La titrisation n’est pas morte. «La titrisation est un outil fait par les banques pour gérer leur bilan», a rappelé Guillaume Launay, responsable Crédit et Structurés chez OFi Asset Management à l’occasion d’un séminaire sur les structurés de crédit organisé par Professional Risks Manager’s International Association à Paris et sponsorisé par la société de gestion.Après des années de croissance exponentielle, ce marché de structuration de produits est devenu il est vrai un marché de restructuration. La dislocation du marché a entraîné des valorisations quasi nulles. Beaucoup d’investisseurs sont encore collés avec des produits qu’ils aimeraient bien pouvoir céder. «Le marché reste très disloqué. Et sur des produits complexes, une mise à plat est nécessaire pour déterminer les prix des actifs, très différents des prix de long terme. Il y a donc des opportunités sur ce marché pour des investisseurs comprenant la complexité des structures», estime Yannig Loyer, directeur, Structured Credit chez Merrill Lynch. Dans cette perspective, «trouver des vendeurs forcés peut faire du sens, notamment pace que les termes de la transaction peuvent être imposés par l’acheteur», remarque Guillaume Launay. Cela dit, il convient de se montrer extrêmement prudent «Il n’y a pas de règle générale. Il faut agir au cas par cas. Chaque structure est différente et chaque client a des moyens et des besoins différents», souligne Afif Baccouche, senior correlation trader à la Deutsche Bank. Si, par exemple, un client à quelques moyens, il peut être intéressant pour lui de rehausser certaines tranches et de tirer parti de l'écartement de spreads jamais vus. Cela dit, la crise a complètement changé la donne. «Le marché va s’orienter vers du produit moins leveragé, avec moins de volatilité», souligne Afif Baccouche. Par ailleurs, «nous avons beaucoup plus de données, sur le crédit, sur les scénarios, ce qui nous permet de «backtester» les structures, la résistance des émissions». Autre grand changement, on observe une rigueur beaucoup plus grande sur toutes les transactions, notamment les SPV (special purpose vehicle) dont certaines banques ne veulent d’ailleurs plus entendre parler. Autrement dit, au-delà du «pipeline de structurés» qui peut permettre au marché de sortir des vieilles structures pour s’engager dans de nouvelles configurations où le leverage est beaucoup plus sous contrôle, le marché des structurés devrait continuer à faire partie du paysage, mais plus avec une fonction de financement que d’arbitrage…
Selon le sondage mensuel de Lipper achevé le 1er juin, les gestionnaires espagnols ont augmenté leur allocation aux actions en mai à 36,56 % contre 34,21 % en avril, rapporte Cinco Días. Parallèlement, ils ont réduit leur poche de liquidités à 26 % contre 32,01 %. L’allocation aux obligations a été portée à 34,56 % contre 30,88 % tandis que l’exposition à l’alternatif (hedge funds, immobilier, private equity) a été augmenté à 2,98 % contre 2,90 %. Cela posé, 46,15 % des grands gestionnaires indiquent toujours être sous-pondérés en actions et 69,23 % reconnaissent demeurer surpondérés en cash.
Selon les informations du Handelsblatt, la banque Sal. Oppenheim et la famille propriétaire de cette dernière, qui détiennent au total 29 % du capital d’Arcandor, ont l’intention de vendre leur participation dans le groupe de distribution. Ils considèrent avec le recul que l’acquisition des parts pour 2,12 euros par action en septembre 2008 a été une erreur. Entre-temps, les titres -qui valaient encore 30 euros voici deux ans- sont tombés à 68 cents. Si la famille et la banque revendaient actuellement, ils accuseraient une moins-value de plus de 100 millions d’euros.
D’un point de vue fondamental, la distribution n’est pas le secteur le plus porteur du moment, estiment les analystes experts du secteur de Groupama Asset Management. Dans un environnement très défavorable, la recommandation de la société de gestion est neutre pour le court terme et même négative à plus long terme. L’année 2009 est même considérée comme celle de « tous les dangers » par Valérie Gadon, analyste spécialiste de la distribution chez Groupama Asset Management. La crise a en fait débuté en 2008, le contexte inflationniste puis la crise financière et économique amenant le consommateur à de profonds changements d’achat., notamment en sacrifiant le poste alimentaire. « Les grands groupes de distribution sont, ou sont en train, d’adapter leurs business models à ces changements », indique Valérie Gadon. Mais avec des succès variables. Des groupes comme Carrefour, Casino et Auchan ont ainsi connu des chutes de leurs ventes et des pertes de marché, notamment face à la concurrence des hard discounters comme Lidl. Les groupes traditionnels s’adaptent surtout en adoptant rapidement des stratégies de prix bas. Ils les réalisent en diminuant leurs programmes d’investissement. Ils disposent également cette année d’une marge de manœuvre déterminante avec la réduction des frais de personnel, «le levier le plus important», car constituant les deux tiers de leurs frais fixes. Cette réduction s’effectue de «manière silencieuse» : Casino a opté pour la fin des contrats et le turn over, tandis que Carrefour joue le passage aux caisses automatiques. Mais pour regagner de la compétitivité, d’autres groupes ont choisi, avec succès, de miser sur l’augmentation de la productivité des effectifs. Valérie Gadon cite ainsi le groupe familial belge Colruyt, qui a gagné des parts de marché et a dépassé ses concurrents Delhaize et Carrefour en Belgique, notamment en développant un programme de «multi-compétence» de son personnel. En 2009, si les experts de Groupama AM ne s’attendent pas à «une guerre des prix» entre les groupes français de distribution, comme c’est actuellement le cas en Espagne, ils estiment que des révisions à la baisse de bénéfices devraient se produire, même si les dividendes devraient être globalement protégés. Même si l’approche fondamentale des analystes de la société est plutôt pessimiste, les gérants de Groupama AM continuent actuellement de surpondérer la distribution dans leurs portefeuilles, a souligné Roland Lescure, directeur des gestions. Le secteur continue en effet de jouer un rôle défensif.
Récemment, John Paulson, qui avait gagné 15 milliards de dollars en pariant sur l’effondrement des subprime, a lancé le Paulson Real Estate Recovery Fund pour lequel il compte lever 200 millions de dollars et qui investira dans des actifs immobiliers sous-valorisés. Pour gérer ce fonds, il a choisi Mike Barr, un ancien directeur général de Lehman Brothers, rapporte Expansión.Parallèlement, Paulson a investi 100 millions de dollars dans le consultant immobilier CB Richard Ellis. Enfin, le gestionnaire de hedge funds a augmenté son exposition aux titrisations hypothécaires( MBS) de bonne qualité, si bien que le principal fonds alternatif de Paulson a affiché une performance de 8,75 % sur les cinq premiers mois de l’année.
Le California Public Employees’ Retirement System (CalPERS) a modifié hier son allocation d’actifs, avec notamment un relèvement de l’exposition au private equity de 10 % à 14 % et au cash de 0 % à 2 %. Il ne s’agit pas d’une stratégie à long terme mais l’ajustement «reflète notre préférence pour une liquidité plus importante et un risqué modéré, ainsi que la flexibilité pour répondre aux défis et opportunités des marchés», indique CalPERS dans un communiqué. L’allocation equity passe de 56 % à 49 %, la poche obligataire de 19 % à 20 % alors que les expositions à l’immobilier et aux actifs liés l’inflation restent à 10 % et 5 % respectivement.
Depuis fin 2006, l’encours des fonds d’investissement commercialisés en Espagne s’est contracté de 36 %. A fin mai, le nombre de souscripteurs avait chuté de près de 3 millions par rapport à fin 2006, ce qui représente une hémorragie de 33 %, rapporte Cinco Días. Actuellement, il y a 5,8 millions de porteurs de parts, dont 42 % investis dans des produits sans risque ou avec très peu de risques (monétaires, obligataires court terme, garantis obligataires), la proportion la plus élevée depuis 1997. En termes d’actifs, à fin mai 59 % de l’encours total était logé dans des portefeuilles sans risques, le niveau le plus élevé depuis décembre 1997.Les investisseurs en fonds d’actions ou diversifiés à majorité d’actions représentent actuellement 5,2 % du total des souscripteurs, le niveau le plus bas depuis décembre 1996. En encours, les fonds d’actions espagnoles et les diversifiés à majorité d’actions représentent seulement 2,92 % du total des actifs, ce qui représente le plus bas niveau depuis 1993.
Dans un entretien à L’Agefi suisse, David Fisher, vice-président exécutif chez Pimco, estime que du point de vue de l’investisseur obligataire, les pays émergents sont d’une certaine manière plus sûrs que les pays développés. «Jusque-là, on disait toujours que lorsque les Etats-Unis s’enrhumaient, les pays émergents attrapaient une pneumonie. Aujourd’hui, le monde développé a une pneumonie, et selon l’ancien dicton, on devrait imaginer un véritable Armageddon dans les pays émergents. En réalité, ils ont à peine pris froid. Il est évident qu’ils sont dans une situation complètement différente par rapport à la dernière crise en 1998 : les finances sont saines et les réserves de changes importantes. Ils ne sont plus les mêmes pays qu’il y a dix ans», explique-t-il. De son point de vue, la prime de risque sur ces pays «reflète le passé et non le futur. Si on regarde en avant, les risques sont beaucoup moins importants et l’investisseur est compensé parce les taux d’intérêt sont plus élevés».
Malgré les opportunités qui se dessinent ici et là, les grandes fortunes restent très réticentes à les saisir. Selon une étude réalisée par l’Economist Intelligence Unit et Barclays auprès de la clientèle fortunée de» Barclays, près de 90% des répondants estiment qu’il existe des occasions sur les marchés actuels, mais 68% d’entre eux ajoutent que les risques de nouvelles chutes des cours sont trop élevés pour s’engager. Résultat : la majorité des répondants indiquent qu’ils n’apporteront aucune modification à leur allocation d’actifs au cours des douze prochains mois.
«Une hirondelle peut-elle faire le printemps ?». A cette question introductive à une présentation organisée par Société Générale Asset Management (SGAM), Michala Marcussen, directeur de la stratégie et de la recherche économique de SGAM a clairement répondu par la négative mais en soulignant la nette amélioration de l’environnement économique et les opportunités à saisir dans un tel contexte. Le scénario catastrophe de la dépression s’est dissipé, les risques de déflation s’estompent et on observe un redressement du climat des affaires un peu partout dans le monde. Cela dit, «notre scénario central est celui d’un dégel très lent de l'économie mondiale», précise Michala Marcussen qui juge excessivement optimistes certaines prévisions sur la Chine. «Nous restons sur une croissance de l’ordre de 7% en 2009".Selon Eric Turjeman, directeur des gestions actions, les marchés offrent actuellement des valorisations toujours attrayantes. «A court terme, il existe une fenêtre relativement attrayante avec un sentiment qui s’améliore sur l'économie. De notre point de vue, le potentiel de rebond n’est pas épuisé», estime Eric Turjeman. Pendant quelques mois, avec des taux bas et une amélioration progressive de la conjoncture, il y aura des opportunités à saisir, mais avec une rotation sectorielle forte, la préférence allant dans un premier aux valeurs cycliques et aux banques puis à des valeurs plus défensives, télécoms, pharmacie, alimentation. Après un recul de l’ordre de 24% en 2009, les profits pourraient progresser de 5% à 10% en 2010, précise Eric Turjeman qui ne croit pas à des dérapages marqués dans un sens ou dans l’autre. Sur les taux, le potentiel de baisse est à peu près épuisé et les pentes se sont reconstituées.Selon Eric Brard, directeur des gestions obligataires et monétaires, «la partie longue ne devrait pas remonter trop vite, trop fort afin de ne pas tuer la reprise dans l'œuf». D’où la volonté des banquiers centraux de garder sous contrôle la repentification de la courbe, d’autant plus que l’activité de transformation des banques en est facilitée. Sur le crédit, on observe un regain d’optimisme. «Après une phase de frénésie sur le marché primaire, avec une explosion des marges de rendement, le bouleversement des hiérarchies, on est entré dans une phase de correction, explique Eric Brad. Cela dit, les valorisations sont toujours attractives et l’appétit sur le risque est revenu. Les primes de rendement sur le crédit privé sont certes beaucoup plus importantes que sur les obligations publiques mais «compte tenu de l’importance prise par la prime de crédit, il faut être beaucoup plus sélectif», relève toutefois Eric Brard. Comme du côté des actions, Eric Brad est plus positif sur les valeurs défensives et sur le secteur financier.
Selon l’enquête «Nuevo horizonte, nuevos hábitos de inversión» réalisée par Barclays Wealth et The Economist Intelligence Unit, la prudence et l’aversion au risque vont continuer d’inspirer le comportement de la plupart des grandes fortunes espagnoles, rapporte Cinco Días. Seuls 13 % de ces investisseurs prévoient d’augmenter le niveau de risque de leur portefeuille durant les douze prochains mois. Malgré cela, la majorité pense que la crise a créé des opportunités sur le marché.
«Nous ne nous trouvons pas face à une récession prolongée et nous allons assister à une reprise «normale», avec des taux de croissance modestement plus faibles que précédemment», a estimé vendredi Rainer Rau, économiste de l’institut allemand de recherche économique Feri.Le raisonnement qui sous-tend cette prévision s’appuie sur quatre éléments fondamentaux. D’une part, la conjoncture va être stimulée par l'évolution du prix des matières premières, dont l'éventuelle remontée sera d’ailleurs l’indice d’une reprise de la demande physique. D’autre part, le pire est désormais passé pour pour les marchés financiers, ce dont semble témoigner le fait que les banques américaines commencent à rembourser les fonds du TARP. Par ailleurs, la politique budgétaire apporte une contribution massive à la reprise tant par des mesures de réductions d’impôts que par des investissements en infrastructures et des subventions sectorielles. Enfin, la politique monétaire fournit une aide précieuse par le biais d’importantes réductions des taux directeurs ainsi que par une augmentation considérable de la liquidité, même si les taux réels paraissent encore trop élevés, insiste Rainer Rau.Cela posé, il reste quand même à résoudre deux problèmes de taille : réduire l’effet de levier, et pour cela adopter une régulation qui interdise un endettement excessif qui a été à l’origine de la crise, et d’autre part favoriser une intense concurrence sans laisser perdurer une configuration où un acteur serait «too big to fail"… ce qui est, là aussi, un problème de régulation.Les marchés financiers sur la bonne trajectoire ?Pour Feri, la reprise mondiale est en route, donc les marchés financiers devraient remonter, tout en sachant que les mesures de relance ne commenceront vraiment à porter leurs fruits qu’au second semestre 2009 et en 2010 et que le marché du travail n’atteindre pas son étiage avant courant 2010 tant aux Etats-Unis qu’en Europe. La Chine, surtout, mais aussi l’Inde, la Russie et le Brésil devraient tirer l’activité vers le haut, et les marchés émergents sont susceptibles de continuer à surperformer (voir graphique). Plusieurs indicateurs militent en la faveur de cette thèse. D’abord, les pays BRIC sont loin d’avoir atteint le niveau de saturation en matière de consommation. Ensuite, ces pays affichent un fort potentiel d’investissements supplémentaires en infrastructures. De plus, on assiste dans ces pays à une expansion significative d’une classe moyenne très demandeuse de produits de consommation. Et, enfin, l'épargne intérieure est supérieure aux investissements intérieurs, si bien que le Brésil, la Russie et la Chine (c’est moins le cas de l’Inde) n’ont pas besoin de capitaux étrangers pour nourrir l’expansion.En ce qui concerne les pays industrialisés, Rainer Rau pense que la reprise des marchés boursiers sera durable et que nous n’assistons pas actuellement à un «bear market rally». Les premiers indices d’amélioration conjoncturelle patente devraient se matérailiser pour les Etats-Unis dès le troisième trimestre, pour la zone euro dans le courant du second semestre et pour le Japon au quatrième trimestre. D’une manière plus générale, Feri estime que, si le PIB mondial peut connaître cette année sa plus forte baisse depuis la seconde guerre mondiale (- 2,8 %), il devrait pouvoir augmenter de 2 % en 2010 et de 3 % en 2011.
Un investisseur de private equity sur 10 devrait manquer à son engagement d’investir des fonds dans les deux prochaines années, selon le Financial Times, citant une étude de Coller Capital.
Les matières premières intéressent les gérants de fortune basés à Genève, rapporte Le Temps. Une allocation de 5 à 10% est typique aujourd’hui, alors qu’elle n’était que de 1 à 3% il y a deux ans, relève au journal Patrick Witteveen, d’ETF Securities, société britannique spécialisée dans les fonds indiciels cotés (ETF) adossés aux matières premières et aux sociétés du secteur.
Aujourd’hui, en France, seuls 5 % des investisseurs institutionnels ont placé une partie de leur portefeuille dans la microfinance. Mais 18 % d’entre eux envisagent d’y investir prochainement, selon une étude réalisée en avril 2009 par Altedia IC auprès d’un panel d’une centaine d’investisseurs institutionnels.L’un des principaux avantages qu’ils y voient est qu’il s’agit d’un moyen d’investir de manière responsable et solidaire (ils sont 50 % à le penser), tandis que 14 % invoquent le fait qu’il s’agit d’une classe d’actifs décorrélée et 18 % que cela permet d’obtenir un bon taux de rémunération (18 %).En revanche, ils déplorent les problèmes de liquidité à 18 %, le manque de transparence (14 %) et la faible rentabilité (9 %). La microfinance, qui met à disposition des services financiers à des individus microentrepreneurs qui n’y auraient pas eu accès de manière traditionnelle du fait de leur pauvreté, a déjà séduit de grands investisseurs institutionnels internationaux. Ainsi, le fonds de pension américain Tiaa-Cref a lancé un projet de fonds de microfinance de 100 millions de dollars sur quatre ans, tandis que le fonds de pension néerlandais ABP a en 2008 augmenté la part de la microfinance dans son allocation d’actifs à près de 100 millions d’euros, cite Altedia IC dans une étude consacrée à la microfinance*. En France, le faible intérêt des institutionnels pour la microfinance s’explique sans nul doute avant tout par un déficit de connaissance. Selon Altedia, 41 % d’entre eux n’ont que de vagues connaissances et 37 % n’ont pas de compétences réelles en la matière. L’autre obstacle au développement est le fait qu’il est difficile pour les sociétés de gestion de distribuer les fonds de microfinance (ce qui concerne aussi les particuliers). «En France, il n’est pas légalement possible de créer un fonds «pur» de microfinance : seuls les fonds «dilués», c’est-à-dire contenant une poche de 10 % d’actifs de microfinance au maximum, peuvent être distribués activement auprès du grand public. (…) Les fonds dits «purs» (jusqu'à 90 % d’actifs de microfinance), en revanche, n’ont le droit à aucune publicité auprès du grand public et ne peuvent être distribués qu’aux investisseurs institutionnels ainsi qu’aux investisseurs avertis, et uniquement s’ils en font la demande explicite auprès de leur intermédiaire», explique Altedia IC. Dans ce contexte, la majorité des fonds de microfinance sont de droit luxembourgeois et hollandais. Les choses pourraient évoluer, certains acteurs de la place en France se mobilisant désormais sur ce sujet. Un groupe sur la microfinance a notamment été créé au sein d’Europlace. De plus, cette semaine, un groupe européen pour la promotion institutionnelle de la microfinance a été mis en place. En 2008, les investisseurs en microfinance étaient à 26 % des investisseurs institutionnels, à 19 % des particuliers, les 55 % étant des institutions publiques, selon CGAP. L’arrivée des institutionnels a entre autres dopé le marché de la microfinance, qui représente désormais 50 lmilliards d’euros prêtés à plus de 155 millions de personnes dans le monde, selon Altedia. Le miXmarket recensait début 2009 103 Microfinance Investment Vehicles (MIV), regroupant des fonds de microfinance et d’autres types de véhicules d’investissement dans la microfinance. Leurs actifs sous gestion ont augmenté de 600 millions fin 2004 à 5,4 milliards de dollars fin 2007, soit une hausse de 800 % en 3 ans. «Cette croissance devrait se poursuivre, à un rythme toutefois plus modéré du fait de la crise financière», estime Altedia. Et on peut espérer que les institutionnels en seront l’un des moteurs. * Investir en microfinance : enjeux, approches et perspectives, mai 2009, AIC Research
Dans un entretien aux Echos, Thierry Flecchia, fondateur de la société de gestion Flinvest, estime que les valorisations des actions sont redevenues raisonnables, « à un moment où la croissance des pays émergents offre des opportunités de développement importantes à des sociétés bien gérées». Les incertitudes sur la date de la reprise économique n’empêchent pas d’investir.
Ils sont quelque 50 % à les utiliser mais ils le font encore de façon assez partielle. Selon une étude sur l’investissement éthique dans les fonds de pension allemands commanditée par le ministère allemand de l’environnement et Fortis Investments, la moitié des véhicules étudiés ont bien recours à des critères éthiques, mais ils ne les appliquent que pour certaines classes d’actifs ou que pour certains fonds. Une conclusion qui peut sembler paradoxale compte tenu de l’engagement bien connu et de longue date des Allemands pour tout ce qui touche à la protection de l’environnement.Actuellement, déplore l'étude, environ 85 % des actifs des fonds de pension allemands sont investis dans l’obligataire. Même si l’environnement de marché est ces jours-ci plutôt favorable à cette classe d’actifs et que cette proportion n’est pas près de diminuer, les auteurs estiment que, compte tenu notamment d’un horizon d’investissement de 27 ans, les fonds de pension devraient modifier leur allocation d’actifs. A long terme, les actions, les fonds d’actions y compris les fonds spécialisés sur le changement climatique ou l’eau devraient dégager de bons ou de très bons rendements. Bien entendu, des incitations fiscales seraient bienvenues pour encourager les investisseurs institutionnels à se lancer dans l’investissement durable. En attendant, il convient de nourrir l’intérêt pour l’investissement durable par le biais de conférences ou de campagnes d’information. Et il faudrait également promouvoir la standardisation de l’information sur le sujet ainsi qu’une révision systématique de cette information par l’autorité de surveillance des marchés, la Bafin. De 416 milliards d’euros en 2006, le volume des actifs dans les différents véhicules de retraite pourrait atteindre environ 4.000 milliards d’euros d’ici à 2030.
Le débat «secular forum» de Pimco (groupe Allianz Global Investors) a fait ressortir cette année que les spécialistes de la société de gestion obligataire prévoient une «nouvelle normalité» caractérisée par une croissance plus faible, un secteur bancaire moins important et une plus grande influence de l’Etat, a indiqué Matthieu Louanges, head of business portfolio management de Pimco en Allemagne et membre du comité exécutif d’Allianz Global Investors KAG.Les experts de Pimco privilégient actuellement les titres de grande qualité qui génèrent des rendements constants. Les portefeuilles sont fondamentalement orientés en fonction d’une pentification des courbes de taux. D’après Matthieu Louanges, les Banques centrales vont maintenir leurs taux directeurs à bas niveau pendant une longue période.Compte tenu de la politique de stabilité poursuivie par la Banque centrale européenne (BCE), Pimco ne prévoit pour l’instant que des tendances inflationnistes limitées et donc des risques peu importants pour les cours sur le marché obligataire en euros. Les obligations indexées sur l’inflation figurent actuellement parmi les instruments bon marché pour prémunir les portefeuilles contre les conséquences à long terme de politiques monétaire et budgétaire expansionnistes dans les pays industrialisés, estime Pimco.
L’Association Belge des Analystes Financiers (ABAF) constate dans L’Echo que l’horizon de placement des investisseurs se rétrécit constamment. «Des études indiquent (selon des données fournies par le NYSE) que dans les années 40, une action était conservée en portefeuille durant 10 ans en moyenne. Dans les années 70, cette durée était de 6 ans et aujourd’hui, elle n’est plus que de 9 mois à peine», souligne l’association. L’ABAF stipule que la méthode DCF (discounted cash flow méthode du flux monétaire actualisé) est théoriquement la meilleure façon de déterminer la valeur d’une action. «Plus de 75 % de la valeur totale déterminée par la méthode DCF est attribuable au long terme, soit une période de prévisions modélisée sur 5 ans», ajoute l’ABAF, concluant que «la plus grande partie du rendement issu de placements en actions provient du potentiel bénéficiaire à long terme».
Plutôt que celle d’un L, d’un V ou d’un W, il est vraisemblable que la reprise mondiale prendra une forme de racine carrée, donc avec un plateau à la sortie, car le monde est confronté cette fois à une crise bilancielle, et sa résorption par les revenus va prendre beaucoup plus de temps que par le passé, estime William De Vijlder, CIO de Fortis Investments.Pour l’instant, le stratégiste préconise dès lors de surpondérer nettement le crédit, les obligations d’entreprises des pays développés, tout en sous-pondérant nettement les obligations d’Etat. Il estime également que les petites capitalisations européennes, les actions et les obligations des pays émergents ainsi que les matières premières méritent une surpondération.A contrario, William De Vijlder recommande de sous-pondérer les actions américaines et japonaises, qui ne constituent pas la classe d’actifs risquée la plus intéressante, ainsi que les obligations indexées sur l’inflation et l’immobilier. En tout état de cause, Fortis Investments recommande aux investisseurs de se montrer sélectifs quant au risque qu’ils prendront dans leur portefeuille.