Avec près de 400 milliards d’euros, les assureurs représentent les deux tiers des encours de l’investissement responsable français, montrent les chiffres de 2014 du secteur publiés mercredi par Novethic en partenariat avec le Forum pour l’investissement responsable (FIR). Ce montant comprend 110 milliards d’euros de gestion ISR (investissement socialement responsable), soit près de la moitié des encours du secteur recensés en 2014, et 275 milliards d’euros d’encours dits d’intégration ESG (environnement, social, gouvernance), ce qui correspond à plus des deux tiers des encours totaux de cette pratique. Ainsi, selon Novethic et le FIR, 18 % des placements financiers des sociétés d’assurances prennent désormais en compte des critères ESG. Dans le cas de la gestion ISR, 72 % des encours déclarés par les assureurs, soit 78,4 milliards d’euros, viennent de fonds en euros, selon l’étude. « L’investissement responsable concerne donc aujourd’hui l’assurance-vie dont provient une large part des encours des assureurs auxquels sont appliqués des critères ESG », commentent les auteurs. Dominique Blanc, directeur de la recherche de Novethic, estime que ce phénomène est « une bonne nouvelle pour l’ISR », l’assurance-vie étant le placement d’épargne préféré des Français. Seule ombre au tableau, les assureurs restent très « discrets » sur leurs pratiques responsables. « Les assureurs restent maître de la gestion de leurs fonds en euros et les pratiques mises en place sont rarement expliquées au client », déplore l’étude. Avec cette prédominance des assureurs, le marché français de la gestion ISR (hors intégration) continue donc à être très institutionnel. En ajoutant les autres investisseurs de cette catégorie, leur part monte à 182 milliards d’euros, sur un encours total de 222,9 milliards d’euros. Le marché en 2014 a connu une croissance de 31 %, après seulement +14 % en 2013. Une croissance portée par un effet conversion de fonds mais aussi par « la bonne santé générale des fonds », selon Dominique Blanc. Le marché de l’intégration ESG représente quant à lui 356 milliards d’euros, en augmentation de 22 %.
La majorité de gérants de hedge funds (60 %) affiche une « certaine réticence » à prendre en compte les critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), montre une nouvelle étude d’Unigestion. Cela étant, ce résultat est meilleur qu’il y a trois ans, où la proportion de gérants « réticents » était de 75 %. Dans le même temps, la part des gérants jugés « leaders » par Unigestion dans le domaine ESG a plus que quadruplé, de 3 % à 13 %. Autre progrès : 16 % des gérants de hedge funds sont désormais signataires des Principes pour l’investissement responsable (PRI) de l’ONU, contre seulement 4 % en 2011.Parmi les gérants interrogés, ceux spécialisés dans les stratégies actions (long short actions, equity market neutral) sont plus avancés en termes de prise en compte des questions ESG que les gérants privilégiant des stratégies de trading tactique (global macro, CTA, matières premières). Un quart des gérants de stratégies actions sont considérés comme des « leaders » contre seulement 5 % des professionnels de stratégies de trading tactique. « Ce constat n’a rien de surprenant dans la mesure où le trading d’actions offre de nombreuses possibilités d’intégrer des critères ESG dans un processus d’investissement », commente Unigestion. Interrogés pour la première fois cette année, les gérants de « private assets » sont meilleurs dans l’adoption de critères ESG que les gérants de hedge funds : seulement 27 % se disent réticents à cette idée. Près d’un cinquième des gérants de cette catégorie sont considérés comme des « leaders ». Les gérants de fonds « buyout » sont ceux qui accordent le plus d’importance aux critères ESG par rapport aux gérants de fonds de capital-risque et de croissance ou de fonds d’opportunités spéciales. Enfin, les gérants de hedge funds et de private assets européens sont généralement plus intéressés par les problématiques ESG que les américains.
Les encours des ETF commercialisés par le biais des canaux d’investissement retail aux Etats-Unis ont enregistré pour la première fois une croissance supérieure à celle des encours des mutual funds de long terme au premier trimestre 2015, montre une étude de Broadridge Financial Solutions. L’année dernière, les actifs des ETF vendus via des broker-dealers indépendants et de type « wirehouse » ont augmenté de 267 milliards de dollars, tandis que les encours des mutual funds vendus de la même manière ont progressé de 255 milliards de dollars. Les encours des ETF distribués au travers des canaux d’investissement retail et institutionnels ont bondi de 21 % au cours du premier trimestre de l’année dernière, soit 379 milliards de dollars, et ont atteint 2.190 milliards de dollars.“Les ETF gagnent du terrain parmi les distributeurs retail, grâce à quelques éléments clés comme leurs faibles coûts, mais aussi le fait que les ETF sont utilisés dans les modèles d’allocation d’actifs, qui sont plus présents parmi les conseillers retail », indique Frank Polefrone, senior vice president, Access Data, une société Broadridge.Les conseillers financiers enregistrés (RIA) continuent d’être le principal distributeur d’ETF au premier trimestre 2015, représentant 472 milliards de dollars d’encours. Ils sont suivis par les broker-dealers (400 milliards de dollars) et les sociétés wirehouse (385 milliards de dollars). Les encours des mutual funds ont augmenté de 9,5 % ou 665 milliards de dollars sur un an au premier trimestre 2015, tirés principalement par les canaux institutionnels. Les banques, les banques privées et les trusts ont vu les actifs des mutual funds grossir de 410 milliards de dollars, soit 17 %. Au total, les fonds de long terme et les ETF sur les canaux de distribution tiers ont vu leurs encours sous gestion croître à 9.800 milliards de dollars au premier trimestre 2015, soit une hausse de près de 12 % depuis le premier trimestre 2014. L’année passée, les actifs des ETF distribués via les canaux retail ont augmenté à plus de deux fois le rythme des actifs des ETF sur les canaux institutionnels (respectivement 267 milliards de dollars et 112 milliards de dollars).
Avec trois ans d’avance, Warren Buffet gagne pour l’instant confortablement son pari selon lequel un ETF à bas coût fait mieux qu’un portefeuille de hedge funds sur dix ans, observe le Financial Times. La performance d’un fonds indiciel sur le S&P bat un portefeuille de fonds assemblé par le gérant de hedge funds Protégé Partners avec 63,5 % contre 19,6 %, selon une slide présentée par Warren Buffet lors de l’assemblée générale de Berkshire Hathaway. “Les gérants de hedge funds ont très bien performé sur cette période”, indique Warren Buffett, notant que, sur un portefeuille notionnel de 1 milliard de dollars, ils auraient empoché 20 millions de dollars de frais de gestion “juste pour venir au bureau. Les investisseurs dans les hedge funds ont payé un prix fort”. Pourquoi l’argent continue à affluer dans les hedge funds, s’interroge le FT ? La réponse est que les investisseurs ne voient pas les hedge funds comme une alternative aux actions, mais plus souvent désormais comme une alternative aux obligations. Cette tendance s’explique par l’institutionnalisation grandissante du secteur. Résultat, les hedge funds et leurs investisseurs sont bloqués dans une spirale d’attentes plus faibles et de rendements déclinants. Warren Buffett devrait donc gagner son pari…
Après une fin 2014 agitée, l’Indicateur de Régime de Marché de State Street Global Advisors (SSGA) est passé à la fin du premier trimestre de «crise» au statut «forte aversion au risque» grâce à la volatilité implicite relativement inférieure des actions et au resserrement des spreads de la dette risquée. «Les principaux facteurs qui influencent les marchés depuis début 2015 sont les mesures divergentes des banques centrales en réponse aux perspectives de croissance mondiale inégales, le ralentissement rapide de l’inflation mondiale et le renforcement marqué de la politique d’assouplissement quantitatif de la Banque Centrale Européenne (BCE)», note SSGA. «Ces événements permettent d’expliquer certains mouvements observés sur le marché des changes depuis le début de l’année, qui se traduisent par une forte augmentation de la volatilité implicite des devises. Malgré la performance très solide de nombreux marchés actions au premier trimestre, les risques demeurent élevés, en particulier avec le risque de sortie de l’euro par la Grèce au deuxième trimestre (le fameux « Grexit »). Ces prochaines semaines, les institutions et les marchés financiers examineront à la loupe les négociations concernant le plan de sauvetage à long terme de cette dernière et ses réformes structurelles», ajoute la société de gestion.
Malgré les performances décevantes en avril du S&P 500, du CAC 40 et de l’EuroStoxx 50, le Panel Actions de l’Agefi semble optimiste puisqu’il continue à relever ses prévisions, bien que moins fortement que début avril. Les objectifs sur le CAC 40 ont ainsi été relevés de 1,6% à six mois comme à un an. Une moitié seulement des gestions a rehaussé ses prévisions, mais de 250 points à un an pour CM-CIC à 5.700 points et pour Syz AM à 5.950 points, tandis que l’autre moitié optait pour le statu quo. Seul CPR, jusqu’alors l’un des plus haussiers du panel, se démarque en réduisant ses objectifs. Le plus optimiste, Syz AM, anticipe une progression de 11% de la Place parisienne à six mois et de 18% à un an, contre +4,2% et +8,8% en moyenne pour le Panel. En revanche, Neuflize OBC et Olympia tablent sur un léger recul d’ici à six mois. Sur l’Euro Stoxx 50, le Panel n’a relevé qu'à la marge ses objectifs. La prudence prévaut surtout à six mois, où quatre gestions (Axa, CPR, Lazard et Swiss Life) ont réduit leur cible. Néanmoins, le Panel mise sur une progression de 5,6% à six mois et de 11% à un an.
Le Panel Taux de L’Agefi se prépare à la divergence de plus en plus manifeste des politiques monétaires américaine et européenne. Si les prévisions de taux européens à 10 ans se sont encore tassées entre mai et avril, celles des taux américains à 10 ans se redressent doucement alors que les panélistes sont de plus en plus nombreux à anticiper une remontée des taux américains d’ici à la fin de l’année. En moyenne, les panélistes s’attendent à ce que le rendement des taux allemands à 10 ans soit à 0,25% à 3 mois et à 0,37% à 6 mois. En avril, les prévisions moyennes étaient respectivement de 0,30% et 0,44% pour les Bunds.
Un pionnier des obligations catastrophe, John Seo, réfute les accusations selon lesquelles ces instruments pourraient mettre en péril la stabilité du secteur mondial de l’assurance, rapporte le Financial Times. L’intéressé, qui a co-fondé Fermat Capital, avance que le livre « Making a Market for Acts of God », écrit par trois universitaires qui mettent en garde contre les dangers du marché, dresse des conclusions « complètement fausses ». Dans le livre, des chercheurs emmenés par le professeur Paula Jarzabkowski de la Cass Business School préviennent que le secteur risque de s’effondrer et s’inquiètent de la croissance rapide des types alternatifs de réassurances et des changements de la façon dont les réassureurs traditionnels opèrent.
A l’approche du mois de mai, où la tendance est généralement au grand ménage de printemps si l’on en croit l’adage «sell in May and go away», les investisseurs ont effectivement trouvé quelques bonnes raisons de vendre comme la perspective de taux d’intérêt américains plus élevés ou d’une sortie de la Grèce de la zone euro. L’engouement pour l’obligataire européen semble sur le déclin même si le high yield et les fonds indexés sur l’inflation suscitent de l’intérêt tandis que les fonds d’actions américaines et chinoises ont subi des délestages importants.Au total, les fonds d’actions dans le monde ont enregistré une décollecte nette de 1 milliard de dollars durant la semaine au 29 avril, selon des données communiquées par EPFR Global qui précise que ces flux ne prennent pas vraiment en compte l’impact de l’annonce du ralentissement de la croissance de l'économie américaine au premier trimestre. Les investisseurs ont notamment continué de se détourner des fonds d’actions chinoises qui affichent plus de 13 milliards de dollars de sorties nettes sur les onze dernières semaines. Les fonds d’actions émergentes dans leur ensemble affichent d’ailleurs une décollecte nette de 24,3 milliards de dollars depuis le début de l’année. Les fonds obligataires ont de leur côté attiré 5 milliards de dollars globalement tandis que les fonds monétaires terminaient la semaine sur une décollecte nette de plus de 10 milliards de dollars.
Odey Asset Management part en guerre contre le rapprochement annoncé entre Nokia et Alcatel-Lucent. Le hegde fund britannique, qui détient plus de 5% des actions d’Alcatel-Lucent à travers ses fonds, estime en effet que l’offre du groupe finlandais Nokia sous-évalue le groupe français Alcatel-Lucent, rapporte le Financial Times. «L’accord a été présenté comme une prise de contrôle d’Alcatel par Nokia, a indiqué le gestionnaire d’actifs dans une lettre adressée à ses investisseurs. En réalité, la prime qu’ils offrent a toutes les caractéristiques d’une fusion. Nous considérons donc que les termes de l’accord sont inacceptables.» Dans un document transmis la semaine dernière à l’Autorité des marchés financiers (AMF), Odey AM a d’ailleurs indiqué qu’il ne comptait pas apporter ses actions au regard des termes actuels de l’offre de Nokia. Le gestionnaire d’actifs a toutefois reconnu la «logique stratégique» de l’opération, soulignant qu’elle aboutirait à la création «d’une entreprise plus forte avec des possibilités de synergies substantielles».
Aviva Investors vient de faire l’acquisition du siège de BBC Worldwide à Londres, rapporte le site IP Real Estate. La société de gestion britannique a dépensé 67 millions de livres (93,4 millions d’euros) pour acquérir cet immeuble de bureaux pour le compte de son fonds Lime Property Fund. Les vendeurs sont Stanhope et Mitsui Fudosan. Lancé en juillet 2014, le fonds Lime Property affiche plus de 1,4 milliard de livres sous gestion.
Boeing a été « blacklisté » par Nordea Asset Management en raison d’inquiétudes sur la production d’armes nucléaires par le groupe américain, rapporte le Financial Times fund management. La société de gestion, qui gère 174 milliards d’euros d’encours, a indiqué au journal avoir ajouté Boeing à sa liste d’exclusion en mai en raison de l’implication du groupe dans la production de composants pour remplacer les missiles sous-marins ballistiques Trident armés au nucléaire en 2014.
L’indice de confiance des investisseurs « State Street Investor Confidence Index » pour le mois d’avril 2015 s’affiche à 114,3 en avril, en baisse de 2,3 points par rapport au niveau de 116,6 (en données corrigées) enregistré en mars. Cette baisse est le résultat d’une confiance des investisseurs en Amérique du Nord qui a diminué, avec un recul de 6,9 points de l’indice régional, à 122,1 par rapport au niveau corrigé de 129,1 le mois dernier. En revanche, l’indice de la confiance en Europe affiche une hausse de 5,4 points à 109,7 tandis que l’indice en Asie augmente de 2,4 points à 91,5. « Une croissance plus modérée du marché du travail aux États-Unis et la hausse des valorisations boursières sont les principaux facteurs ayant probablement contribué à la baisse en avril de la confiance des investisseurs en Amérique du Nord », a commenté Kenneth Froot, un des auteurs de l’indice. « En Europe, malgré les difficultés budgétaires qui persistent en Grèce, la politique d’assouplissement quantitatif sur la dette souveraine menée par la Banque Centrale Européenne a contribué à donner un coup de pouce à la confiance des investisseurs », ajoute Michael Metcalfe, senior vice president, responsable de la stratégie « Global Macro » chez State Street Global Markets.
Jimmy Choo et JD Sports font partie des entreprises britanniques qui vont subir la pression des investisseurs concernant l’absence de femme au sein de leur conseil d’administration, rapporte le Financial Times fund management. Aviva Investors, Old Mutual Global Investors, Legal & General Investment Management et Hermes Equity Ownership Services ont déclaré qu’ils allaient rejeter les propositions de nominations au sein des conseils d’administration des entreprises du FTSE ne comptant pas de femme parmi les administrateurs. Selon la Cranfield University School of Management, on compte 23 sociétés du FTSE 250 dont les conseils d’administration ne sont composés que d’hommes.
Des hedge funds ont effectué des paris de plusieurs millions de livres contre les actions de plusieurs grandes sociétés de gestion britanniques, misant sur une chute de leur valeur en raison de leur exposition aux marchés émergents, rapporte le Financial Times. Par exemple, le hedge fund Odey, géré par Crispin Odey, a bâti une position vendeuse (short) de 6,45 % dans Ashmore, la société de gestion spécialisée sur les émergents, et une position vendeuse de 1,5 % dans Aberdeen Asset Management. Le pari contre Ashmore représente 135 millions de livres et celui contre Aberdeen, 100 millions de livres. Marshall Wace, l’un des principaux hedge funds de Londres, détient une position short de 0,6 % sur Abeerdeeen, tandis que Discovery et AQR, deux fonds américaines, parient également contre la société.
Avec huit autres actionnaires institutionnels, représentant plus de 1% du capital d’Orange, PhiTrust Active Investors vient de faire inscrire à l’ordre du jour de l’assemblée générale du 27 mai 2015 de l’entreprise de télécommunications une résolution demandant le maintien du droit de vote simple dans les statuts de la société.Cette résolution entre dans le cadre du débat ouvert par la loi française dite «loi Florange» du 29 mars 2014 qui fait du droit de vote double le régime commun aux actions nominatives des sociétés cotées. Le législateur a laissé la possibilité aux sociétés de déroger à ces dispositions par le vote d’une résolution spécifique en assemblée générale en 2015 permettant de maintenir les dispositions relatives au droit de vote simple, en restaurant le principe « une action - une voix ». « Le droit de vote double ne respecte pas la proportionnalité exacte entre le capital investi par un actionnaire et les droits de vote dont il dispose; de plus, il crée une distorsion entre les actionnaires puisque son obtention nécessite l’inscription des titres au nominatif, procédure lourde et coûteuse, dissuasive pour un investisseur étranger, un fonds de retraite ou un Opcvm, qui ne leur permet pas de bénéficier de ces droits de vote double », indique PhiTrust Active Investors dans un communiqué. « Contrairement à l’intention de cette loi - que PhiTrust Active Investors partage avec de nombreux actionnaires et les co-déposants de cette résolution - qui serait de favoriser l’investissement à long terme, on ne peut que constater que le dispositif ne facilite aucunement la détention longue de titres. D’autres procédés plus adaptés existent pour fidéliser les actionnaires », poursuit la société de gestion. « L’adoption des droits de vote double a pour seule conséquence de favoriser les investisseurs voulant exercer le contrôle d’une société cotée sans payer de prime de contrôle. C’est ce que montre l’histoire récente de plusieurs sociétés du CAC40. L’Etat français a aussi publiquement exprimé le même avis tout récemment ». En conséquence, PhiTrust Active Investors demande aux actionnaires d’Orange de voter POUR la résolution demandant le maintien du droit de vote simple.
Arnaud Colombel, gérant crédit à La Banque Postale Asset Management revient dans L’Agefi sur les effets sur le marché du QE. Selon lui, «si la compression des spreads à laquelle on pouvait légitimement s’attendre a eu lieu dans un premier temps, le début effectif des achats de la BCE a semblé marquer un coup d’arrêt». En un mois, «les spreads crédit ont retracé en sens inverse: les spreads investment grade sont désormais plus larges qu’en début d’année et les Crossover (BBB-BB) reviennent sur les mêmes niveaux», souligne-t-il. Côté stratégie d’investissement, «nous avons décidé de réduire nos investissements sur les parties longues de la courbe (>10ans) dès la fin mars», souligne-t-il. Arnaud Colombel favorise les crédits Crossover, en particulier le segment BB, «sur lequel les fondamentaux crédits nous semblent toujours très bons au regard d’un rendement attractif, supérieur de presque 2% en moyenne par rapport au BBB à duration égale», ajoute-t-il.
Patrick Moonen, stratégiste et membre de l'équipe d’allocation tactique de NN IP, commente pour L’Agefi ses choix d’allocation d’actifs, inchangée depuis décembre. Le choix de la préférence des actifs risqués se justifie selon lui par l’environnement de taux toujours plus bas des obligations d’Etat, ce qui rend le rapport risque/rendement de cette classe d’actifs très peu favorable et l’extension de la reprise économique vers la zone euro et le Japon. Au sein des actions, il favorise la zone euro. «Celle-ci offre une bonne combinaison entre une croissance à deux chiffres, des primes de risque des actions élevées et une politique monétaire agressive. Par rapport aux autres régions, en zone euro, le momentum sur les bénéfices est le plus élevé et le momentum économique s’accélère. Les investisseurs hors zone euro ont découvert cette région, ce qui conduit à d’importants flux entrants», souligne Patrick Moonen.
La fondation Ethos s’oppose à la fusion entre Holcim et Lafarge. Elle recommande aux actionnaire d’Holcim de rejeter l’augmentation de capital nécessaire à la finalisation de la fusion, qui sera soumise à approbation lors de l’assemblée générale du 8 mai prochain. La fondation considère qu’en restant indépendante, Holcim serait plus à même que la nouvelle entité de créer de la valeur à long terme, a-t-elle indiqué le 23 avril dans un communiqué. «Après analyse des documents remis et plusieurs contacts avec des représentants du conseil d’administration et de la direction de la future société, Ethos est parvenu à la conclusion que la fusion proposée entre Holcim et Lafarge n’est pas dans l’intérêt des actionnaires et de la majorité des autres parties prenantes de Holcim. Ethos s’opposera donc à l’augmentation de capital nécessaire à la finalisation de la fusion qui est demandée à l’assemblée générale du 8 mai 2015", selon le communiqué. La fondation met d’abord en avant des risques financiers. Ethos n’est pas convaincu par la logique stratégique de la fusion et considère que certains actifs de Lafarge risquent de détériorer la rentabilité du nouveau groupe. En l’occurrence, Holcim sera mieux à même de livrer de la valeur à ses actionnaires en restant seule. Le goodwill de Lafarge de 11 milliards d’euros ainsi que ses investissements limités pour améliorer ou renouveler son infrastructure au cours des cinq dernières années pourraient en effet avoir un impact négatif sur les résultats financiers du nouveau groupe. Le risque apparaît d’autant plus important que le conseil d’administration mentionne clairement que Holcim n’a pas effectué de «due diligence» détaillée pour évaluer la qualité des actifs de Lafarge. Par ailleurs, la société refuse de rendre publiques les deux «fairness opinion» qui ont permis au conseil d’administration de Holcim de se prononcer en faveur de l’opération. Autre sujet d’inquiétude, la gouvernance. Au terme de l’opération, chacune des sociétés disposera de 7 représentants au sein du futur conseil d’administration. Alors que cinq représentants de Holcim sur sept sont indépendants, il n’y aurait qu’un seul indépendant du côté de Lafarge. Le niveau global d’indépendance du nouveau conseil sera donc bien moindre que celui de Holcim actuellement. La solution choisie de nommer deux co-présidents (MM. Reitzle et Lafont) constitue un important risque de confusion et de conflit. Par exemple, dans le cas d’une indisponibilité du président officiel (M. Reitzle), c’est le vice-président (M. Hess) qui le remplace et non pas le co-président.En matière d’intégration des deux structures, il existe des inquiétudes légitimes sur les cultures d’entreprise très différentes des deux sociétés. Le fonctionnement décentralisé de Holcim contraste avec l’organisation centralisée de Lafarge. Ethos considère qu’il existe un risque important de démotivation et de départ d’employés clés de Holcim, comme les chefs de certains marchés qui verront leur autonomie réduite. Finalement, aucune information n’est communiquée sur l’impact de la fusion sur les emplois. Toutefois, au vu de l’estimation de 250 millions de francs par année de synergies provenant de la réduction des fonctions faisant double emploi, il est à craindre la suppression de plusieurs milliers d’emplois.Par ailleurs, Ethos estime que la gouvernance du nouveau groupe serait fortement détériorée avec deux co-présidents et un nouveau conseil d’administration dont moins de la moitié des membres sont indépendants. L’intégration du fonctionnement décentralisé de Holcim et de l’organisation centralisée de Lafarge présente également un risque majeur de dysfonctionnement.Après analyse des documents remis et suite à plusieurs contacts avec des représentants du conseil d’administration et de la direction de la future société, Ethos est parvenu à la conclusion que la fusion proposée entre Holcim et Lafarge n’est pas dans l’intérêt des actionnaires et de la majorité des autres parties prenantes de Holcim.La fondation critique également le fait que le cimentier suisse n’ait pas entrepris une «due dilligence» détaillée des actifs de Lafarge et qu’il ait refusé de rendre publiques les deux «fairness opinion» sur lesquels s’est basé le conseil d’administration de Holcim pour se prononcer en faveur de l’opération.
Amiral Gestion, avec d’autres actionnaires minoritaires de Stallergenes, a mandaté l’Association de défense des actionnaires minoritaires (Adam) et sa présidente Colette Neuville pour défendre ses intérêts dans le dossier de fusion avec Greer Laboratories, suite à l’offre présentée par l’actionnaire majoritaire de ce dernier, Ares Life Sciences. «Il est choquant qu’une parité ait été proposée sans qu’aucune information autre que le chiffre d’affaires ait été communiquée à propos de Greer. Or, cette parité nous parait clairement déséquilibrée au profit de l’actionnaire majoritaire. La fusion aurait par ailleurs pour conséquence de changer la nationalité et la loi applicable à la société, ce qui à notre sens devrait déclencher une offre de retrait de la cote», souligne la société de gestion. «Nous avons été surpris et déçus par l’attitude des dirigeants de Stallergenes devant cette offre de l’actionnaire majoritaire. En conséquence Amiral Gestion se devait d’agir afin que l’intérêt de ses porteurs de parts soit défendu», ajoute Louis d’Arvieu, gérant chez Amiral Gestion.