Les neuf membres du Conseil des gouverneurs de la Banque du Japon (BoJ) ont déclaré, lors de la réunion de politique monétaire des 27 et 28 octobre dont les minutes sont parues mercredi, que l’affaiblissement du yen aurait un effet positif sur l’économie japonaise dans son ensemble, même si son impact sur la stimulation des exportations n’était pas aussi fort qu’auparavant. «Certains membres ont déclaré que l’augmentation des exportations due à l’affaiblissement du yen s’amenuisait, mais que l’économie japonaise profitait de la hausse des bénéfices des entreprises à l’étranger et du prix des actions qui découlent de cet affaiblissement», précise le compte-rendu. La faiblesse du yen ne profite pas à tous les secteurs et ni à toutes les entreprises, reflète les différences d’inflation et de politique monétaire entre pays, et des arbitrages sur les marchés financiers.
La monnaie turque s’est enfoncée vendredi davantage encore, dévissant de 8%, à un creux historique, après que la banque centrale a une nouvelle fois baissé ses taux d’intérêtalors que le pays est confronté à une spirale inflationniste. L’institution financière a eu beau indiquer qu’il s’agissait de la dernière baisse de ce cycle d’assouplissement monétaire, les investisseurs semblent en douter. Vendredi, la banque centrale est intervenue sur les marchés pour la soutenir. C’est la cinquième fois depuis le début du mois qu’elle mène une telle action pour lutter contre ce qu’elle qualifie de «prix malsains» sur le marché des changes. La monnaie turque accuse, depuis le début de l’année, une baisse de près de 55% face au dollar,dont 37% au cours du mois écoulé.
C’est un puits sans fond. La monnaie turque s’est enfoncée vendredi davantage encore, dévissant de 8%, à un creux historique, après que la banque centrale a une nouvelle fois baissé ses taux d’intérêtalors que le pays est confronté à une spirale inflationniste. L’institution financière a eu beau indiquer qu’il s’agissait de la dernière baisse de ce cycle d’assouplissement monétaire, les investisseurs semblent en douter.
La chute de la devise dénote l’absence de confiance dans la banque centrale. Le président turc détient la clé des prochaines décisions de politique monétaire.
Accumulation. Les chiffres du PIB britannique, révélés vendredi 10 décembre, sont venus accroître la pression sur la livre. Sur un mois, la croissance n’a été que de 0,1 %, en deçà du consensus à 0,4 %, une baisse liée à un ralentissement imprévu de la construction. Cette déception s’ajoute en fait à une série de mauvaises nouvelles pour la devise. D’une part, le dollar s’est renforcé, soutenu par les chiffres encourageants de l’économie américaine et les craintes liées au variant Omicron. Et la communication peu claire de la Banque d’Angleterre (BoE) n’arrange pas les choses. Les marchés, qui s’attendaient jusqu’alors à une hausse rapide des taux, voient cette perspective s’éloigner chaque jour davantage, et doutent de la capacité de l’institution à resserrer sa politique monétaire l’an prochain. Un véritable revirement, une hausse des taux en décembre étant jusqu’alors le scénario favori des investisseurs. Le variant, qui fait planer le risque de mesures plus restrictives qu’il faudra accompagner, et la réticence de la BoE à guider les marchés alimentent aussi les perspectives baissières. Enfin, les scandales à répétition impliquant le gouvernement – le dernier en date concerne une réception organisée sans respecter les gestes barrières – n’aide pas à trouver de la stabilité. La baisse de la livre semble difficile à enrayer.
La livre turque s’est effondrée jusqu'à 7% en quelques minutes pour atteindre un nouveau record proche de 15 pour un dollar lundi, en proie aux inquiétudes concernant la nouvelle politique économique risquée du président Recep Tayyip Erdogan et les perspectives d’une nouvelle baisse des taux d’intérêt jeudi.
Tolérance. La monnaie helvétique retrouve ses plus hauts niveaux depuis juillet 2015. Les incertitudes sur le rebond épidémique en Europe, qui pourrait peser sur la reprise, et les craintes sur l’inflation favorisent l’actif refuge, qui a dépassé en milieu de mois les 1,05 franc pour 1 euro. Au printemps 2020, où la hausse de la monnaie faisait craindre d’être aussi rapide, la Banque nationale suisse (BNS) était intervenue pour en limiter l’appréciation. Malgré les pressions qu’un franc fort ne manquera pas de faire peser sur les marges des entreprises locales, la BNS ne devrait pas intervenir cette fois. La reprise économique solide, portée par une consommation sortie de sa phase de convalescence, permet à la banque centrale de tolérer une monnaie plus forte. Les interventions précédentes cherchaient également à limiter l’impact déflationniste d’une remontée du franc suisse ; le retour, même temporaire, de l’inflation, éloigne cette perspective pour la BNS. La banque centrale pourrait plutôt garder des armes en réserve pour une future, et plus importante, hausse de la monnaie. Les inquiétudes sur le variant Omicron vont toutefois venir compliquer le travail de l’institution. La fuite vers la sécurité ne se limite d’ailleurs pas à la monnaie suisse : le yen s’est aussi renforcé face à l’euro ces dernières semaines.
La banque centrale de Turquie (CBRT) est intervenue mercredi sur les marchés en vendant des devises étrangères pour la première fois en sept ans, afin d’endiguer l’effondrement continu de la livre turque depuis sa dernière baisse de taux.
L’euro a chuté de 0,6% à moins de 1,13 dollar vendredi matin, un nouveau plus bas depuis juillet 2020, après que la présidente de la Banque centrale européenne (BCE) a déclaré qu’il n’y avait pas de raison de resserrer la politique monétaire car la pression inflationniste dans la zone euro devrait s’atténuer.