Sur ses 31,5 milliards d’euros sous gestion ou administration à fin mars, l’autrichien Raiffeisen Capital Management (RCM) -le numéro un de la gestion autrichienne- affiche 22 milliards d’euros d’encours obligataires, ce qui confère à ses spécialistes une certaine autorité sur les questions touchant à cette classe d’actifs. Martin Hinterhofer, membre de l'équipe global fixed income, s’est montré lors d’un entretien avec Newsmanagers très prudent sur les obligations des établissements financiers, soulignant que ces titres sont intimement liés à ceux de la dette souveraine, vu que les banques ont généralement de très importants portefeuilles d’obligations d’Etat locales. Le problème se pose en particulier avec acuité pour les titres des banques des pays PIIGS (Portugal, Irlande, Italie, Grèce et Espagne).Andreas Bockberger, qui fait équipe avec Martin Hinterhofer, souligne que RCM a des avis nuancés sur cette problématique des PIIGS : le problème de la Grèce est insoluble sans un rééchelonnement ou une restructuration de la dette, voire un rachat de la dette grecque par le Fonds européen de stabilisation et/ou le FMI, parce qu’il faut résoudre des problèmes à la fois de solvabilité et de liquidité. En revanche, le cas du Portugal est moins marqué sur le plan de la solvabilité. En Espagne et en Italie, le risque porte sur la liquidité et non sur la solvabilité, d’autant qu’il y a un très fort soutien dans le cas de l’Italie du fait d’une détention importante par des investisseurs locaux, ce qui milite au demeurant aussi en faveur de la dette française.Pour résumer, les deux spécialistes soulignent qu’ils sont très sous-pondérés sur la dette grecque et un peu sous-exposés à la dette française. En revanche, le portefeuille de RCM est surpondéré de 100-200 points de base sur l’Espagne et l’Italie, qui ont en fin de compte «fait leurs devoirs». Dans le cas de l’Espagne, les problèmes des caisses d'épargne (cajas) et de l’immobilier ont commencé à être traités. Le gestionnaire autrichienne est par ailleurs très surpondéré -de 500-600points de base- sur la dette des pays «core» comme l’Autriche, la Finlande et l’Allemagne.Revenant sur le thème des obligations d’entreprises, les deux gérants soulignent qu’en ce moment, ils surpondèrent les titres «investment grade» et réduisent la surpondération des obligations à haut rendement. Ils apprécient également les subordonnées bancaires, mais uniquement celles d'établissements situés dans les pays «cœur». Martin Hinterhofer souligne que les fameux «tier 1" des bonnes maisons vont recevoir le soutien de Bâle III, dont l’entrée en vigueur va supprimer le statut de quasi fonds propres, ce qui va se traduire par des remboursements anticipés de papiers de surcroît bien rémunérés.