En matière de placements de trésorerie, la situation reste très compliquée pour les entreprises. «A mesure que nos anciens placements arrivent à échéance, notre rendement global se dégrade, signale Jean-Claude Climeau, directeur trésorerie et financement de Thales. Aujourd’hui, il devient extrêmement difficile d’obtenir des rendements positifs.» La remontée récente des taux ne devrait pas modifier la donne. Pour pouvoir déduire de leur endettement les sommes déposées sur des supports de placement, les trésoriers privilégient les produits bancaires ou les OPCVM monétaires ou monétaires court terme, dont le rendement dépend de l’évolution des taux interbancaires. Comme la BCE prévoit de maintenir ses taux directeurs à un niveau inchangé cette année (0 % pour le taux refi et - 0,4 % pour le taux de la facilité de dépôt), l’Eonia comme l’Euribor devraient rester relativement stables, autour de - 0,3 %. Pour les groupes, les alternatives sont toutefois limitées. «Afin d’améliorer la rémunération de notre trésorerie, nous avons allongé légèrement la durée de nos placements au-delà de trois mois et choisi de conserver une partie de notre cash dans des pays où les taux d’intérêt sont plus attractifs, comme par exemple les Etats-Unis et l’Australie, illustre Jean-Claude Climeau. Nous allons poursuivre cette stratégie en 2017, mais dans une proportion toujours limitée, la logique de centralisation du cash demeurant la norme.» «A mesure que le groupe se développe, notre présence à l’international s’accroît, témoigne Jean-Claude Climeau. A ce jour, plus des trois quarts de notre chiffre d’affaires sont ainsi réalisés en dehors de France, ce qui se traduit par une importante exposition au risque de change. Sur l’euro-dollar, notre exposition nette s’élève à près de 1 milliard d’euros.» Cette situation se révèle d’autant plus problématique pour des sociétés comme Thales que les incertitudes sont, cette année encore, nombreuses sur le marché des devises. C’est le cas, tout d’abord, de la parité euro-dollar. «Dans la zone euro, plusieurs facteurs sont susceptibles d’affecter le cours de la monnaie unique, à l’image des élections politiques qui se tiendront en Europe (France, Pays-Bas, Allemagne…) ou encore de la BCE qui pourrait être amenée à infléchir sa politique compte tenu du rebond de l’inflation, poursuit Jean-Claude Climeau. Aux Etats-Unis, le calendrier et l’ampleur de la remontée des taux par la Fed sont également de nature à influencer le cours du dollar face à l’euro.»