéo. « Les investissements que nous avons effectués en 2013 vont se mettre en place cette année », explique Pascal Pigot. Loin d'être sceptique, le directeur général adjoint de la mutuelle émet pourtant quelques réserves : « il y a eu de nombreux fonds qui ont été lancés ces 18 derniers mois, et nous nous sommes aperçus qu’il n’y avait pas assez de dealflow. C’est notamment le cas pour les fonds de private equity généralistes qui se retrouvent dés lors à devoir allonger les périodes d’investissement ou dégrader le profil du portefeuille cible. Depuis un an, nous nous sommes plutôt intéressés et engagés aux fonds de private equity portés sur les nouvelles technologies, et plus particulièrement sur ceux concernant la e-santé. Ceux-ci n’ont aujourd’hui pas de problème de dealflow et sont un excellent outil de veille compte tenu de notre activité. »
La Caisse de prévoyance de l’Etat de Genève (CPEG), 6,8 milliards d’euros d’encours, est le fruit de la fusion de la Caisse de prévoyance du personnel enseignant de l’instruction publique et des fonctionnaires de l’administration du canton de Genève (CIA) et de la Caisse de prévoyance du personnel des établissements publics médicaux du canton de Genève (CEH). Opérationnelle depuis le 1er janvier 2014, elle a défini son allocation stratégique, que voici : Par rapport à la précédente stratégie de la CIA, la CPEG compte réduire de son portefeuille les poches liquidités, obligations en francs suisses et prêts hypothécaires, ainsi que les actions suisses. La CPEG veut renforcer son exposition aux obligations en devises étrangères et aux actions internationales. L’objectif affiché est également de doubler les investissements dans le private equity. La part du portefeuille allouée à l’immobilier, de l’ordre de 30%, reste la même. Reste à savoir si les 2% correspondant à la poche autres placements correspondent à la poche allouée par la CIA à la microfinance. La liste de gérants n’a pas été dévoilée.
Mikaël Cohen, directeur des investissements chez CNP Assurances : « Dans le secteur des infrastructures, il peut y avoir une vraie logique à investir en direct : sur le très long terme, l’alignement d’intérêts avec un fonds seul décisionnaire n’est pas évident car le gérant peut avoir la volonté de sortir d’un actif avant certains investisseurs ; et dans ce type de fonds, les risques par rapport à la stabilité de l'équipe, liés aux commissions de performances (‘carried interest’), sont évidemment plus importants. » CNP Assurances (avec Meridiam) est en course pour le prochain rachat des parkings de Vinci.
A l’occasion de la présentation des résultats des contrats d’assurance-vie du groupe MACSF, son Directeur Général Marcel Kahn a évoqué l’allocation d’actifs estimé au 31 décembre 2013 de MACSF Epargne Retraite. L’encours des provisions mathématiques en euros du RES et du RES Multisupport est passé en un an de 16,77 milliards d’euros à 17,74 milliards d’euros. Il représente 94,9% du total des actifs en euros gérés par MACSF épargne retraite. MACSF épargne retraite est reconnue pour être l’une des plus solides entreprises d’assurance vie pour sa solvabilité. Les faits marquants de l’année 2013 sont les suivants : Le portefeuille obligataire de MACSF épargne retraite est investi à 70% dans des obligations d’entreprises privées et de banques. Les emprunts d’Etats représentent 30%. Plus de 85% des notations des portefeuilles sont comprises entre AAA et BBB malgré la dégradation par les agences de notations de nombreuses signatures en 2013. La note moyenne du portefeuille reste dans la catégorie A. L’exposition aux dettes souveraines des pays périphériques européens (Irlande, Portugal, Italie et Espagne) a été réduite à moins de 2 % de l’actif total (en prix de revient). La part investie en actions cotées représente 4,70% de l’actif (en prix de revient). Avec la bonne performance des marchés actions, les plus values dégagées sont significatives et participent à l’amélioration du taux servi. Les obligations convertibles représentent plus de 10% de l’actif (en prix de revient). Elles ont cette année encore contribué à augmenter le rendement de l’actif. L’exposition dans les participations et le private equity (3%) a été augmentée en 2013. Le Directeur Général du Groupe MACSF Marcel Kahn a indiqué qu’en 2014, les investissements resteront largement guidés par les opportunités qu’offrira le marché primaire afin de capter les primes des nouvelles émissions. Les obligations d’entreprises privées seront privilégiées y compris celles d'émetteurs périphériques présents à l’international, présentant des maturités courtes et offrant un supplément de rendement. Allocation d’actifs MACSF Epargne Retraite (en prix de revient) :
Le fonds de pension belge Umicore, 85,8 millions d’euros d’encours sous gestion, renforce son exposition aux actions émergentes au sein de son portefeuille. En parallèle, la poche actions européennes a été réduite. Jean Van Caloen de Sigma Consult est le conseiller en investissement de l’institution. Luc Crabbé, benefits manager d’Umicore, a déclaré que l’ajout des 3,5% alloués aux marchés d’actions émergents a été effectué en septembre 2013 dans le but de diversifier le portefeuille, sans en augmenter la volatilité. La décision a été prise lors du second semestre 2013, qui a donné lieu à un examen de la stratégie d’investissement. Degroof Institutional AM gère l’intégralité des actifs du fonds. Umicore possède également 4,6 millions d’euros de trésorerie chez BNP Paribas IP. Le détail de l’allocation : 50% d’obligations souveraines, 20% d’obligations corporate, 25% actions, dont 10% Europe, 9% Amérique du Nord, 2.5% Asie Pacifique et 3.5% marchés émergents 5% immobilier
Jean-Tristan Parodi, responsable de la multigestion pour compte propre de la Caisse des Dépôts et Consignation dans un article paru dans l’Agefi : Sur l’allocation actions internationales, environ 80% est investi en gestion passive pour des raisons de contrôle des coûts et du risque actif. Les ETF en représentent en moyenne environ la moitié. Ils sont choisis parmi toute la palette indicielle lorsque nous jugeons qu’ils sont les véhicules les plus efficaces. Les ETF peuvent être soit intégrés au coeur de notre portefeuille indiciel soit être utilisés de manière plus tactique pour aller chercher de la performance. Dans le premier cas, ce sont des lignes qui ont vocation à rester à long terme dans le cadre d’une gestion classique d’actif-passif. Les ETF nous offrent alors des expositions aux grands indices comme le S&P 500 ou le Topix. Les expositions tactiques sont nettement plus petites et courent sur des durées de 3 à 6 mois généralement. Les produits sont plus ciblés. Il peut s’agir d’un ETF permettant d’investir sur un secteur en particulier ou un pays, comme le Pérou ou la Thaïlande. Nous recourons aux ETF pour des raisons de coût d’abord. Des ETF cotés aux Etats-Unis permettent aujourd’hui d’accéder au S&P 500 pour 7 points de base par exemple. En passant par un fonds dédié ou un mandat, vous ne serez pas sur ces sommes)là, surtout en incluant les frais administratifs, à moins d’avoir une taille très importante. La flexibilité est également beaucoup plus importante. Ensuite, les ETF offrent une large choix d’investissement et une granularité qu’il est difficile de trouver ailleurs. Enfin, ils permettent parfois, grâce au marché secondaire, d’améliorer la liquidité du sous-jacent (par exemple sur les pays émergents où l’achat du panier d’actions est onéreux).
Unéo a l’intention d’augmenter la poche actions qui représente aujourd’hui 16% de son portefeuille d’actifs. « Nous sommes prêts à la renforcer jusqu'à 20% et même opportunément jusqu'à 25%, déclare Pascal Pigot, directeur général adjoint d’Unéo. Notre allocation actuelle privilégie l’Europe et les midcap. C’est la normalisation et le retour à la stabilité de l’Europe périphérique plus que la théorie du rattrapage qui nous incite à ce mouvement. Les midcaps dont le courant d’affaires est majoritairement intra-européen devraient en bénéficier et le PEA PME devraient aussi attirer les flux de liquidités encore très présents. En revanche, la question reste posée pour les pays émergents dont nous observons l'évolution depuis mars 2013. Nous sommes déjà indirectement exposés à ces pays via des fonds actions d’entreprises ayant un fort courant d’affaires dans les zones émergentes, contrairement aux investissements en direct qui offrent des volumes plus limités et qui nous obligeraient à être très sélectifs. Depuis trois ans, nous sommes également investis en actions américaines et considérons que le marché offre actuellement peu d’opportunité. » Dans le même temps, le renforcement de la poche actions devrait se faire au profit de stock-pickers. « Depuis plusieurs mois, nous étudions quelques fonds comme ceux de Fidelity, DNCA ou Tocqueville », précise Pascal Pigot. En 2013, Unéo a investi dans les fonds actions de Natixis AM, d’EDRAM et de Pastel & Associés. L’augmentation de la poche actions se fera au détriment de la poche taux qui va passer de 68% à 58% du portefeuille. De son côté, la poche de diversification devrait faiblement augmentée par rapport à l’année dernière. La mutuelle « envisage de poursuivre les investissements dans des fonds multi-stratégies comme Ginger 360 ou les fonds HDF Finance désormais chez Rothschild sous de nouveaux noms », développe son directeur général adjoint.
Dans une interview accordée à Option Finance, Jean-Luc Vitré, Directeur des placements financiers du Régime Social des Indépendants (RSI), détaille la répartition de l’allocation d’actifs du régime. Le portefeuille financier comprend ainsi 33% d’actions, 47% de taux, 10% d’immobilier et 10% de monétaire. Au départ de la création du régime, notre exposition aux actions était encore plus importante puisque nous avions hérité d’une position historique d’un des régimes, explique Jean-Luc Vitré. Mais dés le premier semestre 2007, nous avons fait le choix de diminuer de plus de 10% leur poids dans nos actifs. Nous n’avions alors pas anticipé la crise, mais ce portefeuille, hérité de la fusion (le régime social des indépendants est né en 2006 de la fusion des caisses de protection sociale des chefs d’entreprise, ndlr), ne s’inscrivait plus dans le pilotage de nos risques ni dans nos vues de marché. Une décision qui a permis au régime de limiter les pertes durant la crise. Le portefeuille actions est actuellement composé d’actions de sociétés issues des pays de l’OCDE. Sur la partie obligataire, le RSI possède en direct un portefeuille d’emprunts d’Etats qu’il gère essentiellement en buy and hold. Ce dernier est composé en très grande majorité d’emprunts d’Etat français, car au-delà de la fiscalité, cela reste pour nous le seul actif sans risque compte tenu de la nationalité de notre passif, ajoute Jean-Luc Vitré. Les obligations indexées sur l’inflation représentent l’essentiel du portefeuille obligataire français du RSI qui continuera à privilégier ce type de titres. Mais les encours de notre portefeuille, actuellement de 2,4 milliards d’euros, soit 35% de nos encours en obligataires, n’ont cessé de diminuer au rythme des papiers arrivant à maturité et faute de nouvelles opportunités sur le marché, développe le directeur des placements financier du régime. Dés que nous retrouverons une configuration de taux plus intéressante pour un portage en direct, nous investirons davantage sur les emprunts d’Etats en direct. Cette stratégie se fera certainement au détriment d’une partie de notre portefeuille d’obligations corporate, qui n’a cessé de progresser ces dernières années pour atteindre actuellement 34% de nos actifs obligataires. La gestion de celui-ci est entièrement externalisé tout comme les placements en actions et en monétaire du RSI.
Mikaël Cohen, directeur des investissements de CNP Assurances : « Sur l’immobilier, nous utilisons désormais davantage de structures intermédiaires de type SCI (sociétés civiles immobilières) : non par intérêt fiscal - limité pour les assureurs, mais parce que cela facilite la gestion puis la cession des actifs ».
Du côté d’Agrica, qui gère 75 % de son portefeuille sous forme d’obligations, la diversification porte sur les obligations d’entreprises. « Rester sur les bonnes signatures souveraines ne nous permettait plus de couvrir nos besoins de rémunération des taux techniques (promesses de rendement pour les contrats d’assurance, NDLR) », explique Jean-Claude Guimiot. Le groupe a commencé en 2007 à investir « de façon opportuniste » dans des obligations d’ entreprises. Cette tendance s’est accélérée ces dernières années lors de la chute du rendement des emprunts d’Etat. Le mouvement a été rapide : « Les corporate représentent aujourd’hui la moitié de notre portefeuille de taux », précise Jean-Claude Guimiot. Chez Agrica, la prudence porte sur les prix des actifs les plus illiquides, comme les prêts aux entreprises ou le financement des infrastructures. « La période actuelle me fait furieusement penser à 2007 quand les investisseurs sont allés chercher du rendement sur des produits de plus en plus « exotiques ». On sait comment cela s’est fini. Aujourd’hui nous sommes encore dans un environnement d'énorme endettement et de politique ultra-accommodante. Tant pis si nous ne participons pas au dernier mouvement de hausse. Le monde obligataire tourne sur lui-même, et je préfère sur-pondérer les actions », explique Jean-Claude Guimiot.
Delta AM, société de gestion spécialiste des « situations spéciales » sur les marchés obligataires corporate, officialise la recomposition de son capital. Jusqu'à présent détenue à hauteur de 60% par ses associés-fondateurs, et à 40% par AMlab, la structure d’incubation de La Banque Postale Asset Management (LBPAM), Delta AM fait entrer la Financière Dassault et Blue Alpha à son tour de table. (La Financière Dassault et AMlab sont aussi actionnaires de Mandarine Gestion) Les associés-fondateurs conservent 60% des parts, tandis que la Financière Dassault et Blue Alpha prennent chacun 15.05% du capital sur la part initialement détenue par AMlab, qui demeure actionnaire à hauteur de 9.90%. Blue Alpha a été récemment constituée par Thierry Callault - ancien Directeur Général Délégué du Groupe OFI - afin d’accompagner le développement de sociétés de gestion impliquées dans le financement de l'économie réelle. Thibaut Sciard, Directeur Général de Delta AM, se réjouit de cette recomposition. Delta AM pourra ainsi poursuivre la phase initialement engagée avec le concours de LBPAM et s’appuyer sur ses nouveaux actionnaires pour améliorer son positionnement auprès des investisseurs institutionnels et Family Office notamment. « Notre défi est de mobiliser les investisseurs institutionnels dans une démarche de soutien à l'économie réelle, tout en étant capable de leur servir un rendement attractif en lien avec la qualité de crédit des émetteurs sélectionnés » explique Frédéric Haym, Président de la société Delta AM .
En 2014, La France Mutualiste a pour projet de poursuivre sa stratégie de diversification en renforçant ses investissements dans le private equity qui s'élèvent actuellement à 1%. Rien n’est encore décidé pour le moment, précise Anne Mazzanti, Directeur général délégué de La France Mutualiste. Nous regardons actuellement les véhicules d’investissements disponibles sur le marché, ainsi que les structures. Nous avons d’ailleurs déjà reçu plusieurs sociétés de gestion et nous continuerons en 2014. Les investissements dans les fonds de place visant à soutenir les PME proposés par la Bpifrance est également un véhicule qui pourrait intéresser La France Mutualiste. Nous ne sommes pas contre, bien au contraire, ajoute Anne Mazzanti. Nous avons reçu des offres qui sont actuellement en cours de dépouillement. Nous sommes également attentifs aux projets de financement des collectivités territoriales au travers de prêts. Mais le renforcement de la poche de diversification prendra du temps. Il n’est pas question de changer drastiquement l’allocation stratégique des actifs, souligne Anne Mazzanti. Le portefeuille de la France Mutualiste restera donc composé à 74% d’obligations (88% de France, 10% zone Euro hors France et 2% Europe hors zone euro), 16% d’immobiliers, 8% d’actions, 2% de monétaires et 1% de non-côté.
D’après l’Agefi, les candidats à la gestion de ce véhicule de 100 millions d’euros ont jusqu’au 21 février pour déposer leur dossier. Le cahier des charges est exigeant. Le fonds viager de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) va bientôt prendre forme. L’institution de la rue de Lille a lancé récemment un appel d’offres pour sélectionner le gestionnaire de ce futur véhicule dont la taille doit atteindre 100 millions d’euros et dont le projet avait été officialisé cet automne. La date de remise des copies est prévue le 21 février, a appris L’Agefi de plusieurs sources proches du dossier. Poussé par le député Henri Emmanuelli, le président de la commission de surveillance de la CDC, ce fonds viager doit permettre d’apporter un complément de revenus aux retraités propriétaires de leur logement. Les biens seront vendus au décès de l’occupant. Par rapport au viager traditionnel conclu entre particuliers, la mutualisation des logements a l’avantage d'éviter la «spéculation» sur l’espérance de vie du vendeur et de gommer pour l’investisseur le risque de longévité. Ce marché a d’ailleurs suscité ces dernières années les créations de sociétés ou de fonds spécialisés à destination des investisseurs institutionnels, comme Coremimmo ou Fundageo. La nouveauté du produit explique que la Caisse des dépôts ait transmis un cahier des charges particulièrement exigeant, d’une quarantaine de pages. L’heureux élu devra apporter sa connaissance du marché du viager et sa capacité à gérer des biens, tout en ayant un agrément de société de gestion pour ce type de fonds. Il doit également être membre de l’Association française de gestion financière (AFG) ou de l’Association française des sociétés de placement immobilier (Aspim). Des tandems associant spécialistes du viager et sociétés de gestion devraient donc être constitués. Virage Viager, le cabinet d’Eric Guillaume - créateur du fonds Coremimmo - devrait ainsi déposer un dossier en s’appuyant sur un asset manager. La Française, Paref ou Primonial seraient également intéressés, de même que le groupe Gérard Auffray, un vieux routier de l'épargne. Côté investisseurs, la CDC aurait déjà réuni 80 millions sur les 100 millions visé par le fonds. L’institution apporterait 20 millions, tout comme CNP. Une poignée de mutuelles et d’institutions de prévoyance, à l’image d’Agrica, compléteraient le tour de table.
A la Matmut, dont les investissements sur les taux représentent 60 % du portefeuille global de 4 milliards d’euros, les titres souverains sont minoritaires. « Cela ne date pas d’hier. Les obligations souveraines étaient devenues peu rémunératrices bien avant la crise », explique Nicolas Gomart, directeur général délégué de la Matmut. La mutuelle, spécialisée sur les assurances-dommages (auto, habitation, etc.) a pu s’exposer relativement peu en raison de ratios de fonds propres « confortables ». L’assureur avait aussi « quelques lignes » sur les pays périphériques qui ont été conservées pendant la crise, mais dont il a commencé à se délester il y a dix-huit mois. « Il vaut mieux vendre dans les phases de détente des spreads de crédit et des taux, que d'être contraint à vendre en phase de crise », poursuit Nicolas Gomart. La Matmut a fait des arbitrages « significatifs » au détriment des obligations à taux fixe. « Nous avions commencé de manière opportuniste il y a deux ans, essentiellement avec des titres émis par les sociétés financières, puis nous avons accéléré l’an dernier pour nous mettre en position de capter la remontée des taux. Pour 2014 nous allons peut-être revenir de façon opportuniste sur les taux fixes car nous ne pensons pas que le potentiel de remontée des taux soit encore très important », indique Nicolas Gomart. Les marchés actions ont beaucoup rebondi, et on ne peut complètement exclure le risque d’une déconnexion avec l'économie réelle, tout comme en 2007. Au point de se demander si nous ne sommes pas de nouveau dans une problématique de bulle sur certains actifs», juge Nicolas Gomart, à la Matmut. Ce dernier cherche donc les actions délaissées par les marchés et adopte une stratégie combinant achat et vente (long short) et ne prenant pas seulement un biais haussier.
Selon nos informations, la Coface a retenu AXA Framlington pour la gestion d’un fonds de 40 millions d’euros sur les actions EMU, qui constituent une poche de diversification pour l’institution. Les sociétés de gestion avaient reçu le questionnaire le 4 novembre et avaient jusqu’au 14 novembre pour y répondre. Le deuxième tour des écrits était à rendre pour le lundi 25 novembre 2013.
Le Fonds de dotation du Louvre, dont l’encours s'élève à 152,8 millions d’euros, a établi une shortlist de gérants d’actions small cap européennes pour un investissement compris entre 3% et 5% (du portefeuille). L’institution a également décidé d’augmenter sa poche actions, qui passe de 50% à 55%. Yannick Murat de Mercer à Paris la conseille sur son allocation d’actifs. Un autre consultant, dont le nom n’a pas été divulgué, a également été sollicité. Nous recherchons des fonds small cap européennes bien diversifiés, a déclaré le directeur du Fonds de dotation du Louvre, Thierry Brevet. Nous avons pour cela constitué une liste restreinte dans laquelle il y a des entreprises françaises, anglaises et allemandes. Nous avons ainsi augmenté la poche actions à plus de 50% de notre portefeuille, notamment avec les actions européennes, et nous souhaitons continuer sur cette voie-là. Nous avons désormais 14% à 15% de liquidités, et nous avons réduit considérablement la poche obligations. Si l’augmentation de la poche actions est purement stratégique, celle des actions européennes est, quant à elle, tactique. Nous sommes optimistes sur l'état du marché actions. Mais le fait qu’il y ait un tel consensus là-dessus est un peu préoccupant, a-t-il noté. Les actions du fonds sont gérées pour moitié en gestion passive et l’autre moitié en gestion active. Cependant, le Directeur du Fonds de dotation du musée du Louvre s’interroge sur l’intérêt de la gestion active. Actuellement, je suis très déçu de la gestion active. Si nous observons 2012 et 2013, nous pouvons remarquer que les gérants actifs du fonds ont tous sous-performé. Thierry Brevet a indiqué que ces investissements sont réalisés dans des fonds ouverts et qu’il n’y avait pas de place pour les frais de renégociation. « Je pense que les frais sont trop élevés. Il les ont augmenté, ce qui contribue à la sous-performance ».
Fin 2013, l’Agirc-Arrco avait lancé une deuxième opération de gestion de transition concernant la restructuration du portefeuille actions zone euro vers plusieurs fonds ISR zone euro. « On abonde pour le moment les fonds ISR de 150 millions d’euros », déclare Philippe Goubeault. A noter que l’encours global des fonds ISR des fédérations « frôle les 400 millions d’euros ». Philippe Goubeault révèle au micro d’Instit Invest que l’Agirc-Arrco s’est engagée à mener « une réflexion sur les conditions dans lesquelles ils développeraient la gestion ISR, au niveau des fédérations comme au niveau de l’ensemble Agirc-Arrco », ajoute-t-il. Le groupe paritaire de réflexion sera constitué de représentants des organisations syndicales et patronales et se rassemblera en début d’année. L’occasion également pour eux de réfléchir sur « le financement de l'économie française, souligne Philippe Goubeault. Cela fait un moment que nous y pensons, mais aucune décision n’est véritablement prise pour le moment. On peut alors considérer que cette réflexion sur le soutien de l'économie française fait partie de celle sur l’ISR au sens large. »
Olivier Grolleau, responsable de la gestion diversifiée à la CRPN, à la rédaction de www.institinvest.com : Notre allocation stratégique cible 5% de gestion diversifiée. Nous sommes actuellement en-dessous (3,3%) mais pas par choix. Nous montons en effet en puissance progressivement en investissant régulièrement (en private equity notamment). Cette poche comprend d’une part, un pôle d’OPCVM aux normes UCITS contenant des fonds flexibles et des fonds de rendement absolu, et d’autre part, du non coté c’est-à-dire du private equity et des infrastructures. Idéalement, je pense qu’il serait pertinent d’avoir 3% de non coté et 2% d’OPCVM diversifiés. Nos investissements dans le private equity jouent un rôle de plus en plus important d’amortisseur par rapport à la volatilité des marchés financiers. Sur le long terme, ils dégagent généralement une performance supérieure à celle des marchés financiers avec une volatilité plus faible et offrent ainsi un couple rendement/risque meilleur que celui des marchés actions. De plus, si autrefois les acteurs en private equity avaient tendance à utiliser tous les moyens pour dégager de la rentabilité, aujourd’hui ils ne sont plus dans cette logique extrême et jouent beaucoup plus un rôle d’accompagnateur du management dans le développement ou la transmission de l’entreprise. Ce positionnement est efficace et nous offre, en plus de notre mission morale de financement de l'économie, un retour sur investissement très intéressant.
Réunica Prévoyance, Institut de Prévoyance du Groupe Paritaire de protection social Réunica, a sélectionné Quilvest Gestion pour un mandat obligataire de 100 millions d’euros. Le portefeuille concerné est en gestion de type assurantiel, avec un endossement actif/passif de provisions techniques. La gestion de type assurantiel représente la majorité des encours gérés par Quilvest Gestion depuis sa création : mutuelles, assurances et institutions de prévoyance.
Fin octobre 2013, B2V avait lancé un appel d’offres sur les actions ISR pour un montant de 40 millions d’euros. Nous avons reçu huit dossiers et nous avons interviewé trois sociétés de gestion, déclare Henri Jacks, responsable financier de B2V et Président de Prevaal Finance. L’ensemble des dossiers présentés étaient de très bonne qualité, mais c’est la société de gestion Natixis AM au travers de sa filiale spécialisée MIROVA qui a été retenue. En fonction des résultats de gestion obtenus par cette classe d’actifs, le montant du mandat pourrait progresser.